Des contributions à la réflexion

PCF: Racisme, antisémitisme, discrimination :

il est urgent de se mobiliser

Le racisme et l’antisémitisme connaissent dans notre pays une recrudescence dangereuse et inquiétante.

L’un et l’autre ne sont pas des réalités nouvelles. Ils marquent en profondeur l’histoire et la société françaises.

Parce qu’ils en appellent aux sentiments les plus sombres, qui déshonorent ceux qui les éprouvent, parce qu’ils interdisent la solidarité, la fraternité, le rassemblement pour toutes les causes humaines, la lutte pour les combattre est identitaire pour le mouvement populaire et toutes les forces de progrès. Les luttes anticoloniales, pour l’égale dignité de tous les êtres humains, l’exceptionnelle mobilisation populaire lors de « l’affaire Dreyfus » témoignent de la lucidité de notre peuple et font partie de l’honneur et de l’identité de notre pays.

Inversement, l’encouragement du racisme et de l’antisémitisme a toujours été utilisé par le parti de l’ordre et de la réaction antisociale comme un instrument privilégié de division à son service.

L’antisémitisme, le fantasme populiste de la « France juive », a été le ciment par lequel s’est constitué en force politique le nationalisme français. De l’affaire Dreyfus à la dénonciation obsessionnelle des « complots » « judéo-maçonniques » et « judéo-bolchéviks », il a été le fer de lance de la droite obscurantiste durant tout le 20e siècle et a connu son paroxysme avec la Shoah organisée conjointement par l’occupant nazi et l’Etat français dirigé par cette droite. Il demeure aujourd’hui ancré dans l’extrême droite, notamment sous sa version « révisionniste », comme en témoignent les déclarations périodiques de Le Pen.

Le racisme, théorisé en France dès le milieu du 19e siècle avec la classification en « trois races » et le dogme de la « supériorité de la race blanche sur les races noire et jaune » a produit l’insupportable représentation d’une hiérarchisation des êtres humains selon leur « race », et « justifié » des décennies durant les atrocités de la traite des Noirs et le colonialisme français. Il a profondément imprégné la conscience nationale.

Aujourd’hui, la profanation de synagogues et de mosquées, de cimetières juifs et de carrés musulmans par des militants et sympathisants de l’extrême droite forment la face visible d’un dangereux iceberg : notre pays connaît depuis des années une montée et surtout une banalisation du racisme et de l’antisémitisme, un essor exceptionnel des idées et des votes populistes et néofacistes contre lesquels la société semble impuissante. Des milliers de personnes sont quotidiennement en butte à des discriminations intolérables, avec l’amer constat d’une société qui ignore, banalise leurs souffrances. Plus grave, il est rituel de leur rejeter la responsabilité, d’en faire des coupables là où, ils, elles, sont victimes de l’injustifiable.

La loi de juillet 1990, dite « loi Gayssot », fut votée pour renforcer le dispositif contre le racisme après la sortie d’une « thèse » négationniste, après l’attentat meurtrier de la rue Copernic, après le meurtre du jeune Algérien Habib Grinzi, jeté par la fenêtre du train Bordeaux-Vintimille. Atteignant tout particulièrement les femmes et les hommes originaires du Maghreb et d’Afrique noire et aussi des départements et territoires français d’outre mer, les discriminations à l’emploi et au logement, les contrôles au faciès, le déni de citoyenneté, les vexations de toutes natures sont le vécu quotidien, insupportable, de toute une partie de la population. Par ailleurs, une nouvelle forme d’antisémitisme apparaît, amalgamant les femmes et les hommes de confession ou d’origine juive au comportement inacceptable du gouvernement israélien vis-à-vis des droits fondamentaux du peuple palestinien.

Les victimes d’antisémitisme, de racisme, de discriminations ont de plus en plus le sentiment que, malgré les multiples déclarations d’intention, malgré le renforcement des dispositifs répressifs, les autorités restent en deçà des réalités, qu’elles ne prennent pas la mesure des urgences. Ce sentiment aggrave la situation. Il tend à désespérer de la République, incite à chercher protection dans le repli sur soi, ou encore dans des communautarismes, et à opposer les victimes dans un face à face dangereux. Les discours populistes d’extrême droite s’en alimentent. Chose inquiétante ces dernières années, des dirigeants de droite et au-delà, de diverses tendances, s’en inspirent de plus en plus. Sur fond de dérive libérale, il s’agit d’empêcher le nécessaire rassemblement de toutes les victimes des discriminations en tous genres.

