Gennevilliers

Mon opinion, après les élections législatives

Dans cette deuxième après les élections législatives, j’ai envie, de donner mon point de vue, de premières réflexions.

Je voudrai tout d’abord, pour avoir été un des acteurs de la campagne menée avec Roland Muzeau, dire combien j’ai apprécié l’engagement des militantes et militants communistes, ceux des militants de la FASE, du PG, de convergence citoyenne, mais aussi de nombreuses personnes n’appartenant à aucune formation politique mais qui se sont engagées dans cette campagne avec beaucoup de cœur. Je participe à des campagnes depuis longtemps maintenant, dans la foulée de la campagne des présidentielle, c’est la campagne ou j’ai trouvé le plus de chaleur humaine, de désir d’agir ensemble dans la diversité, de fierté de l’engagement politique et d’envie de faire autrement. C’est une des plus belles campagnes à laquelle j’ai pu participer, des liens se sont tisses, des amitiés se sont nouées, de l’envie d’agir s’est décuplée.

Nous le devons à l’expérience de la campagne présidentielle ainsi qu’à la personnalité de Roland Muzeau.

De nombreuses personnes nous font parvenir des messages de sympathie, disent leur désarroi à Roland Muzeau, et soulignent la qualité du travail qu’il a mené pendant tout son mandat. Je partage cette opinion, Roland a été un député dont nous sommes fiers !

La qualité de son bilan, reconnu par tous, la presse, comme ses adversaires, a aussi été reconnue par les électeurs et électrices de la circonscription.

D’abord à Gennevilliers, avec plus de 51% des exprimés dès le premier tour, Roland réalise un progrès de 2 points par rapport au dernier scrutin. Alors qu’il y a une baisse de la participation, il rassemble sur Gennevilliers,  860 voix de plus que Jean-Luc Mélenchon 4 semaines auparavant.

Ce progrès sur Gennevilliers, se retrouve sur Villeneuve et Colombes où il progresse en % aussi par rapport à la dernière législative.

Ces progrès en voix et en pourcentage, sont la démonstration que le bilan de Roland Muzeau est apprécié très largement par les électeurs. Il est vrai que les salariés en lutte, les parents d’élèves, les habitants, les sans papiers, les retraités, les personnes connaissant des difficultés ont toujours pu compter sur son intervention, son soutien. Le salarié qu’il a été, a été un député qui ne s’est jamais coupé du monde du travail. Les salons dorés ne l’ont jamais ébloui !

Notre résultat local marque donc, des progrès en % et en voix sur sa personne, sur ses propositions, nos propositions politiques de changement. Mais cela n’a pas suffit.

Je veux souligner le courage de Roland quand il a pris acte du résultat du premier tour. Je dis courage car Roland Muzeau a su jouer collectif, en décidant avec nous de ne pas se maintenir au deuxième tour pour ne pas empêcher l’élection d’autres députés Front de gauche ailleurs. Il a su s’appliquer à lui-même ce qu’il demande aux autres formations politiques dans la même situation. C’est pour moi de l’honnêteté politique qui ne se confond pas à des pratiques à géométrie variable.

Je dis courage car il est plus difficile, immédiatement de prendre acte d’un résultat et de continuer à raisonner dans un esprit collectif, que de ne s’occuper plus de rien et de personne ! Courage donc pour prendre acte de ce qui nous apparaît injuste, courage pour redéployer son énergie militante.

Avec Roland, avec les militantes et militants, les citoyennes et les citoyens, nous  continuerons ensemble tous ces combats. Mais nous savons combien le fait de ne pas avoir un député déterminé à s’attaquer à la loi de l’argent, à remettre en cause le système, qui défend par exemple le droit à la retraite à 60 ans, des hausses significatives du pouvoir d’achat, ou une autre construction européenne, sera un atout de moins pour nos combats futur. Il nous manquera une voix forte à gauche !

