Gennevilliers

Métropole du Grand Paris, communiqué de Patrice Leclerc, maire de Gennevilliers – 11 mars 2015

Le projet de loi sur la Métropole du Grand Paris vient d’être adopté par l’Assemblée Nationale en première lecture. Mes craintes, après les positions publiques de la majorité parlementaire et du gouvernement ces derniers mois, sont malheureusement confirmées. Le gouvernement ne tient pas son engagement de tenir compte dans la rédaction de la loi de l’opinion émis par 94% des maires de la métropole. La commune sort très affaiblie de ce vote.
Cette conception d’une métropole « austéritaire » fera le lit du Front national.

Les maires perdent leurs compétences en matière de logement dont les offices publics de l’habitat, d’aménagement dont le PLU, de politique économique, d’environnement et de politique de la ville. Cette décision est catastrophique au moment où les habitants réclament à juste titre plus de proximité pour être informés et associés à la vie publique.

C’est la Métropole du Grand Paris avec 6,5 millions d’habitants qui gèrera ces compétences. Elle en délèguera une partie aux territoires qui sont les nouvelles intercommunalités. Dans les deux cas, la droite sera largement majoritaire avec des politiques publiques qui ne sont pas les nôtres, à Gennevilliers.

Laisser croire que cette Métropole va réduire les inégalités est faux. Comment croire que les mêmes élus UMP UDI qui organisent la ségrégation sociale et spatiale dans leur ville et département vont faire l’inverse à la direction de la métropole ? Comment croire que Patrick Devedjian, qui refuse de continuer à subventionner le logement social à Gennevilliers tout en laissant de nombreuses villes de sa couleur politique ne respectant pas la loi SRU va à la tête de la Métropole, qu’il va laisser notre ville continuer sa politique progressiste. Cette loi donne tous les moyens à la technocratie et à l’échelon métropolitain pour imposer aux villes des politiques contraires aux choix des électeurs.
Avec la quasi-totalité des maires de la Métropole et des Présidents d’intercommunalité, nous avons travaillé pour une Métropole décentralisée, partant du terrain pour réduire ces déséquilibres de plus en plus graves avec des mesures adaptées. Mais cette loi nous méprise et nous marginalise. C’est insupportable !

Aucune décision concernant la vie des Gennevillois-es ne devrait être prise sans eux.
Ni le président de la République, ni les députés n’ont de mandat sur la conception de la métropole. Il n’y avait rien dans leur programme sur ce sujet au moment des élections. Les maires, par contre, ont un mandat sur ce sujet approuvé par les électeurs. Cette loi est discutée au parlement sans que les parlementaires consultent la population, ils ont même été jusqu’à retirer de la loi la nécessité de passer par référendum ce changement institutionnel.

Je me prononce pour une métropole stratégique, respectueuse de la démocratie citoyenne, des projets locaux, et organisant les cohérences territoriales nécessaires. Une métropole rayonnante et non livrée aux appétits de la finance internationale. Une métropole solidaire et de coopération et non une métropole de la concurrence internationale.

Le rôle fort de la commune dans les intercommunalités conçues comme coopérative de villes en est un des moyens. Je continuerai à me battre pour le respect et la dignité des habitants de notre ville dans le Grand Paris et dans le futur territoire. Je vais tout faire pour aider à l’organisation de la résistance des maires et des populations contre une conception buraucratisée, centralisatrice et autoritaire de la métropole.

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