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ZFE: Les élu.es FDG demandent plus d’aides et propose un dispositif contre les particules

Conférence de presse des élu·es Front de Gauche de la métropole du Grand Paris le 13 septembre à Gennevilliers

Depuis le 1er juin, 450 000 véhicules de particuliers vivant dans la métropole du Grand Paris et les intercommunalités voisines n’ont plus le droit de circuler à l’intérieur de l’A86. À partir de juillet 2022, 1 900 000 véhicules particuliers seront concernés par cette interdiction de circuler. Une grande partie de ces véhicules appartiennent à des ménages modestes qui n’ont pas les moyens d’acheter un véhicule neuf. Ils sont très nombreux à privilégier les achats de véhicules d’occasion pour des raisons de coût.

Aucun contrôle n’est véritablement assuré pour le moment mais l’État serait en train de se doter des moyens nécessaires pour automatiser les contrôles dès 2023. La ZFE risque alors d’aggraver les inégalités sociales en pénalisant les plus modestes. Il faut agir pour le climat mais pas au détriment de l’égalité sociale. Tout le monde respire le même air, mais tout le monde n’a pas le même salaire.

L’État, la métropole du Grand Paris et certaines collectivités ont créé des aides aux particuliers mais ce n’est pas suffisant. Ces aides sont réservées aux voitures électriques dont le prix est au minimum de 30 000€ pour des aides qui s’élèvent au maximum à 19 000€.

C’est pourquoi les élus Front de Gauche et Citoyens de la MGP proposent la création d’une aide à l’achat de véhicules essence, neuf ou d’occasion, qui soit adaptée à la demande et aux moyens financiers des ménages modestes concernés par la ZFE. Dans la même optique, nous demandons à l’État d’ouvrir l’accès au crédit à taux 0 pour permettre aux ménages modestes d’acheter un véhicule propre.

Cette aide permettrait d’acheter des véhicules critair’ 1, neufs ou d’occasions. Les SUV, ces voitures ultra polluantes qui représentent 40% des ventes de voitures neuves, seraient exclues de ces aides. Par ailleurs, une dérogation serait toutefois admise pour permettre aux familles nombreuses d’acheter de grands véhicules neufs ou d’occasions.

Dans la même optique, les élu.es du groupe Front de Gauche et Citoyens proposent de créer une dérogation pour les personnes de plus de 75 ans pour éviter que la ZFE assigne à résidence les personnes âgées qui n’ont pas intérêt à changer de voiture.

Enfin, la ZFE n’est pas suffisamment efficace sur le plan écologique car elle ne s’attaque pas à l’émission de particules fines induit par le freinage des véhicules alors que c’est aujourd’hui la première source d’émission liée au trafic routier. Une aide métropolitaine au retrofit pour l’installation de capteur à particules fines sur les systèmes de freinage des voitures répondrait à ce besoin majeur.

L’article du Parisien

Mesures anti-pollution dans le Grand Paris : les communistes veulent taxer les grosses voitures

Les élus Front de gauche de la Métropole du Grand Paris sont revenus à la charge sur la zone à faibles émissions (ZFE). Ils réclament notamment davantage d’aides pour les plus modestes et de nouveaux équipements sur les voitures neuves.

Par Olivier Bureau Le 13 septembre 2021 à 19h27, modifié le 14 septembre 2021 à 09h49

« Notre but, c’est de faire des propositions concrètes, en plus de notre vœu sur l’instauration d’un prêt à taux zéro formulé en juin. » Ce lundi, les élus communistes de la Métropole du Grand Paris (MGP) sont retournés au combat sur le terrain de la zone à faibles émissions (ZFE), qui limite la circulation des véhicules les plus polluants au sein du périmètre de l’A86. Toujours décidés à rendre la ZFE plus accessible aux ménages les plus modestes, pénalisés par le bannissement des véhicules Crit’Air 4 et 5 depuis le 1er juin dernier, ils ont fait plusieurs demandes qui s’adressent à la MGP mais surtout à l’État. « La Métropole n’a pas les moyens financiers suffisants », résume Jacques Baudrier, adjoint au maire communiste à la mairie de Paris et conseiller métropolitain chargé de l’aménagement des pistes cyclables.

