Gennevilliers

Le théâtre de Gennevilliers en grève

Nous travailleurs, artistes, techniciens, français et étrangers, les équipes du T2G – théâtre de Gennevilliers centre dramatique national de création contemporaine votons ce jour la grève : 
Le festival (tjcc) n’aura pas lieu. 

Nous souhaitons ici au T2G être dans l’écoute et la concertation. Pas dans l’anathème et les déclarations binaires et simplistes. De l’ensemble de ces discussions est née notre décision. 
Ici au T2G nous défendons une très haute idée du théâtre d’art et de l’émergence. Pour nous, ne pas jouer est inconcevable. Pourtant c’est ce que nous ferons : nous empêcher. Parfois il faut savoir s’empêcher. Jouer nous semble inapproprié voire indécent vis à vis d’autres artistes qui ont renoncé à montrer leur travail aujourd’hui pour défendre demain. Car il n’y a pas d’ambiguïté et pardon pour les grands mots : demain est en danger.
Nous demandons au Ministre du Travail de ne pas agréer la nouvelle convention UNEDIC, paupérisation certaine des travailleurs déjà précaires. Ce que nous défendons, nous le défendons pour tous.

 
un message de Pascal Rambert
« On a raison de se révolter
J’étais en 2003 au Festival d’Avignon et j’ai voté avec d’autres, la grève. Voter la grève pour un artiste c’est le geste anti-narcissique absolu. Un artiste existe par son travail, il se montre dedans et il montre les autres. Quand il décide d’arrêter cette circulation du regard, il se perd lui même, il perd les autres et il perd le monde. Perdre le regard et le retirer aux autres est le crime absolu. Pourtant ici : on a raison de se révolter. On a toujours raison de se révolter. Car ce qui est en jeu désormais ce sont plus que des « statuts » et des positions « immuables », c’est une vraie opposition entre de deux mondes : l’insupportable monde des riches qui a produit la crise de 2008 et qui donne des leçons et veut morigéner l’autre monde : celui des humanistes qui pensent et travaillent à un monde plus solidaire et constitué de liens forts. Les artistes sont les producteurs de ces liens forts sans quoi le monde serait irrespirable. Les jeunes gens et les jeunes filles qui aujourd’hui lèvent la main pour voter la grève ne sont pas d’horribles gauchistes irresponsables : ce sont nos enfants qui nous rappellent nos engagements passés. Notre foi. Nous devons les écouter. » 
Pascal Rambert
 

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