Culture

10/11/06 création contemporaine sur l’ile Seguin

Rapport N° : 06 371 – Création de l’association de préfiguration du centre européen de création contemporaine de l’île Seguin. – Intervention de Patrice LECLERC

Monsieur le Président Sarkozy, Mes chers collègues,

Avec le tout nouveau projet de Garenne Colombes, avec celui de Bernard Arnault de créer aux alentours du Bois de Boulogne une fondation d’art contemporain et de design et ce projet de création sur l’île Seguin, c’est tout un ensemble de projets culturels d’envergures qui s’installe dans notre département ou à ses alentours proches, s’ajoutant à l’existant.

Notre groupe, Monsieur le Président est très attaché à l’émergence de lieux culturels, d’initiatives et de manifestations qui viennent soutenir, valoriser et développer les différents modes d’expressions culturelles et artistiques.

Avec ces projets, nous nous interrogeons. S’agit-il de projets servant de vitrine pour notre département, de signe en direction des secteurs immobiliers sur ce qu’offre notre territoire en direction des catégories sociales les plus aisées. Ou, s’agit-il de projet servant une politique culturelle départementale ambitieuse, engageant une collaboration avec la région Ile de France et le ministère de la Culture, pour proposer aux Alto Séquanais à la fois des lieux, mais aussi des actions de médiation culturelle.

S’agit-il de projet exprimant une volonté politique d’implantation de lieux de création et d’exposition pour développer des actions concrètes favorisant le plus large accès de tous et de toutes à ces lieux ?

La stagnation des salaires, l’accroissement du coût de la vie, la précarisation du travail et des revenus sont autant de facteurs qui limitent l’accès d’une partie de la population à la culture. Comment dés lors envisager que notre département accueille deux nouveaux lieux d’exposition d’art contemporain sans que nous nous interrogions sur les initiatives à prendre pour que tous les habitants puissent les visiter ? Je dirais " en profiter ".

Nous savons qu’il n’y a pas que les problèmes financiers qui sont posés pour un large accès. Il y a besoin de médiation culturelle pour dépasser sans le nier le "j’aime, j’aime pas". Médiation pour aider à comprendre, apporter des clés de lecture sur telle ou telle œuvre, telle ou telle pratique artistique. Médiation pour tout simplement donner envie de connaître, d’aller voir, inviter à une pratique culturelle.

Cela passe par l’élaboration, avec les artistes, les publics concernés, les élus locaux d’une médiation-cuturelle pour faire de ces lieux bien plus que des salles exposant des œuvres. Il s’agit d’aider chacun à s’approprier ces espaces pour dépasser la notion de visiteur et aller vers celle d’acteur. A travers cette démarche tout à la fois innovante et nécessaire, notre département développerait un échange permanent, un dialogue ouvert entre les exposants, les institutions, les citoyens et les écoles, lycées, collèges et universités qui sont des vecteurs importants dans la découverte culturelle.

Nous voterons bien entendu pour ce rapport et aimerions connaître les projets que vous envisagez certainement en terme de médiation culturelle autour de ce projet.

Enfin, nous profitons de cette délibération pour souligner le fait que dans notre département, il y a aussi matière à réflexion et concrétisation autour d’art que l’on qualifie d’Urbain. Il existe des initiatives départementales, des réseaux, certainement aurions nous à gagner à les développer, pour favoriser l’émergence de talents nouveaux pour lequel nombre de jeunes Alto Séquanais sont sensibles.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *