Présidentielles 2012

Pourquoi je ne participerai pas à la primaire socialiste

La première raison, un peu primaire, je l’admets, c’est que je ne suis pas socialiste. Je ne vois pas pourquoi je choisirai un candidat pour lequel je ne voterai pas au premier tour.

La deuxième, c’est que je combat cette cinquième république, je suis contre l’élection du président au suffrage universel, ce système qui privilégie le combat entre les personnes et non sur les idées, ce système qui pousse a effacer la diversité, la complexité du débat, la pensée tout simplement. Ainsi, il faudrait voter pour celui ou celle qui a des chances de gagner ? Mais quid du débat d’idées, du conflit sur les analyses et les propositions pour changer de société ? C’est pourtant cela l’essentiel. Par exemple sur cette question de la règle d’or voulue par Sarkozy, reprise par des socialistes, je ne veux pas arbitrer si elle doit s’appliquer maintenant, dans un an ou dans trois ans. Je n’en veux pas et je veux pouvoir le dire avec mon bulletin de vote.

Je veux pouvoir affirmer avec un bulletin Front de gauche que je veux une vraie politique de gauche, je veux que l’on affiche une très grande dignité à l’égard du peuple, je veux affirmer une volonté d’une autre manière de faire de la politique, plus citoyenne, plus démocratie, plus sociale.

Je suis d’accord avec ce qu’écrit Rémi Lefebvre, professeur de sciences politiques, dans son livre : « Les primaires socialistes, la fin du parti militant ».
La primaire instaure « au sommet du PS une forme d’individualisme concurrentiel qui est bien dans l’air du temps libéral ». Elle « dépossède les adhérents de leur pouvoir de désignation et expose fortement la sélection des candidats aux « verdicts » de l’opinion publique ». « Non seulement cette procédure ne supprime pas les « logiques d’appareil », mais elle permet de faire l’impasse sur les faiblesses sociologiques, idéologiques et organisationnelles du PS ». En définitive, c’est une « mauvaise réponse à un réel enjeu : l’affaiblissement de la légitimité et de l’ancrage social des partis en général et du Parti socialiste en particulier ».

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