communistes unitaires

Mars 2007 – Contribution Frédéric Genevée

Communistes Unitaires

 

Rencontre nationale du 24 mars 2007

 

 

Contribution

 

Je suis partisan depuis le début de la création d’une association des communistes unitaires.

 

 

Communisme

 

 

Parce que je pense que le communisme demeure une nécessité historique au regard de l’état de la planète, barbarie ou communisme telle est la question qui se pose aujourd’hui avec plus de force encore qu’à l’époque de Marx.

 


 

Après les expériences du Xxe siècle, qu’il faille interroger le “ communisme ” et ne pas considérer que la référence au mot et  aux diverses traditions communistes soient des préalables me paraît une évidence. Dans le même temps comme ce débat est essentiel et pour s’obliger à le conduire il me paraît nécessaire que notre association s’inscrive explicitement dans cette référence. Cela veut-il dire qu’à terme nous conservions la référence, je n’en sais rien mais on ne peut pas l’abandonner comme disait Althusser comme on abandonne son chien.

 

Association

 

Conduire ce débat et ce travail de fond ne peut se faire en vase clos, nous avons donc besoin de nous organiser et être une source d’initiatives politiques et stratégiques. Pour éviter au nom du fonctionnement en réseau la confiscation par certains d’entre nous de la parole publique et de la représentation, il est nécessaire que les principes des prises de position soient les plus explicites et transparents possibles et au maximum prises au consensus. Si nous avons des divergences entre nous sur la nature de la référence au communisme ou sur la situation politique, il est nécessaire que ces diverses sensibilités soient associées à la co-construction. Les divergences sont une richesse et pas des obstacles, elles doivent donc être explicitées et reconnues comme telles. Enfin, notre expérience commune peut nous armer pour construire un lieu serein de débat – j’ai comme le sentiment que dans la situation actuelle c’est déjà beaucoup.

 

Unitaires

 

Je ne reviens pas sur l’idée essentielle que le communisme ne peut pas se penser en dehors des autres composantes du rassemblement antilibéral, il ne peut donc qu’être unitaire. Nous n’avons pas par exemple le monopole de la pensée globale, il n’est qu’à penser aux écologistes, aux altermondialistes…Nous avons donc à apprendre d’eux mais aussi à apporter
Source d’initiatives politiques et stratégiques, ai-je écrit plus haut. L’échec de décembre semble conduire à la division et aux affrontements. Nous devons donc avoir les gestes de permettre le maintien de l’unité, entre nous et entre toutes les composantes (a ce propos la signature par Zarka des deux textes me parait judicieux). Nous avons fait le nécessaire à différentes échelles pour que tous les candidats antilibéraux puissent disposer des parrainages nécessaires. C’est beaucoup dans la situation actuelle et il ne faudrait pas l’oublier.
J’en profite pour dire un mot sur les candidatures antilibérales et la situation politique: Elles sont toutes légitimes et incarnent chacun un pan du rassemblement antilibéral. Evidemment la logique de la Ve république et de la concurrence électorale vont conduire à des tensions. Nous devons permettre qu’elles ne se révèlent pas irrémédiables sinon il sera inutile pour quiconque de parler d’unité. L’unité ne se fait qu’entre ceux qui ne sont pas d’accord sinon cela s’appelle la fusion… A propos de la candidature de Bové, elle  peut apparaître à juste raison comme celle qui permet le rassemblement des sensibilités les plus diverses, qui permet aussi que les directions de la LCR et du PCF ne soient pas en quelque sorte exemptes de leurs responsabilités et libres d’en appeler au rassemblement unitaire … derrière elles notamment aux législatives. Elle a donc en ce sens une utilité particulière.  Mais cette utilité particulière doit à mon sens ne pas conduire à penser que le rassemblement électoral qui va s’effectuer sur le nom de Bové délimite le terrain du rassemblement antilibéral et conduire à une théorisation “ antipartisannes ” . Je continue de penser malgré tout que les partis politiques n’ont pas épuisé leur fonction historique, que les actuelles organisations qui se réclament de l’antilibéralisme sont effectivement antilibérales et qu’on ne peut pas les passer par pertes et profits et que par ailleurs les défauts des partis peuvent se retrouver aussi chez ceux qui les critiquent ou qui considèrent qu’ils ont trahi.
Enfin, nous risquons de nous retrouver après les élections dans une situation pré-fasciste et qu’il y aura besoin de tout le monde…

 

Sur les refondateurs

 

Tout ce que j’ai écrit plus haut ne  me situe donc pas sur le terrain de la transformation du PCF qui ne peut être l’objet de notre association mais sur celui de la transformation de la société. Il reste que certains faisant reproche d’une approche trop interne dans les débuts des communistes unitaires abordent le bilan des refondateurs en parlant d’échec.

 

 Je ne partage pas l’avis d’un échec. Des arguments ont été avancés à propos de l’échec politique de Marx, de 1848, de la Commune de Paris, de Rosa Luxemburg… On pourrait les multiplier. Ces échecs ont été dialectiquement source d’avancées théoriques et historiques sans commune mesure avec les échec conjoncturels. L’objectif des refondateurs était de refonder le communisme, adhérents du PCF, ils ont considéré que l’essentiel était la refondation du PCF qui occupait l’essentiel du champ du communisme. Ont-ils échoué sur ce dernier terrain ? : Non et oui. Non car le PCF d’aujourd’hui n’est plus celui des années 80, oui car le PCF vient de rater pour des raisons de fond politique et culturelle la fenêtre historique de décembre qui lui aurait permis de se refonder vraiment.
Mais cela n’est pas l’essentiel car au regard de la réflexion sur le communisme, ils sont à l’origine des travaux les plus novateurs (Sève, Martelli, Zarka, Bertho…) sur ce que doit être un projet de transformation de la société, travaux qui portent bien au-delà du seul PCF, du communisme et intéressent l’ensemble des forces transformatrices.

 

Au niveau politique, ils sont aussi à l’origine de la notion de ce que l’on appelait avant “ le pôle de radicalité ”, aujourd’hui on appelle cela le rassemblement antilibéral. Que cette idée ait pris une telle ampleur et soit la question politique d’aujourd’hui n’est pas véritablement un échec même si nous avons échoué conjoncturellement en décembre.

 

Une proposition

 

Pour être cohérent avec mes propos sur le communisme, peut-être pourrions nous décider à l’automne d’une initiative d’ordre théorique  – type colloque – qui amorcerait d’une part un bilan du communisme historique et de ses diverses tentatives de réforme et de transformation– du trotskysme aux refondateurs – et qui d’autre part contribuerait à l’émergence d’une nouvelle cohérence politique sans prédeterminer l’aboutissement de cette réflexion. Une fois encore pas entre nous mais avec les contributions d’autres composantes de la gauche alternative et pour le second aspect en lien avec l’actualité politique.

 

 

Frédéric GENEVEE

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