Des contributions à la réflexion

Compte-rendu de la réunion du Collectif National Unitaire du 30 janvier 2007

Présent-e-s  : Léonce Aguirre (LCR unitaire), Christophe Aguiton,  Eric Coquerel (Mars), Patrice Cohen- Seat (PCF),  Claude Debons, Brigitte Dionnet (PCF), Alain Faradji (LCR unitaire), Jean François Gau (PCF), Elisabeth Gauthier (PCF), Jean Luc Gonneau ( Cactus/ la gauche), Pierre Mascomere (Gauche Républicaine), Alain Montaufray (LCR unitaire), Christian Picquet (LCR unitaire), Jean Sylvestre (site), Chloé Barbier (étudiante socio)

Excusé : Marc Mangenot

Cette réunion du Collectif national unitaire s’est tenue conformément à ce qui avait été décidé lors de sa précédente réunion du 16 janvier. Toutes les composantes et personnalités du CNU n’y ont pas participé. Les présent-e-s ont décidé de porter à la connaissance de l’ensemble des membres du CNUI le compte-rendu de cette réunion car il leur semble nécessaire, au-delà de l’échec que représente la dispersion des candidat-e-s partie prenante de la campagne du non de gauche au traité constitutionnel à la présidentielle, de discuter des possibilités de (re)constituer un cadre commun des forces antilibérales, sans préjuger de la forme qu’il prendra. L’objectif reste la construction d’une alternative à la droite et au social-libéralisme lors des prochaines échéances politiques, comme dans le cadre des nécessaires mobilisations sociales pour s’opposer aux politiques libérales quel que soit le gouvernement qui les met en œuvre.


 

Le rassemblement antilibéral – un objectif durable, poursuivre malgré les obstacles

  • L’accord se fait rapidement sur l’idée que l’échec quant à la candidature à la présidentielle ne signifie pas renoncer à la construction du rassemblement antilibéral.
  • La délégation du PCF tient à rappeler en début de réunion que son objectif de rassemblement de la gauche antilibérale est durable, décidé par des congrès, que toute son action en sera imprégnée quelles que soient les difficultés rencontrées. Il serait souhaitable, après l’échec d’une candidature unitaire à la présidentielle, de réunir les conditions pour présenter et faire élire un maximum de députés antilibéraux. Contrairement à ce qui peut être dit ou écrit, le PCF n’entend pas déroger de ce qui est dit dans les textes communs (10 mai, 10 septembre, 125 propositions). Il est disponible à participer aux cadres utiles pour travailler au rassemblement, sur la base des textes produits dans le cadre unitaire.
  • Le MARS, en soulignant les enjeux de la période actuelle – relance du TCE (réunion de Madrid, présidence de Merkel, ambiguïtés des principaux candidats), précision des enjeux de cette élection – considère que tous les éléments qui ont été à l’origine de l’appel du 10 mai sont toujours bien en place et que la stratégie reste parfaitement valable avec l’objectif non pas de témoigner mais de gagner une majorité antilibérale à gauche à même de renverser la donne par rapport au social-libéralisme. Ce qui suppose toujours le rassemblement de la gauche antilibérale. Mais on ne peut faire comme si rien ne s’était passé : nous avons échoué pour les Présidentielles et de la manière que l’on sait, il n’y aura pas de candidat qui puisse se réclamer du mouvement des collectifs.  Malgré les désaccords et les ruptures, les adversaires ne sont pas entre les sensibilités de la gauche antilibérale. A l’image des très nombreux collectifs locaux qui ont décidé de ne pas s’engager en tant que tel pour l’un des candidats, le MARS considère qu’ faut renouer les fils de l’unité et  redéfinir un cadre unitaire  pour les législatives, ainsi que le rassemblement durable en organisant des assises à la rentrée, en ouvrant y compris aux mouvements qui sont partis (PRS) ou ceux qui n’ont pas été de l’appel du 10 mai (majo LCR). Toutes ces composantes caractérisent aujourd’hui la campagne de Ségolène Royal comme social libérale ce qui peut donc être constaté ensemble.
  • La LCR unitaire insiste également sur la nécessité de poursuivre la rassemblement, en se donnant un lieu où seraient associés le PCF, la LCR, d’autant qu’après la séquence de la présidentielle et des législatives, toutes les questions du rassemblement seront posées, à toutes les composantes antilibérales. Les législatives pourraient déjà permettre d’avancer (Christian Picquet).
  • Claude Debons fait remarquer que les orientations de la campagne de Royal font grandir les contradictions au sein du PS, au sein de toute la gauche ce qui constitue un énorme défi pour le rassemblement antilibéral qui ne peut être relevé que par une perspective unitaire large et non des réponses éclatées de la gauche antilibérale.

