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Réforme territoriale : les communes sont-elles vouées à disparaître ?

L’humanité du jeudi 20 octobre 2014 a publié mar réponse à cette question.

Non, mais tout est fait pour les faire disparaître. Je pense qu’il y a une convergence d’analyse entre les libéraux et les sociaux libéraux : pour eux la commune n’est pas adaptée à l’Europe, elle est un frein au détournement de l’argent public vers la spéculation financière. La commune est aussi le lieu de proximité échappant au bi-partisme en permettant des expérimentations politiques en proximité. Elle est un enjeu stratégique car la ville, le territoire, est devenu l’espace de socialisation de la majorité de la population, rôle que tenait au XXe siècle l’entreprise.

En fait, deux conceptions s’affrontent aujourd’hui : le libéralisme « austéritaire » et le « commune-isme ». Une conception de la société par le haut, dirigée par des élus appuyés par la technostructure, mettant en place des gouvernances, travaillant le consensus et la dépolitisation. De l’autre coté, la volonté de faire société du bas vers le haut, de développer les coopérations dans un mode de gouvernement où le conflit est le moteur de la construction de l’en commun.
Bien sur aujourd’hui, la commune ne doit pas etre regardée comme un territoire replié sur lui même. L’évolution des modes de vie des habitants les amène bien au-delà de leur commune – là où ils travaillent, étudient, se cultivent, consomment,… Mais cet ancrage institutionnel et politique, historique, peut être ce lieu ouvert sur des coopérations entre villes, entre territoires.

Ces coopérations peuvent etre débattues à l’échelle local pour confronter des projets stratégiques pour la vie des habitants. C’est la raison pour laquelle je partage une conception de la métropole du Grand Paris, comme étant une coopérative de commune et non une superstructure centralisatrice qui ote aux communes leurs pouvoir de décision et d’intervention. L’Etat doit aussi pouvoir intervenir, il est certainement le seul légitime pour contraindre des communes, dont les habitants auraient choisie l’égoïsme de classe, à partager l’effort collectif sur des questions comme le manque de logements sociaux… Le déséquilibre entre un Ouest parisien avec Paris, très riches en emplois, et des communes pauvres en entreprises nécessite aussi des réponses stratégiques élaborées à l’échelle métropolitaine.

La commune doit participer grâce à ses élus délégués dans les territoires et dans la métropole aux décisions stratégiques sur les enjeux de développement général, et elle doit continuer tout ce qui se gère dans la proximité, et qui est une garantie de qualité dans la mise en œuvre des politiques publiques. Cela appelle évidemment des moyens financiers à la hauteur des besoins humains. Une réforme profonde de la fiscalité locale est indispensable. Les communes qui ont de faibles ressources et d’importants besoins sociaux, ne se suffiront pas d’une péréquation sur des dotations d’austérité à l’échelle métropolitaine.

Maires et équipes municipales sont des élus de terrain, qui connaissent concrètement le vécu des habitants. A l’heure d’une crise politique sans précédent, c’est plutôt de nouveaux souffles que nous devons donner aux relations entre élus et habitants, entre habitants, pour reconstruire de la confiance. Et c’est avant tout dans la proximité et la régularité que ce dialogue peut se construire, s’organiser dans la commune même pour des sujets qui la dépassent. La commune devrait permettre d’expérimenter des pratiques de construction de communs pour développer des conduites coopératives.

Notre défi de communiste est aussi de prouver que cette institution, avec notre originalité de gestion, est un outil pour revivifier la société par le développement de pratique collective, coopérative, démocratique répondant aux enjeux de notre époque.

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