Le combat pour éradiquer l’antisémitisme, le racisme, la xénophobie, pour l’égalité, la liberté, l’égale dignité de tous les êtres humains est constitutif du communisme. Baisser la garde face à ce devoir, c’est corrompre le communisme lui-même, comme on l’a vu au temps du stalinisme. Le Parti communiste, qui a été constamment de ce combat en France au cours du 20e siècle, se sent une responsabilité particulière au moment où ce cancer de la haine et de la peur de l’autre reprend vigueur. Il est urgent de prendre conscience des souffrances subies et des risques encourus, rechercher les causes et trouver les réponses à ces phénomènes qui gangrènent notre société.

1. La France n’a pas fait sur elle-même le travail indispensable de mémoire

Depuis l’horreur du génocide des juifs par les nazis – la Shoah – la communauté internationale s’est interrogée sur elle-même, sur ses valeurs, sur les droits des peuples et des individus, sur le sens de l’élan libérateur, de la victoire sur le nazisme. Elle a concrétisé dans de nombreux textes et accords internationaux – notamment la Déclaration universelle des droits de l’Homme de 1949 – l’universalité des droits humains, la lutte contre l’antisémitisme et toutes les formes de racisme. Mais les gouvernements français qui se sont succédé n’ont pas eu le courage d’affronter l’examen nécessaire, au regard des principes affirmés, de l’histoire réelle de notre pays.

Ainsi, notre peuple ne fait qu’engager aujourd’hui un retour douloureux sur la responsabilité nationale dans la persécution et la déportation des juifs de France. Il aura fallu attendre 1995 pour que, par la bouche du président de la République, la responsabilité de l’Etat soit enfin reconnue. La crainte d’aborder cette question a conduit plus largement à tenter d’esquiver, et en tout cas à reculer le moment d’ouvrir le débat sur la Shoah elle-même. Tout aura été fait par exemple par les pouvoirs en place, pendant des décennies, pour que ne s’ouvre pas le procès du collaborateur Papon. Aujourd’hui encore, les scandaleux propos antisémites de dirigeants de l’extrême droite sont tolérés ou faiblement condamnés. L’antisémitisme, le révisionnisme se sont nourris de ces carences coupables.

C’est ainsi qu’un manque aussi grave de courage politique, de cécité, de négation a affecté la lutte contre le racisme à l’égard des Arabes et des Noirs. Le cynisme et l’instrumentalisation prévalent en la matière, renforçant incompréhensions et douleurs. Jusqu’à aujourd’hui encore, aucun gouvernement français ne s’est décidé à aborder la question de la responsabilité de la France dans les abominations de la traite des Noirs, de l’esclavage et de la colonisation. La réalité de la torture, notamment en Algérie, n’est évoquée que depuis peu ; elle n’est pas encore pleinement révélée ni condamnée. Les massacres du 8 mai 1945 en Algérie, de 1947 à Madagascar et au Sénégal, celui de centaines d’Algériens par la police française, le 17 octobre 1961, sont toujours niés.

Les pouvoirs publics portent une grande responsabilité. Faute d’avoir permis à notre peuple de regarder son histoire en face, ils ont contribué à une relativisation, puis à une banalisation du racisme et de l’antisémitisme qui jouent un rôle important dans leur actuelle recrudescence.

  1. Une politique d’immigration lâche et irresponsable

Confronté depuis plusieurs décennies à la réalité d’une immigration importante en provenance notamment des anciennes colonies françaises, les gouvernements de la République ont choisi le pire laisser-faire. Dès les années soixante, ils ont fermé les yeux sur les pratiques patronales scandaleuses, visant à organiser un moderne « marché aux esclaves » pour aller chercher directement en Afrique, parfois de force, une main-d’œuvre bon marché. Ils ont fait preuve d’une complaisance impardonnable en ne s’attaquant pas réellement aux filières de trafiquants et aux employeurs de main-d’œuvre étrangère irrégulière. Et cette incurie perdure : des fortunes continuent de se faire cyniquement sur le dos de femmes et d’hommes souvent poussés à l’exode par la misère, qui constituent autant de proies faciles et sans défense.