Premier de leurs constats : la ZFE n’aide que les ménages les plus aisés à changer de voiture, en accordant principalement des aides à l’achat de véhicules neufs peu polluants. Si possible hybrides ou électriques. « Qui a les moyens d’acheter une voiture neuve aujourd’hui ? Les plus aisés. En plus, à partir de janvier 2022, seuls les Crit’Air 1 et 2 seront admis. On va se retrouver avec 1,9 million de voitures à changer. Une vraie aide utile serait une aide pour acheter une voiture d’occasion », argumente Jacques Baudrier.

Les élus communistes ont chiffré à 3 000 à 5 000 euros, le coup de pouce qui permettrait d’acquérir une petite citadine Crit’Air 1 ou 2. « Si on l’attribue au minimum à un million de propriétaires, cela nous fait au bas mot 3 milliards d’euros alors que le budget de la Métropole n’est que de 170 millions d’euros. Seule, elle ne peut pas tout faire », estime l’élu parisien.

Les pneus et les freins émettent les deux tiers des particules fines

Pour les conseillers communistes, protester ne signifie pas renier la ZFE. « L’urgence climatique est bien réelle. La ZFE, nous y sommes favorables mais pas n’importe comment. Il faut s’en donner les moyens. Aujourd’hui, le processus d’aides est inégalitaire », insiste Patrice Leclerc, maire PCF de Gennevilliers (Hauts-de-Seine).

Ce lundi, les conseillers communistes ont également mis en avant une donnée peu connue. Selon eux, les moteurs thermiques ne sont responsables que d’un tiers des émissions de particules fines. Les deux autres viennent des systèmes de freinage et de l’abrasion des pneus. Or, des entreprises comme Tallano, à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), ont développé des dispositifs de récupération de plus de 80 % des particules issues des freins, que ce soit ceux des voitures ou des trains. « On doit les imposer aux constructeurs automobiles. Cela ne coûte que 150 euros pour un véhicule neuf », indique Jacques Baudrier.

Pour ce qui est des particules produites par les pneus, l’idée est d’augmenter le malus lié au poids des véhicules. Plus c’est lourd, plus les pneus en génèrent. Les véhicules électriques alourdis par la batterie sont donc polluants, soulignent-ils. « C’est proportionnel. Un SUV hybride ou une grosse berline électrique genre Tesla va produire plus de particules fines par ses pneus qu’une petite voiture Crit’Air 3. Agir sur le malus-poids, c’est jouer sur l’impact des classes favorisées pour aider les plus modestes à changer de voiture », résume Patrice Leclerc.

Gennevilliers (Hauts-de-Seine), le 13 septembre. Les élus FG de la Métropole, Patrice Leclerc, Jacques Baudrier et Olivier Sarrabeyrouse.
Gennevilliers (Hauts-de-Seine), le 13 septembre. Les élus FG de la Métropole, Patrice Leclerc, Jacques Baudrier et Olivier Sarrabeyrouse.

À la Métropole, on assure attendre la réponse de l’État sur la mise en place ou non du prêt à taux zéro demandé en juillet. La MGP rappelle que depuis juillet les aides, tout cumulé, se montent à un maximum de 13 000 euros pour de l’occasion et 18 000 euros pour un véhicule neuf. Une campagne d’information est aussi en cours pour faire connaître la ZFE et les aides existantes.

« Quand les PV vont tomber, ce sera mal vécu »

La MGP étudie en outre la création d’un marché du véhicule d’occasion électrique ou hybride. « On travaille dessus avec Renault, indiquait ainsi Geoffroy Boulard, maire (LR) du XVIIe arrondissement et vice-président de la Métropole, en juin dernier. Cela permettra de rendre la conversion plus supportable. On a aussi mis en place des dérogations jusqu’à fin juin 2022 pour les artisans roulant au diesel. À la MGP, on est pragmatiques. »

Les conseillers de gauche ne voient dans leurs nouvelles revendications et propositions que « du court terme ». « On cherche des mesures immédiates, précise Olivier Sarrabeyrouse, maire PCF de Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis). Mais à plus long terme, les seules solutions sont bien la réduction de la place de la voiture, davantage de mobilités douces et de transports en commun. »Newsletter L’essentiel du 92Un tour de l’actualité des Hauts-de-Seine et de l’IDFS’inscrire à la newsletterToutes les newsletters

Le trio réuni ce lundi à Gennevilliers ne cache pas un autre motif d’inquiétude. « Pour l’instant, il n’y a pas de verbalisation, rappelle le maire de Noisy-le-Sec. Quand les PV vont tomber, les couches populaires seront les plus touchées et ce sera mal vécu. Le risque de tensions sera réel. »

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