Gennevilliers

Le Projet Educatif Territorial de Gennevilliers à discuter au prochain CLE

PROJET EDUCATIF TERRITORIAL (P.E.D.T.) que Richard Merra, maire adjoint a présenté lors de notre dernière réunion du CLE.
Préambule

« L’éducation un concept pluriel »

Le concept d’éducation est différent selon que l’on est parent, enseignant, ou animateur. Ceci résulte de positions éducatives qui se distribuent entre plusieurs acteurs. Chacun ayant une fonction particulière.
Ne pas admettre cette évidence, c’est introduire de la confusion tant pour l’enfant que pour l’éducateur.

C’est dans cet esprit que la ville verse au PEDT sa réflexion relative à « une politique éducative spécifiquement municipale ».
Même si cette dernière pourrait sembler attractive dans sa forme parce qu’elle est libérée des contraintes didactiques elle ne s’attachera pas moins à construire et à installer « des prérequis » qui sont utiles tant à l’étude, qu’au développement et à l’épanouissement des enfants. Ce centrage de l’action sur « les prérequis » a pour objet de participer aux fondements de la pensée, de l’expression, à l’accession à la culture, à la construction de l’individu et du citoyen.

Le concept de « continuité éducative » qui apparait dans les textes officiels mérite alors d’être précisée, car si le rapport entre les trois partenaires est une évidence, il ne peut-être polarisé autour de l’un d’entre-eux. Ainsi, la politique éducative municipale ne se définit pas comme étant en amont, ou en aval de l’école ou de la famille. Elle est comme l’école et la famille une des composantes complémentaires au bénéfice de l’enfant.

Culture commune et complémentarité.

La multiplicité des intervenants impose de fait au PEDT de favoriser l’élaboration d’une culture commune.
Cette dernière passe à minima par la connaissance et la reconnaissance mutuelle. Mais pour être opérationnelle, elle devra s’élaborer dans une construction collective, dans un mouvement dynamique.
Le PEDT devient alors l’espace institutionnel qui permet de définir, de réguler, de réglementer, de mémoriser, de protéger.
C’est dans ce cadre qu’il faudra aborder le thème de « la continuité éducative »
C’est dans ce cadre que l’on devrait s’autoriser si nécessaire à dépasser les espaces réservés, et verser les compétences au patrimoine commun.
C’est aussi dans ce cadre que l’on pourrait aborder sereinement le débat qui oppose deux approches sur l’école : celle qui place « l’enfant » au centre du dispositif éducatif, et celle qui place « l’instruction » au centre.
Etc..

Un outil d’échanges, de collaborations et d’analyses : vers le partenariat.

Le PEDT de Gennevilliers n’aura donc pas vocation à être un texte normatif qui définirait « la ligne locale de l’éducation » qui serait sous l’influence directe de la municipalité. Il visera au contraire à être un outil, d’échanges et (ou) de collaborations. Sa fonction première sera d’être un lieu d’analyses. L’action sera dans le champ des acteurs, des partenaires éducatifs.

Le risque : un PEDT trop « scolaro-centré ».

Il conviendra de relire l’historique qui est à l’origine de cette nécessité de fonder la rencontre.
En effet, il y a bien longtemps que l’Education est réputée être une responsabilité partagée. Pourquoi et comment I ’un des partenaires : l’Education Nationale se retrouve propulsé aujourd’hui aux commandes ?

C’est à l’occasion du projet de Refondation de l’Ecole lancé par le Ministère de l’Education Nationale qu’est apparue l’idée de PEDT. C’est l’Education Nationale qui imagine un dispositif élaboré sous la responsabilité des municipalités mais validé par les Directeurs Académiques.

Plusieurs remarques en découlent.
Cette proposition de la répartition des rôles qui est au fondement des PEDT n’est pas anecdotique. Elle pourrait induire en partie la méthodologie adoptée.
– L’éducation nationale a choisi la question du rythme de l’élève comme première entrée de sa Refondation de l’école.
– La municipalité a choisi la question des « prérequis » comme priorité.
– L’éducation nationale qui propose une semaine scolaire de 9 demi- journées de cours, et la ville qui propose 8 demi- journées de cours trouvent un compromis grâce au décret Hamon qui donne à la proposition de la ville un statut expérimental pour trois ans.
– La ville et l’Education Nationale partagent la même analyse sur les spécificités des espaces temps consacrés à l’enseignement didactique. Aucune activité municipale n’est proposée le matin.

Le fait que l’Education Nationale soit à l’initiative dans la création du PEDT avec la validation du DASEN pourrait induire un dispositif très « Scolaro-centré ». Même si les attentes sont fortes en direction de l’école, même si notre système éducatif est le plus inégalitaire de l’OCDE, même s’il minore le champ des possibles pour notre jeunesse, il ne faudrait pas considérer que le développement, l’épanouissement et l’éducation des enfants dépendent directement de ce seul système éducatif, ou n’aient qu’un seul objectif, celui d’être uniquement utiles à l’école.

Ces premières questions multifactorielles donnent une idée de la complexité du sujet et montrent l’importance d’élaborer un outil d’analyse.

Des missions de l’Education Nationale aux questionnements des partenaires

« La feuille de route » de l’Education nationale est connue et rédigée. Elle est principalement centrée sur les acquisitions, et le socle commun.

Celle de la Ville est à construire.

Les TAP amplifient, le nombre des enfants, et les temps éducatifs proposés par la ville.
Les TAP augmentent le nombre des animateurs, les stabilisent, et les professionnalisent.
Les TAP qui visent ce qu’on nomme « un public captif » (la totalité des enfants scolarisés) deviennent un levier important, mais pas unique dans cette construction puisque des activités auxquelles les familles s’inscrivent volontairement existent également.

A ce stade de la rédaction du PEDT, la Ville pose les problématiques suivantes :
– Pour le législateur, que signifie le concept de « continuité éducative » entre les TAP et la mission de l’école ?
– Comment atteindre durablement la quasi-totalité des enfants ?
– Comment atteindre, par les contenus, un égal accès à l’éducation au sens large ?
– Comment susciter des exigences et des ambitions ?
– Qu’est-ce que mettre en relation le champ social et le milieu scolaire ?
– Que recouvrent les concepts de « prérequis scolaires », de « prérequis éducatifs » ?
– Quel outil pour analyser les fonctions des acteurs éducatifs ?
– Travailler à la notion de parcours
– Définir des cycles de formations pour les professionnels.
– Peut-on définir un périmètre de causes et d’effets mesurables dans une politique éducative ?

Il nous a semblé indispensable de rédiger un préambule au P.E.D.T.
Cette partie de rédaction relate le positionnement de la Ville. Nous souhaitons que les partenaires proposent une suite, ou, des amendements, ou leur texte…ou…

Ce matériau alimentera le travail partenarial qui vient juste de commencer dans le cadre de la commission P.E.D.T. que j’anime au sein du Conseil Local Educatif.

Contact : Nadia BELGAT – Service Etude et Développement Educatif- D.E.S.S.
Nadia.belgat@ville-gennevilliers.fr
01 40 85 64 54

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