Gennevilliers

Intervention devant la communauté portuaire de Gennevilliers

Intervention de Patrice Leclerc, au Port de Gennevilliers 11 juillet 2014 à l’invitation de la communauté Portuaire

Merci de votre invitation. Plaisir de rencontrer des acteurs économiques de Gennevilliers et certainement plus largement d’Ile-de-France.

Nous sommes ici dans un territoire charnière du Grand Paris, à la croisée des axes métropolitains La défense, Roissy, Paris, avec ici le 2e port fluvial d’Europe, d’un vivier de PME PMI dynamiques et de grands comptes de renoms.

Le caractère mixte de la Boucle Nord qui conserve une fonction industrielle significative, constitue un atout indéniable pour les polarités environnantes et notamment les 2 pole tertiaires très attractifs qui avoisinent le territoire (la défense et Plaine Commune).

 

A l’image des équipes municipales, nos ambitions sont :

–       de valoriser et développer le potentiel économique de notre territoire

–       faire que ce développement profite à la population gennevilloise

–       réduire la fracture entre l’offre d’emploi et les demandeurs d’emploi

–       réussir un pari : développer une ville moderne et populaire au cœur du grand Paris, sans que les populations soient exclus (gentrification observée partout)

Sur ce fond que nous travaillons les enjeux sur le projet métropolitain.

Une loi a été votée en promulguée en janvier 2014 et qui sera effective le 1er janvier 2016, cette conception très intégrée de la métropole.

Cette loi a deux mérites :

–       elle oblige tous les élus à réfléchir et travailler sur le fait métropolitain et donc s’inscrire dans une construction métropolitaine

–       elle est tellement mal faite, quelle fait l’unanimité contre elle des maires du périmètre métropolitain, et cela a amené le premier ministre a accepter sa réécriture, pour un vote en octobre 2014. C’est l’objet de la mission de préfiguration qui vient de se mettre en place.

Je vous parle donc de quelque chose de non stable pour l’instant.

La loi actuelle, votée et qui doit etre réécrite, sur la métropole réorganise le cœur de l’Ile de France en une nouvelle entité qui se voit attribuer des compétences essentielles : l’aménagement et le logement,  le développement économique et la politique de la ville, l’environnement.

La loi supprime les EPCI et intercommunalités existantes au profit de la grande métropole.

Notre principal reproche, c’est que cette loi est centralisatrice et remet en cause notre engagement depuis la décentralisation dans le développement autonome de nos communes et nos intercommunalités ; cette logique du terrain permet de mieux  répondre aux besoins des habitants et des entreprises.

 Nous ne voulons pas que le travail effectué dans la Boucle Nord sur le CDT avec Asnières, Colombes et Bois Colombes. L’un des enjeux de ce contrat passé entre nos quatre villes et l’état, c’est la mise en valeur de notre pôle économique  de développement particulièrement dynamique dans la Boucle Nord. Dynamique grâce à la richesse des PME-PMI présentes dans le tissu diffus, la présence de grands Comptes – Thalès, Snecma, GDF Suez, Chèque déjeuner, et cet atout exceptionnel qu’est le Port. Dans notre CDT, l’innovation est inscrite comme axe structurant et identitaire de la Boucle, avec cette singularité de notre territoire, c’est de vouloir l’innovation  dans le domaine de la logistique urbaine.    

Mais quel avenir pour tous ces projets, pour les 22 CDT élaborées par des dizaines de communes ? Quel avenir pour les projets intercommunaux des 19 EPCI de la métropole si ce travail est gommé au profit d’orientations venues seulement d’en haut ?

Mais il n’est pas très crédible de penser que la métropole pourrait d’en haut gérer la vie de 6,5 millions d’habitants et de milliers d’entreprises.

Nous demandons donc que la métropole se construise pour travailler une stratégie métropolitaine et sur un mode coopératif entre les communes et les agglomérations.

Le schéma final des transports et du Grands Paris Express a d’ailleurs été la conjugaison du travail de l’état, de la Région, des autorités compétentes, des élus locaux et des habitants. Nous avons d’ailleurs dans ce débat obtenu deux gares à Gennevilliers du Grand Paris Express.  Il y a besoin d’une gouvernance qui coordonne, harmonise, propose des solutions aux graves problèmes de l’Ile de France, et d’abord le logement et les transports.  Mais elle ne peut pas définir seule la vie de millions de franciliens. Et elle ne peut pas faire fi des projets déjà constitués par les communes et les intercommunalités, d’où notre revendication de réécrire l’article 12 et donner un vrai statut juridique et financier aux nouvelles entités intermédiaires que sont les territoires.

Beaucoup d’élus sont également perplexes quant au périmètre retenu pour la création de la métropole du Grand Paris : notre métropole n’intègre ni les aéroports, ni des universités comme Marne La Vallée, éléments pourtant constitutifs du développement économique métropolitain. Travailler avec vous sur le port de Gennevilliers et son développement nous amène hors métropole, à Limay, Achères, voir Rouen : les liaisons entre le périmètre institué par la loi et ce qui est à l’extérieur du périmètre seront aussi constitutives de la vitalité du Grand Paris dont les frontières ne s’arrêtent pas aux 92, 93 et 94. D’ailleurs  pour la chambre de commerce et d’industrie de Paris, l’échelle souhaitée est celle de la région, pour tout ce qui permet la création de valeurs et d’emplois : logement, transports, foncier.

