Gennevilliers

Compte-rendu de la délégation de Gennevilliers à l’ANRU du 6 octobre

Le Directeur adjoint de l’ANRU, Responsable en charge des relations institutionnelles, et la responsable de la communication de l’ANRU, ont reçu une délégation de Gennevillois, composée d’un habitant de la tour 1 des Agnettes, d’une habitante de la tour 9, d’une habitante du bâtiment Victor Hugo et membre du Conseil citoyen des Agnettes, le Président de l’OPH et le Maire.

900 pétitions dont plus de 350 signées par des habitants des cinq tours ont été déposées à l‘ANRU.

La délégation Gennevilloise a exposé les motifs de son désaccord concernant les propositions formulées par l’ANRU au sujet de l’avenir des cinq tours des Agnettes. Elle a réaffirmé la nécessité de trouver un accord car le renouvellement urbain du quartier a besoin de l’ANRU. Elle refuse de se placer dans l’optique de la destruction d’une, deux, trois, voire cinq tours, de la même façon qu’elle ne souhaite pas élargir les percées dans le bâtiment Victor-Hugo. Elle a exprimé son désaccord sur l’idée de travailler à reloger des habitants de Gennevilliers dans d’autres villes du Territoire.

Elle a souligné que son désaccord résidait, en premier lieu, dans la volonté de l’ANRU de proposer une restructuration des logements des tours pour accueillir d’autres populations à proximité du métro. L’objectif de la démolition est pour sa part de permettre une recomposition urbaine totale. La volonté de la ville n’est pas de restructurer les appartements (faire que deux petits appartements n’en fassent plus qu’un seul) mais de procéder à une réhabilitation importante des logements (remise aux normes et travail sur les pièces d’eau) et de réaliser une isolation externe de qualité. Nous pensons que les logements dans leur configuration actuelle répondent aux besoins des habitants et continueront de l’être dans 20 ans. L’audit technique sur la viabilité structurelle des tours montre que la réhabilitation est pertinente. Le fait d’habiter à coté de la station de métro du Grand Paris constitue une chance supplémentaire pour la population des tours. La délégation a donc demandé à l’ANRU de prendre en compte le projet travaillé avec les habitants et les techniciens depuis 2011. D’autant que l’ANRU n’a jamais émis de réserve sur notre projet jusqu’au Comité d’engagement du 20 juin dernier.

Les représentants de l’ANRU ont précisé que les modalités de travail de l’ANRU avaient changé par rapport aux programmes menés sur le Luth et sur les Grésillons. En effet, des villes n’ont pas réalisé les études préalables nécessaires pour engager dans les délais prévus les opérations programmées. En conséquence, les deux étapes suivantes doivent être respectées désormais : 1) des études, 2) une phase opérationnelle. L’ANRU indique que nous n’en sommes qu’à l’étape 1. Le Maire a regretté que l’ANRU ait retardé à plusieurs reprises la date du Comité d’engagement et surtout fait remarquer qu’avec cette méthode aucun programme ANRU n’aura démarré d’ici l’achèvement de cette mandature présidentielle. Par ailleurs, il a indiqué qu’il pouvait comprendre que cette méthode soit rendue nécessaire pour des villes peu expérimentées en la matière. Mais ce n’est pas le cas pour Gennevilliers qui a réalisé deux programmes NPNRU sans retard et est pris en « exemple » par l’ANRU elle-même. Le risque est de retarder les réhabilitations alors qu’il y a une urgence pour le bien vivre des habitants.

L’ANRU a précisé qu’elle n’a pas de projet alternatif à celui présenté par la ville. Nous sommes d’accord sur les trois-quarts du projet. Le désaccord porte sur les tours des Agnettes et sur Victor Hugo où le Comité d’engagement conditionne l’autorisation anticipée de rénovation d’une ou deux tours à la finalisation du projet urbain sur le secteur Tours des Agnettes – Barre Victor Hugo et à « une évolution plus profonde d’une partie de cette entrée de quartier, en lien avec les réflexions engagées sur la barre Victor Hugo et des options crédibles en termes de diversification de l’habitat ». Cela revient à nous demander d’accepter la destruction d’une, deux, voire trois tours et à long terme de quatre, voire cinq tours.