Ainsi, la République tolère, voire organise les conditions insupportables dans lesquelles elle accueille depuis plusieurs décennies des centaines de milliers de femmes et d’hommes originaires des pays du Maghreb et d’Afrique noire : exploitation forcenée, mépris, discriminations, déni de citoyenneté, droit de vote parfois promis sans être jamais accordé, etc.

Pis : face aux conséquences de cette politique qui multiplie sans cesse le nombre des immigrés en situation irrégulière, les pouvoirs publics ont fait le choix inadmissible de faire supporter à ces femmes et ces hommes la responsabilité de la situation. Alors qu’elles, ils apportent au développement et au rayonnement de notre pays une contribution éminente, tant sur le plan économique que culturel, ce sont elles et eux qui sont stigmatisés, pourchassés, condamnés, expulsés dans des conditions inhumaines. Victimes de la misère, obligés de se déraciner, contraints à la clandestinité, surexploités, elles, ils sont dénoncés à l’opinion comme coupables. Et, quand la situation devient ingérable, quand tant d’injustices finit par mobiliser les esprits, des régularisations partielles sont accordées sans que rien ne change sur l’essentiel.

Ainsi, depuis des années, les forces qui soutiennent le capitalisme poussent à ce que la figure de « l’immigré » soit plus que jamais celle d’un « autre » inquiétant et dangereux, attisant les craintes et les haines, et justifiant les discriminations et comportements racistes. Et de l’autre côté, les sifflets adressés à La Marseillaise au stade de France en 2001, à l’occasion du match France-Algérie, expriment la souffrance accumulée, notamment par la jeunesse issue de ces migrations, le poids des humiliations quotidiennes, la perte de repères de populations privées de leur histoire et de leur dignité, la difficulté, dans ces conditions, à se reconnaître dans la République.

  1. Les conséquences de la crise sociale

Depuis les années 70, les politiques libérales déconstruisent le pacte social républicain. Les valeurs d’égalité et de solidarité reculent dans les faits. Les inégalités explosent. « L’ascenseur social » est en panne. Un nombre croissant de femmes et d’hommes vivent dans la difficulté, et de plus en plus souvent la misère. Les « salariés pauvres » se multiplient. Pour des millions de femmes et d’hommes, pour une grande partie de la jeunesse, tout particulièrement les jeunes nés de parents immigrés, l’avenir est bouché. L’Europe se construit en dehors des peuples, comme une machine destructurante, destabilisante, sans perspectives. A l’opposé des besoins sociaux , démocratiques, à l’opposé des potentiels d’une mondialisation de partage, elle tend à aggraver les pertes de repères.

Dans cette situation de grave crise sociale, sans précédent depuis la guerre, racisme et antisémitisme apparaissent pour ce qu’ils sont : des facteurs organisés, voulus par les forces dominantes, de division entre elles des victimes des politiques de classe qui écrasent toutes les composantes, françaises et étrangères, de notre peuple.

Les forces réactionnaires poussent au chacun pour soi et à la recherche de boucs émissaires. Le racisme anti-immigré et l’antisémitisme progressent, attisés par les forces de droite extrême. Faute de solidarités républicaines suffisantes, le communautarisme se développe. Il est associé au développement de formes intégristes, et parfois fanatisées de croyances religieuses, poussant délibérément à l’affrontement avec les conceptions républicaines, souvent aux conflits intercommunautaires.

La droite aujourd’hui au pouvoir exacerbe ces tendances dangereuses par une politique de régression sociale et démocratique sans équivalent depuis 50 ans. L’idée même d’égalité est combattue à l’école, au travail, en politique, dans toute la société. Au motif d’insécurité, le gouvernement stigmatise des catégories sociales fragilisées. Dans le contexte manichéen de l’après 11 septembre, il n’a de cesse de durcir l’arsenal répressif, entretenant en permanence les amalgames entre jeunes des milieux populaires, notamment ceux issus de l’immigration, et délinquance, voire islamisme, voire terrorisme. La scandaleuse théorie dite de la « guerre des civilisations » doit être fermement combattue.

