Gennevilliers

Voeu au conseil municipal de Gennevilliers du 27 mars 2013 relatif à Beaujon

Présenté par la majorité municipale

Nous sommes amenés une nouvelle fois à nous prononcer contre le projet de fermeture de l’hôpital Beaujon.

En effet, la direction de l’AP-HP a officiellement annoncé en ce début d’année que « le regroupement des activités lourdes de Bichat et Beaujon est indispensable pour améliorer la cohérence, la performance et l’efficience des projets d’excellence ».

Ces deux hôpitaux représentent aujourd’hui 1.400 lits. Le nouvel établissement, s’il voyait le jour, aurait une capacité de 1.000 lits. En clair, l’équivalent de l’hôpital Beaujon et de ses 435 lits disparaîtraient purement et simplement, privant les usagers d’une offre de soins publics de proximité.

Outre qu’elle met fin à la garantie de l’accès aux soins pour tous, cette annonce va à l’encontre du projet régional de Santé d’Ile-de-France 2011-2016 qui affirme « qu’il conviendra que soit maintenue une offre de proximité dans les communes du nord des Hauts-de-Seine -Asnières, Clichy, Gennevilliers, Villeneuve la Garenne – (…) visant à ce que chaque francilien (ait) accès à un parcours de santé aussi proche que possible de son lieu de vie ».

Si l’hôpital était rayé de la carte, le Nord des Hauts-de-Seine pâtirait de cette suppression.

Or, il convient de rappeler que c’est dans cette partie du département que la population est la plus socialement défavorisée.

Déjà plusieurs centaines de pétitions ont été signées à Gennevilliers et à Clichy. Le maire de Clichy ainsi que le maire de Gennevilliers ont interpellé la ministre des Affaires sociales et de la santé sur ce projet.

Nous savons que les regroupements par fermetures d’hôpitaux et leurs spécialisations ne sont qu’un prétexte pour accélérer  la réduction des dépenses publiques et  satisfaire ainsi aux exigences de l’Union européenne.

Le service public hospitalier et médico-social contribue déjà depuis plusieurs années aux nécessaires efforts d’efficience, puisque ce sont près de 2,7 milliards d’euros d’efforts qui ont été portés depuis 2005.

35.000 emplois vont être supprimés entre 2013 et 2014 dans les hôpitaux publics français.

En cinq ans déjà 50.000 postes ont été rayés de la carte hospitalière.

Nous rejoignons l’association des médecins urgentistes quand elle déclare que « les grands perdants seront nos concitoyens. Les plus faibles seront les premiers à perdre, à travers la débâcle annoncée (…), le dernier maillon d’une fragile chaîne de solidarité et, parfois, de survie » mais aussi la ministre de la Santé qui souligne que « consacrer les valeurs de service public, c’est d’abord dire que l’hôpital n’est pas une entreprise ».

Il est urgent de mettre fin à la saignée des établissements publics d’hospitalisation pour remplir au mieux une des missions les plus importantes de notre société : l’égalité des soins et des moyens pour atteindre l’excellence.

 

Aussi, le Conseil municipal,

-Demande le retrait de tout projet de regroupement des hôpitaux Beaujon et Bichat, le maintien et le développement de l’hôpital Beaujon en tant qu’hôpital à part entière, avec tout son personnel, ses services de soins de proximité et d’excellence, administratifs, ouvriers, son plateau technique, ses blocs opératoires, sa maternité et ses consultations.

-Exige l’abrogation de la loi Bachelot, dite HPST (hôpital, patients, santé, territoire)

-Réaffirme qu’il est impératif d’en finir avec la logique comptable qui dicte la politique nationale en matière de santé et qu’il est au contraire nécessaire de reconstruire et développer un service public de santé basé sur la proximité et la qualité des soins avec les personnels, les élus et les citoyens.

 

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