Gennevilliers

Interview pour l’Humanité dimanche: l’impact de la COVID19 sur la pauvreté

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Aujourd’hui quel bilan tirez-vous à Gennevilliers de l’impact de la crise sanitaire sur la pauvreté ?

Il est trop tôt pour répondre à cette question. La pauvreté s’aggrave car les conséquences ont été dur pour les métiers « ubérisés » ou les autoentrepreneurs. Il n’y a pas eu de chômage partiel pour ceux-ci. Les demandes d’aide alimentaire sont apparues pour de nouvelles catégories de la population active ou étudiante.

Par quelles mesures avez-vous pu réagir ?

En 2020, la ville a débloqué 3,5 millions d’euros pour aider près de 10 000 familles, les retraités au minimum vieillesse et mis en place des distributions de 1500 paniers solidaires, tous les mois, pour une valeur mensuelle de 26 000 euros et pendant 10 mois.

En 2021, pour soutenir les jeunes, une aide financière de 150 euros a été mise en place par la Municipalité pour les chômeurs et les étudiants boursiers, une aide de 200 euros pour 2 000 familles monoparentales avec un enfant de moins de 20 ans. Le soutien apporté aux commerçants situé dans des locaux municipaux a quant à lui généré une perte de recettes de 300 000 euros.

Avez-vous bénéficié d’une aide suffisante de l’Etat et des autres collectivités pour faire face ?

Non. Les aides ne compensent pas les dépenses. Le coût de la crise « Covid » atteint 9,35 millions d’euros, en cumulant les dépenses et pertes de recettes. La Ville a reçu le soutien du Département avec une aide exceptionnelle de 470 000 euros, des aides de la région sur les masques. Les aides de l’Etat, l’ARS, la CPAM et la MGP cumulées aux aides des autres institutions atteignent 2,6 M€.

Quelles sont les priorités aujourd’hui pour faire face à cette augmentation de la pauvreté ?

Il faut repérer « les nouveaux pauvres » sans aides sociales, les soutenir par des mesures d’urgences d’aides sociales d’Etat. Une attention particulière doit être portée aux familles monoparentales plus fragiles dans cette crise. La question de l’endettement sur les loyers peut être un indicateur utile pour agir.

Avez-vous le sentiment que cette crise a mis en lumière les inégalités territoriales ?

Bien sûr. Les villes qui ont vu leurs moyens diminuer par l’Etat, peuvent difficilement aider financièrement leurs populations. Les villes et quartiers populaires restent un angle mort du plan de relance. Nous peinons à obtenir des indicateurs sur l’utilisation des fonds. Aux inégalités sociales s’ajoutent les inégalités sanitaires, la surmortalité a été plus forte dans les villes populaires.

Quelles sont vos propositions pour y remédie ?

Je vous renvoie à la lettre ouverte adressée au Président de la République en novembre dernier par plus d’une centaine de maires qui demandaient la création d’une cour de l’équité territoriale pour vérifier la mise en œuvre des moyens de rééquilibrage des politiques publiques sur les territoires carencés. Elle demandait aussi de sanctionner l’inaction des administrations. L’Etat doit augmenter les dotations financières des communes qui ont une population avec de faibles revenus. La question de l’augmentation des minima sociaux et des salaires est aussi d’actualité.

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