 

Législatives

  • Il y accord pour dire que notre préférence va vers la recherche de candidatures communes dans les collectifs, avec une modulation nationale, afin d’obtenir le plus grand nombre de députés à l’assemblée nationale. Pour le PCF, l’accord politique conditionnant de telles candidatures peut être recherché selon cette méthode qui avait été décidée dans le cadre du travail du CNU d’une construction commune entre les collectifs et les organisations politiques, avec harmonisation au plan national. Si cela ne s’avérait pas possible, certains proposent comme solution ‘minimaliste’ de rechercher une répartition (entre forces politiques antilibérales) par circonscription.
  • Une volonté d’écrire la suite ensemble, à commencer par les législatives, fait rapidement consensus dans la réunion. Ce qui suppose la relance du travail commun sous des formes appropriées.
  • L’échec concernant la candidature à la présidentielle doit faire l’objet d’une réflexion approfondie, hors polémique, non pas tant en termes de ‘recherche de responsabilités’ mais de ‘recherche des causes’.

 

Appel aux collectifs : ne vous divisez pas !

  • La situation des collectifs est très contrastée. Les chiffres concernant la fréquentation du site internet (Jean Sylvestre) montre le maintien d’un haut niveau d’engagement, de volonté de participation au processus, les collectifs les plus récents s’avérant les plus menacés de division/disparition. La lecture des PV (JL Gonneau) montre 4 cas de figure, en gros : des cas de séparation, des collectifs qui s’engagent unanimement pour un des candidats, des collectifs qui s’engagent majoritairement pour un des candidats en perdant un certain nombre de militants en désaccord avec ce choix, des collectifs qui décident de ne pas s’engager en tant que tel pour un-e candidat-e, mais de poursuivre le travail commun (contenus, parfois législatives, mobilisations….). Jean Luc Gonneau propose de lancer un appel à tous les collectifs unitaires de continuer leur travail unitaire, de ne pas se diviser ! De mener ensemble un travail sur les contenus, les mobilisations nécessaires, sur tout ce qu’ils peuvent décider de faire en commun. De chercher à faire émerger localement des candidatures communes aux législatives.

 