Pourtant, l’immense majorité des populations migrantes, issues de l’immigration, des populations de différentes confessions, exigent tout simplement le droit de vivre ensemble à égalité et refusent les pièges du communautarisme. Ensemble, nous pouvons, nous souhaitons nous opposer à ces politiques antisociales, à ces dérives de mise en concurrence des individus, au développement de formes intégristes et parfois fanatisées de croyances, d’où qu’elles viennent, poussant délibérément à l’affrontement, aux conflits « intercommunautaires ».

  1. Les effets du conflit israélo-palestinien et de la fracture Nord-Sud

Dans ce contexte d’affaissement des formes républicaines et nationales de solidarité, de perte de repères et de brouillage des identités, le conflit israélo-palestinien joue un rôle important dans la représentation du monde que peut se faire une partie de la jeunesse de notre pays. On assiste à un transfert des affrontements qui déchirent cette région du monde, avec une dérive communautariste et religieuse inquiétante. La double identification, à Israël ou à la Palestine, est entretenue par des forces politisées quand certains représentants du CRIF assimilent critique de la politique israélienne et antisémitisme ; quand l’intégrisme utilise le mal-vivre de trop nombreux jeunes d’origine maghrébine pour susciter la haine et la violence et désigner les juifs comme cible, puisant pour se faire dans la phraséologie antisémite de la droite extrême française.

Mais si cette transposition est possible, c’est pour des raisons très profondes qui excèdent de beaucoup les enjeux politique locaux contemporains du conflit israélo-palestinien, et renvoient à toute l’histoire du 20ème siècle. L’existence même de l’Etat d’Israël est liée aux horreurs de l’antisémitisme et de la Shoah. Pour nombre de juifs vivant en France, ou partout ailleurs dans le monde, il représente l’espoir ultime d’une protection contre le retour de telles abominations. Ainsi subjectivement liée à la défense de l’Etat d’Israël, la lutte contre l’antisémitisme sert de prétexte au soutien de la politique du gouvernement de ce pays.

De l’autre côté, ce conflit renvoie pour beaucoup d’Arabes aux conflits majeurs du monde actuel : au colonialisme et au néocolonialisme ; aux rapports entre le monde arabe et l’Occident, aujourd’hui dominés par la guerre en Irak et l’humiliation de son peuple ; plus généralement à l’injustice criante qui caractérise les rapports Nord-Sud. Une grande partie de la jeunesse issue de l’immigration maghrébine fait le lien entre les humiliations qu’elle subit dans notre pays et celle des peuples arabes acteurs de ce conflit, voire des peuples exploités partout dans le monde par les grandes puissances occidentales. Cette forme d’identification aux Palestiniens, et plus largement aux peuples du Sud, est massivement utilisée par les forces qui portent l’islamisme fanatique et cherchent ainsi des soutiens et parfois des relais à leur action.

5. Il est urgent et nécessaire de se mobiliser

Le développement du racisme et de l’antisémitisme est donc tout le contraire d’un épiphénomène conjoncturel. Il fait écho à des causes profondes, principalement liées aux politiques d’exploitation et de domination capitalistes. Il entretient et développe les divisions entre leurs victimes. Il représente aujourd’hui un danger réel et important, pouvant déboucher sur le pire : n’oublions jamais, en ce soixantième anniversaire de la libération des camps d’extermination, que c’est au nom du racisme et de l’antisémitisme qu’ont été commis les crimes les plus monstrueux contre l’humanité. Se mobiliser, les yeux grands ouverts, pour combattre les manifestations et les causes de cette gangrène est une priorité éthique et politique.

Se mobiliser, c’est mener un intransigeante bataille d’idées et de rassemblement pour dénoncer sous toutes leurs formes les racismes et l’antisémitisme. C’est combattre avec détermination tous les amalgames : entre antisionisme et antisémitisme, entre Arabes, Islam et islamisme, voire terrorisme. C’est dévoiler les véritables responsabilités politiques des difficultés que connaissent les uns et les autres, et le peuple en son entier. C’est travailler à rassembler les victimes et à développer la conscience de leur nécessaire solidarité. Le PCF propose que la lutte contre les racismes et les discriminations soit décrétée grande cause nationale. L’Europe doit être interpellée, tout doit être fait pour coordonner les efforts en ce sens.