Les représentants de l’ANRU nous ont confirmé qu’à ce jour les aides financières de l’ANRU seraient moins fortes que lors des précédents programmes. Le premier Ministre, ayant conscience de l’insuffisance des crédits, a annoncé des crédits d’Etat supplémentaires dont on connaitra l’importance dans les prochaines semaines. Il a été fait remarquer par la délégation Gennevilloise que, cette annonce intervenant peu de temps avant les scrutins électoraux décisifs de l’année 2017, personne ne pouvait avoir l’assurance d’une mise en œuvre effective après ces échéances.

La délégation Gennevilloise a questionné les représentants de l’ANRU sur la proposition de reloger des habitants en dehors de Gennevilliers. Il leur a été répondu que l’Agence ne faisait qu’appliquer « la volonté du législateur en termes d’habitat et de population suite à la loi LAMY et celle qui est en discussion à l’Assemblée nationale, dite « Egalité citoyenneté » ». Par ailleurs, le Comité interministériel demande à ce que l’on travaille à la reconstitution de logements sociaux en dehors des villes qui en ont « suffisamment » et que l’on travaille à un équilibre des populations sur les territoires.

Le Maire a réaffirmé son opposition à l’idée de reloger en dehors de Gennevilliers des Gennevillois (sauf si ceux-ci le souhaitent) parce que le travail d’amélioration de la ville est d’abord réalisé pour permettre aux habitants qui y vivent d’en bénéficier. Par ailleurs, si l’ANRU persiste dans l’idée d’obtenir des relogements dans les autres villes du territoire, cela repoussera à très long terme la mise en œuvre du programme. En effet, qui peut croire que les maires d’Asnières, Bois Colombes, Colombes, Clichy relogeront en priorité des Gennevillois alors qu’ils doivent faire face à leurs propres demandeurs de logements sociaux en attente dans leur ville ? Cette solution n’est pas souhaitable pour les Gennevillois eux-mêmes. Dans aucune de ces villes, il y a des TAP de qualité et gratuits. Il n’y a pas les mêmes prestations de service public ouvert à tous avec le quotient familial.

La délégation de l’ANRU n’ayant pas de mandat pour nous répondre, nous avons convenu que le Maire formaliserait ses demandes par écrit et que des réponses seraient apportées lors d’une nouvelle réunion avec le Directeur de l’ANRU.

Le Maire a soumis les propositions suivantes au nom de la délégation :
– Animé du souci que nous puissions déboucher sur une issue positive, je vous propose de modifier la phrase suivante contenue dans l’avis du Comité d’engagement : « Dans l’hypothèse d’un scénario de renouvellement important de ce patrimoine en cohérence avec le nouveau projet urbain et les scénarii de transformation de la barre Victor Hugo, une autorisation de démarrage pour la réhabilitation d’une ou deux tours est envisageable à la signature du protocole ».
Nous pourrions tomber d’accord sur cette formule : « Sans préjuger de l’avenir et des résultats des études, une autorisation de démarrage pour la réhabilitation de deux tours est envisageable à la signature du protocole ». Ainsi nous ne retarderions pas les travaux de réhabilitation puisque nous ne pouvons réhabiliter qu’une à deux tours par an.

– Pour nous assurer qu’il ne soit pas imposé de relogements hors de Gennevilliers aux Gennevillois habitant les Agnettes, sauf pour ceux le souhaitant, nous demandons que soit décidé, comme dans les programmes ANRU précédents, que chaque logement social détruit dans le cadre de notre projet, soit reconstruit à Gennevilliers.

– Nous confirmons notre intention, annoncée dans un précédent courrier, d’organiser une consultation de l’ensemble des habitants des Agnettes, si nous n’arrivons pas à lever nos différends sur cet aspect du dossier et si l’ANRU m’indique qu’elle respectera l’avis du Conseil citoyen et le vote des habitants de l’ensemble du quartier des Agnettes.

Les deux délégations se sont quittées avec la volonté d’aboutir à un accord. Nous n’avons pas le choix : la ville de Gennevilliers a besoin des subventions de l’ANRU pour mener à bien le projet décidé avec les habitants et l’ANRU ne mettra pas en œuvre d’autres plans que celui contractualisé avec la ville. A suivre…

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