Cadre unitaire

  • La réunion nationale à Montreuil les 20/21 janvier a comme légitimité celle des présents (représentant des cas très divers : un certain nombre de collectifs majoritairement, des minoritaires dans d’autres collectifs, des participants non validés par des collectifs, certaines forces politiques….), mais pas celle de l’ensemble « des collectifs ». Dans la mesure où cette rencontre n’a pas été convoquée par le CNU, rappelle JL Gonneau,  de nombreux collectifs n’ont pas souhaité y participer.  Elle a été largement perçue – et utilisée par une partie des organisateurs et des représentants de collectifs comme rampe de lancement de la candidature de José Bové. Elle est en tout cas représentative d’une partie du mouvement, mais pas de la totalité du mouvement. Plusieurs intervenants précisent que la coordination issue du 20/21 janvier aura à préciser son rôle lors de sa prochaine réunion le 3 février, notamment par rapport à la campagne de José Bové qui, comme Marie George Buffet, ne saurait se réclamer ‘des collectifs unitaires’. Après une longue discussion à ce sujet se dégage l’opinion que cette coordination ne pourra pas constituer (ou risque de ne pas pouvoir le constituer, pensent certains) le cadre unitaire, reconnu par tous les collectifs issus de l’appel du 10 mai, dont nous avons besoin pour poursuivre l’effort de rassemblement le plus large, le plus inclusif possible. Le Mars et LCR unitaire rappellent cependant que s’il est possible d’émettre des critiques plus ou moins fortes sur le déroulement et les conclusions de la réunion de Montreuil, cette réunion nationale – proposée à l’origine à toutes les sensibilités du collectif national unitaire – est le fruit de l’échec et de la rupture de la réunion de St Ouen. Pour la LCR unitaire (Aguirre), si la candidature de José Bové ne peut être considérée comme plus légitime du point de vue des collectifs que d’autres, sa responsabilité dans la division du « camp » de la gauche du non ne saurait être mise sur le même plan que celles, déterminantes, des directions de la LCR et du PCF.
  • Le CNU créé en mai 2006 ne peut pas non plus poursuivre son action dans une simple continuité en raison de l’échec d’un des ces objectifs majeurs : faire émerger une candidature commune à la présidentielle. Il faudra tenir compte des éléments de continuité, et de discontinuité. Il doit être vérifié, en s’adressant à toutes les composantes engagées à un moment du processus, s’il est possible, comme le souhaitent les participant-es, de constituer, sur la base d’un nouveau texte un cadre renouvelé concernant l’ensemble des collectifs. Si possible dans la configuration issue de l’appel du 10 mai et sur la base de l’orientation du texte du 10 septembre. Plusieurs intervenants proposent d’y intégrer la LCR, si elle le souhaite. Il est souligné que cette initiative ne peut en rien anticiper ce qui pourrait faire l’objet de futures Assises proposées par certains.
  • Il y a débat sur la composition, le mode de travail de ce cadre. Accord sur un certain nombre de caractéristiques : ne pas constituer une direction du mouvement, mais un cadre de travail, un facilitateur, l’outil d’une  construction politique en bas et à l’échelle nationale ; pas de rapport de dirigé/dirigeant entre cadre national et collectifs locaux ; rassembler forces structurées, personnalités sans devenir une usine à gaz qui appelle à nouveau des cadres plus restreints (type secrétariat) pour pouvoir réellement coordonner …. ; travailler à l’élaboration d’accords politiques par la recherche de ce qui fait consensus, ce qui reste le seul moyen de construire ; concevoir le travail au consensus par étapes : propositions du collectif national à élaborer au consensus tout en constatant les désaccords – vérification si large accord dans les collectifs locaux – prise de décision. La discussion s’engage sur la participation de collectifs locaux au cadre national. La recherche doit continuer pour trouver un modèle qui permette une participation active de représentants de collectifs locaux, sans que la désignation de ‘représentants’ au niveau local, voire départemental ou régional, nous engage dans une voie de structuration des collectifs en tant qu’organisation. Il s’agit de répondre aux besoins des collectifs locaux de participer, de maîtriser le processus (Claude Debons, Eric Coquerel). La recherche doit aussi porter sur les difficultés rencontrées dans la coopération entre partis politiques et militants de mouvements sociaux, politiques, de collectifs (Christophe Aguiton, Christian Picquet).

 

Décisions concrètes

 

  • Large circulation de ce compte rendu
  • Rédaction d’un texte en vue de la relance d’un cadre national
    • Il reprendra les termes de nos textes antérieurs, en actualisant.
    • Il appellera à travailler à des candidatures unitaires aux législatives (en reprenant les termes du texte déjà existant élaboré dans le cadre du CNU)
    • Il proposera un cadre de travail national unitaire, en faisant appel à toutes les forces disponibles de l’intégrer (dont PRS, la LCR, les absents de cette réunion : Alternatifs, AlterEkolo, Objecteurs de croissance, CCAG, personnalités)
  • Site : Il est un élément de la continuité du processus. Il sera tenu compte de la volonté unitaire fortement affirmée lors de cette réunion. L’espace commun ne prendra pas position pour une des candidatures à la présidentielle, dans la mesure où aucun candidat ne pourra se réclamer « des collectifs » et sera retravaillé en fonction des décisions de la soirée, avec mise en valeur de ce qui est commun. Les espaces des collectifs seront à leur disposition, et sous leur entière responsabilité. L’équipe de rédaction restreinte dans un premier temps à 4 personnes (et pouvant de nouveau s’élargir par la suite)  fonctionnera de façon plus pluraliste.
  • Prochaine réunion le 13 février, 18h, Fabien. Toutes les composantes seront invitées.

 

CR rédigé par Elisabeth Gauthier et validé par les présents.

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