Gennevilliers

Mon intervention à la soirée culturelle organisée avec Ennour le 27 octobre 2012

Bonsoir,
Je suis particulièrement content d’être avec vous pour faire la fête.

La vie n’est pas toujours une fête, il faut être fou pour refuser des moments de convivialité, d’amitié et de partage.

Sur ma page facebook, où j’ai reproduit l’affiche invitant à notre soirée culturelle à l’occasion de l’AID, une personne interroge « Que vient faire le concours de la ville de Gennevilliers dans une fête religieuse ? »

Je suppose que cette personne travaillera jeudi, jour férié de la Toussaint ! Boutade à part, je suis moi aussi pour la séparation de la religion et de l’Etat. Cela ne doit pas empêcher d’agir  de reconnaître les dimensions culturelles des religions. Inviter tous les gennevillois, quelque soit leur religion, leur libre pensée à l’occasion de l’Aid, est un bon moment de brassage culturel, de « l’être ensemble ».  Il faut être là, ce soir, pour vérifier que notre soirée ne ressemblera pas à une messe…

Etre ensemble, « Etre » comme je suis, être comme je pense, être comme je vis, et « ensemble » parce que chacune et chacun d’entre nous, sommes respectés pour ce que chacune et chacun « est ». Nous respectons l’autre « pour ce qu’il est ». Ensemble parce que nous pouvons nous disputer, être en désaccord, et continuer à nous parler, nous regarder. Nous sommes capables de faire la fête et de construire ensemble de l’en commun. Bref, capable de faire société et pour ce qui nous concerne faire une « belle société gennevilloise ».

Je voudrai saluer la pugnacité des responsables d’ENNOUR. Ils sont toujours modestes, font peu de bruit, mais ne lâchent jamais sur l’essentiel. Ils ne font pas que râler dans leur coin, ou bien parler.
Ils parlent bien et agissent bien. Depuis 1989 ou j’ai rencontré pour la première fois Monsieur Bénali présenté par Saad Abssi, nous avons fait du chemin ensemble. Un chemin qui a construit de l’en commun, un chemin qui laisse des belles traces concrètes  : du carré musulman, à la magnifique mosquée, des actions contre la guerre du golf au débat interreligieux réunissant plus de 800 personnes dans lequel j’ai fait l’athée de service, en passant par ce qui n’est pas religieux avec la place du 17 octobre 1961, pour continuer sur le choix des repas à la cantine qui se met doucement en place cette année, aujourd’hui la fête, demain de beaux locaux culturels et des initiatives à continuer de construire…  Je veux les remercier car ils nous aident à progresser dans « l’être ensemble ».

Deux mots encore :
–    le premier pour dire que je vais réécrire au président du conseil général pour la subvention pour l’association culturelle Ennour. Si celui-ci ne répond toujours pas positivement en s’enfermant dans dans son attitude discriminatoire, nous vous proposerons, avec Jacques Bourgoin, une campagne de pétition et d’actions jusqu’à la victoire !

–    le deuxième mot pour vous dire qu’avec Monsieur le Maire nous avons signé un appel national qui sera rendu public dans les prochains jours dont  je vais vous lire deux extraits :
–    « (…)chers concitoyens qui vous réclamez d’une forme d’adhésion religieuse ou culturelle à l’islam, aujourd’hui nous sommes affligés et révoltés par ce malsain climat de dénigrement à l’égard de tout ce qui touche de près ou de loin  à l’islam, à une part de votre identité. Le caractère continu des campagnes médiatiques à votre encontre n’entre plus dans le cadre d’une légitime critique de la religion, des religions,  mais est devenu un dénigrement nauséabond. (…)
et en fin d’appel :
–    Nous qui signons cette lettre, voulons adresser une alerte.
C’est à l’ensemble des Français, de ceux qui font notre pays que nous voulons dire attention !  On veut nous engager sur une pente périlleuse. Au bout de celle-ci, on ne trouve que la haine et l’ignominie. Notre passé récent nous a montré que cette haine peut mener très loin.

Notre alerte est sans complaisance et veut marquer notre solidarité active pour un indispensable sursaut en faveur du vivre ensemble. Nous voulons interpeller le Président de la République, et l’ensemble des pouvoirs publics dont le devoir est d’œuvrer à la fraternité des citoyens. »
Fin de citation.
Mais là, j’en suis désolé, j’ai abordé des choses sérieuses et ce soir, c’est sérieusement que nous devons faire la fête. Bonne fête à nous toutes et tous.

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