L’action que nous menons avec notre syndicat Paris Métropole ces derniers mois a permis de modifier cette démarche trop centralisatrice et peu adaptée aux réalités de terrain.

Notre action s’est concentrée sur les pouvoirs des territoires : leur existence juridique, leur autonomie financière et/ou fiscale. Chacun sait que pour dynamiser l’action et la motivation, l’autonomie même partielle en matière financière est indispensable. Le gouvernement par la voix de Manuel Valls nous a donné satisfaction sur le premier point, un statut juridique, et a accepté de travailler sur le second, sans préjuger de l’atterrissage.

La réécriture de l’article 12 de la loi sur l’identité des territoires fera donc partie de nos devoirs de vacances, car notre copie doit être rendue avant  l’automne.

Si la loi est réécrite, la configuration pourrait être la suivante de façon un peu schématique. Des blocs de communes issus des intercommunalités existantes et des CDT, qui forment des territoires d’au moins 300.000 habitants et qui ont des pouvoirs  réèls  en matière de compétences aménagement, logement, dotés de moyens financiers autonomes etc… bien en prise avec la réalité des  communes. Et la métropole du Grand Paris, dont le périmètre ou les rapports entre le in et le off devraient être repensés ; métropole organisant la cohérence des politiques stratégiques comme le logement, le développement des m2 de bureaux, des grandes zones commerciales ; métropole facilitant la concrétisation des projets des différents endroits d’intérêt métropolitain : le développement de la logistique urbaine par exemple.  Le souhait de la CCI d’une gouvernance unifiée n’est pas contradictoire avec notre vision politique d’une bonne articulation entre commune, territoire et métropole.

A propos de fiscalité, je connais l’attente des entreprises, votre sensibilité, à la question de la baisse des impôts. Nous ne serons pas d’accord ensemble sur cette question. Réclamer pour nos nouveaux territoires une fiscalité propre, c’est pour continuer d’investir et de développer des services, favorisant la croissance et l’emploi. Un chiffre, la baisse des dotations de l’état aux collectivités menace en Ile de France 10.000 emplois dans les BTP. 

Les blocs communaux doivent garder leurs marges de manœuvre, déjà bien écornées aujourd’hui, comme le pouvoir d’achat des salariés, ce qui soutiendra et relancera la croissance et l’investissement.

A Gennevilliers, nous avons beaucoup d’atouts pour un développement dynamique et maîtrisé et nous inscrire de façon originale dans la construction de la métropole, notamment grâce au port, ainsi qu’aux mutations foncières, aux réseau de transports. Nous aurons deux nouvelles gares dans le réseau du grand Paris Express.

Situé dans cette zone dense de l’Ile de France, le Port fait de la Boucle Nord une porte d’entrée majeure sur la métropole. Avec le développement des trafics fluviaux et ferroviaires, la plate forme multi modale de Gennevilliers peut être un hub majeur de la logistique d’Ile de France. L’un des atouts de Paris à l’échelle mondiale, c’est la concentration de la recherche et de l’innovation, dans tous les domaines. Notre CDT prévoit la création d’une filière d’innovation autour de la logistique urbaine durable. Des acteurs clés sont prêts à s’y engager, comme la CCI des Hauts de Seine, la Préfecture de Région Ile de France, nous les collectivités et vous Ports de Paris, des gestionnaires d’infrastructures, des fonds d’investissement. L’objectif  est de concevoir un nouveau modèle optimisé et durable de transport des marchandises vers et dans les communes de la zone dense métropolitaine. Cette ambition est actuellement reprise dans le travail de Paris Métropole autour du projet métropolitain.  

Nous avons donc à Gennevilliers une bonne année pour travailler le territoire le plus adapté à ces enjeux d’avenir. Rester dans le premier cadre de la Boucle Nord, en s’agrandissant légèrement, pour arriver aux 300.000 habitants mais nous travaillons aussi une hypothèse intéressante qui serait un regroupement  de villes depuis Rueil jusqu’à Villeneuve, en englobant Clichy, Levallois et Neuilly. Argenteuil est  intéressée à cette réflexion. Cela constituerait un bloc de communes de près d’un million d’habitants, en capacité de dialoguer avec tous nos atouts, du site de La Défense au Port de Gennevilliers, avec Paris, et les autres territoires importants qui se construisent au sein de la métropole.

Ce que nous recherchons, c’est ce qui permettra de développer au mieux les projets de notre ville et de ses entreprises, du  Port, en sachant que pour réussir, se développer aujourd’hui, il faut  travailler en partenariat,  coopérer ; pour concrétiser ces projets dans un souci de développement pour tous.

Pour conclure, le Port de Paris, les entreprises du Port peuvent compter sur notre municipalité, comme ils ont pu compter sur les municipalités précédentes pour défendre la vocation économique de notre Port. Ensemble, nous avions empêché dans les années 90 que se développe l’idée de créer des Marina pieds dans l’eau dans le port de Gennevilliers (ivre blanc Rocard). Ici, l’activité économique est présente, active, se développe. Nous comptons bien accompagner ce développement.

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