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Immigration/Droits de l’enfant: le « geste symbolique » d’un directeur d’école

Immigration/Droits de l’enfant: le « geste symbolique » d’un directeur d’école

NANTERRE, 20 novembre 2009 (AFP) – Le directeur d’une école primaire d’Asnières (Hauts-de-Seine) a déclaré vendredi avoir signalé aux autorités et aux services sociaux le cas d’une de ses élèves de 10 ans, dont le père, un Marocain sans-papiers, a été expulsé, et dont la mère risque le même sort.

« En tant que directeur d’école je constate qu’une enfant est en danger. Je suis dans mon droit en signalant cette situation de violence. Pour moi, le préfet des Hauts-de-Seine est responsable », a déclaré à l’AFP Alain Luboz, directeur de l’école Mauriceau à Asnières-sur-Seine, qui qualifie son geste de « symbolique mais déterminé ».
La Préfecture a réagi vendredi soir, par un communiqué, rappelant la situation irrégulière du couple: « Il a été proposé à Mme Haddaoui de rentrer au Maroc avec ses enfants en bénéficiant de l’aide au retour.
Elle a choisi de rester irrégulièrement en France en 2007″. « Depuis cette date, elle est régulièrement informée qu’elle ne peut pas être régularisée et qu’elle a vocation à rentrer au Maroc où elle a des attaches familiales et où réside son mari », continue le communiqué.
Le directeur affirme avoir transmis son signalement à l’Aide sociale à l’enfance (ASE), qui dépend du conseil général, ainsi qu’au parquet de Nanterre et à l’Inspection académique des Hauts-de-Seine, à l’occasion du 20e anniversaire de la Convention internationale des droits de l’enfant célébré vendredi.
Le dossier concerne une famille marocaine, dont le père en situation irrégulière, Mohammed Haddaoui, avait été reconduit au Maroc en novembre 2007, malgré un élan de solidarité auquel s’étaient associés le député-maire UMP de l’époque, Manuel Aeschlimann, et son opposant d’alors Sébastien Pietrasanta (PS), devenu maire d’Asnières.
Depuis, le comité de soutien de la famille, dont fait partie le directeur de l’école, a tenté en vain d’obtenir la régularisation de la mère, restée en France avec ses trois enfants. Agés de 3, 10 et 14
ans, ils sont scolarisés en maternelle, primaire et collège.
« La préfecture a récemment notifié un refus à Mme Haddaoui, assorti d’une obligation de quitter le territoire français » (OQTF), a déclaré le directeur de l’école.
Contacté par l’AFP, l’Inspecteur d’académie des Hauts-de-Seine, Edouard Rosselet, a dit ignorer l’initiative.

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