Se mobiliser, c’est engager et poursuivre le travail de mémoire : c’est écrire et enseigner dans notre pays l’histoire du racisme, de l’antisémitisme, de la traite des Noirs et de l’esclavage, de la colonisation, des immigrations ; c’est en tous domaines reconnaître la part de responsabilité qui incombe aux politiques des gouvernements français.

Se mobiliser, c’est contribuer à faire évoluer les consciences. Il en va de la responsabilité de l’ensemble des institutions républicaines, l’école, la justice, les médias, les forces sociales et politiques organisées dans leurs actions et leurs prises de position, au quotidien.

Se mobiliser, c’est combattre l’extrême droite sans complaisance, avec rigueur et opiniâtreté, c’est exiger les moyens nécessaires pour poursuivre et réprimer les actes et violences racistes et antisémites.

Se mobiliser, c’est faire reculer l’injustice et les inégalités ; c’est combattre, dans toutes ses dimensions, la politique antisociale et antidémocratique de la droite et du patronat ; c’est agir pour contribuer à de nouvelles avancées dans la reconnaissance de la dignité de chaque citoyen, de chaque personne ; c’est faire de la lutte contre toutes les discriminations une grande cause nationale.

Se mobiliser, c’est, aux antipodes des communautarismes, des intégrismes et de l’instrumentalisation politique des religions, défendre notre conception laïque de la République, une conception qui ne vise pas seulement la tolérance, mais beaucoup plus le partage, l’échange, l’égalité, la reconnaissance des différences pour construire ensemble de l’inédit et avancer ainsi dans l’émancipation de l’humanité.

Se mobiliser, c’est combattre pour la dignité et les droits des femmes et des hommes originaires du Maghreb et d’Afrique noire ; c’est lutter pour obtenir la régularisation de tous les « sans-papiers » avec un titre de séjour de dix ans ; c’est refuser la politique insupportable de quotas que propose aujourd’hui la droite, et qui ne vise qu’à officialiser les pratiques actuelles d’importation d’une main-d’œuvre à bon marché et de pillage des pays d’origine. C’est développer avec ces pays des partenariats pour mettre fin à l’exode de la misère et assurer la liberté de circulation et la régularité du séjour des migrants ; c’est lutter contre les aspects néocoloniaux de la politique française en Afrique ; c’est affirmer le principe d’égalité des résidents français et étrangers, et donner enfin le droit de vote aux étrangers à toutes les élections (après 3 ou 10 ans de séjour, selon qu’elles sont locales ou nationales) ; c’est assurer en tous domaines l’égalité des droits civils, politiques et sociaux.

Se mobiliser, c’est contribuer à un règlement politique au Proche-Orient, et donc aider les progressistes, en Israël et en Palestine, à gagner une paix juste et durable, à « faire tomber les murs » comme le propose la campagne du Parti communiste français ; c’est faire reculer l’état de guerre pour aller vers la coexistence des peuples israélien et palestinien dans deux Etats souverains, dans une coopération régionale créant les conditions de la sécurité d’Israël ; aujourd’hui, c’est tout faire pour qu’aboutissent les efforts récents pour reprendre le chemin des négociations vers un règlement définitif de ce conflit. Toute avancée dans la résolution de ce conflit si cruel changerait, à n’en pas douter, les représentations idéologiques, y compris en France. C’est dans ce sens que doit œuvrer la France ; dans ce sens qu’elle doit pousser au sein de l’Union européenne.

Se mobiliser, c’est lutter pour un autre monde, assurant l’égalité et le codéveloppement de tous les peuples ; c’est faire reculer toutes les formes de dominations sur la planète.

La lutte contre tous les racismes, toutes les discriminations est une dimension essentielle du communisme. Notre pays honore les héros magnifiques de la MOI, immigrés, juifs, musulmans, communistes, croyants et athées, de nombreux pays de l’Europe martyrisée de cette époque. La solidarité avec les peuples en lutte pour leur dignité au delà de nos frontières, et la solidarité entre tous les exploités en France, Français ou immigrés, font partie des constantes de l’histoire du Parti communiste. Aujourd’hui comme hier, nous faisons de ce devoir de solidarité, plus nécessaire que jamais, une des données majeures de notre combat pour l’émancipation humaine.

Paris, le 25 février 2005

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