L’abstention, la dispersion et surtout la mécanique institutionnelle d’un quinquennat organisé autour de la présidentielle, avec des législatives qui n’ont d’autre objectif que d’amplifier le résultat de la majorité présidentielle l’ont emporté, ici comme ailleurs !

La une de l’hebdomadaire Politis titrait au lendemain de l’élection législative sur la vague rose. Du coté de « la vague rose », aucune particularité locale. Elle est de même nature, quoique qu’un peu plus faible, que partout dans le pays.

L’éditorialiste de Politis expliquait : « c’est ainsi depuis 2002 et la « géniale » inversion du calendrier électoral par Lionel Jospin : les législatives sont perçues comme un simple tour d’honneur qui suit la présidentielle. Une élection de confirmation. Il y a quelque chose de si machinal dans ce processus que beaucoup ont jugé superflu de se rendre dans un bureau de vote. C’est évidemment cette logique qui a broyé le Front de gauche. Elle n’a pas été plus clémente avec Europe Écologie-Les Verts. Il est d’ailleurs remarquable de constater qu’à partir de deux stratégies opposées, l’une de confrontation avec le Parti socialiste, l’autre d’alliance, le résultat est à peu près le même, et guère flamboyant.

Dans ce contexte, la « bataille des gauches » n’a pas fait un pli. La bipolarisation de notre vie politique est en marche. Et seule une forte dose de proportionnelle pourrait freiner ce mouvement. »

Les 4 millions de voix du Front de Gauche auraient du donner à la proportionnelle une quarantaine de député, il n’y en aura que 10 Front de gauche, qui forment un groupe à 15 avec des députés ultra marins qui ont su résister à toutes les pressions. Nous continuons d’exiger la proportionnelle.

J’attire l’attention sur les risques de comportement hégémonique de la part de la majorité parlementaire : aucune vice présidence de l’Assemblée Nationale attribuée au Front de gauche, alors que le PS se donne 3 vice-présidences, en offre 2 à l’UMP et 1  à EElverts. Il en va de même sur les présidences de commission, le PS s’en octroie 7 sur 8 et donne la 8e à l’UMP ! Les Verts auront en compensation une délégation aux affaires européennes. Ce n’est pas bon signe ce choix de donner des vice-présidences à l’UMP et pas au Front de gauche. Remarquons qu’ au moins c’est clair sur la volonté de tenir compte des 4 millions d’électeurs qui ont voté Front de gauche à la présidentielle !

Les premières mesures sur la pichenette sur le SMIC augmenté de 2%, à mettre en relation avec une hausse du gaz de 5% minimum, donne aussi le ton sur la rigueur de gauche qui s’annonce. Ceci dit, nous ne ferons pas un procès en promesses non tenues, le candidat Hollande n’avait fait aucune promesse allant dans un autre sens.

Notre attitude sera constante : lutter et agir contre la droite et l’extrême droite.

La radicalisation vers la droite extrême, que nous avons vécue pendant ces élections, nous inquiète.  Le patronat peut aussi compter sur nous, pour agir et mobiliser contre son lobbying trop souvent écouté. L’éviction de Nicole Bricq de son mandat au ministère de l’écologie à cause des pressions des multinationales gazières montre la nécessité de mobilisations populaires pour contrecarrer l’influence des lobbyings affairistes auprès du gouvernement.

Avec le PCF, le PG, la gauche unitaire, la Fase, convergence et alternatives, d’autres organisations et des citoyennes et citoyens nous allons développer, ici, à Gennevilliers, comme dans le pays la dynamique du Front de gauche.

Nous allons continuer de cultiver ce que nous avons semé pendant la campagne des présidentielles. Nous développons une force neuve, autonome, clairement à gauche, radicalement et solidement arrimée sur une politique plaçant l’Humain d’abord.

A toutes celles et ceux qui sont tentées par l’aventure, qui ont conscience de cette nécessaire révolution citoyenne : nous donnons un premier rendez-vous le 4 juillet au Parc des Sévines pour un pique nique joyeux, festif et politique.

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