Gennevilliers

Hommage à Jacques Brunhes au conseil municipal du 1er octobre 2020

Ce matin, nous avons appris le décès de Jacques Brunhes, député maire honoraire de notre ville. Nous avons perdu un camarade, un ami très cher. Le coup est rude et je vous prie de m’excuser pour mon incapacité ce soir à prononcer un bel hommage.

Un hommage public aura lieu vendredi 9 octobre à 14h30, salle polyvalente sous la mairie de Gennevilliers. Le corps sera exposé à partir de 11h, à l’entrée de la Mairie.

Jacques Bourgoin et Roland Muzeau sont dans la salle, je sais aussi que pour Yasmina mais aussi d’autres élues des équipes précédentes, je pense à Martine et Arielle, nous avons perdu un ami, une belle personne que l’on aimait et respectait beaucoup.

C’est Jacques qui m’a fait venir à Gennevilliers pour être son attaché parlementaire. Il aimait dire « je lui ai tout appris ».

Notre ville lui doit beaucoup. Son exigence du beau, du droit à la belle vie, au meilleur pour les Gennevillois a été le fil rouge de son action de Maire. C’est sous son mandat qu’ont été engagés la rénovation du Luth, avec lui qu’on s’est battu pour la couverture de l’A15, qu’a été conçu la zone d’activité des Barbanniers, la prolongation du métro et la station du RER C.

Enseignant, originaire du cantal, il n’a jamais oublié « pourquoi » et « pour qui » il était élu.

Comme maire, comme député, comme secrétaire d’État, cela a été sa ligne de conduite. « Être l’avocat du peuple », formule qu’il aimait citer de Jean Jaurès.

Avec Roland Muzeau, il formait un tandem ici et au Parlement, tandem qui a maintes fois servi les intérêts de notre ville et de la population.

Homme de conviction, communiste viscéral, attaché à son parti tout en le critiquant, il était aussi un homme de rassemblement, un homme attaché à sa liberté de penser.

Il cherchait comme élu, à se situer par-delà les clivages partisans pour être au service de chacun.

Jacques a été élu député en 1978, il a été questeur à l’Assemblée nationale de 1993 à 1994, président du groupe d’amitié France Vietnam, vice-président de la section française de l’assemblée parlementaire de la francophonie.

Il a été secrétaire d’État au tourisme de 2001 à 2002,

Conseiller régional d’ile de France de 1978 à 1985

Conseiller général des Hauts-de-Seine de 1985 à 1988,

Conseiller municipal de Gennevilliers en 1983, puis maire de 1987 à 2001.

Vous le voyez Jacques Brunhes a couvert toute la gamme des mandats de la République, sauf le Sénat, et Anicet le Pors, qui lui a remis la légion d’honneur, avait dit aussi sauf l’Élysée.

Jacques utilisait ses mandats pour défendre les gens, tout en disant « sans vous on n’est rien à la tribune de l’assemblée nationale, c’est vous qui nous donnez de la force ».

Ainsi, il a défendu les Renault, les Chaussons, les Snecma, les Général motors, les Valentine, les carbones lorraine, … Je dis « les » car ce sont les salariés de ces entreprises qu’il rencontrait et défendait.

Ses origines populaires, et sa force de travail en ont fait un élu pugnace pour une république sociale.

Jacques restera un modèle dans le dévouement au bien public, l’exigence du travail bien fait et de la rigueur intellectuelle, la capacité à faire confiance et déléguer, à passer le relais.

Je présente au nom du Conseil municipal, toutes mes condoléances à Malika, son épouse, aux enfants et petits-enfants, à sa famille, à ses amis ici présents. Nous organiserons un hommage public certainement la semaine prochaine.

Je vous propose ce soir de respecter une minute de silence en sa mémoire, à lui, qui aimait tant parler.


Gennevilliers pleure son ancien maire, Jacques Brunhes, mort à 86 ans

L’ancien élu communiste s’est éteint ce mercredi à l’âge de 86 ans. L’émotion est unanime dans une ville où il a laissé une profonde empreinte.

 Jacques Brunhes (au centre) a été député PCF pendant dix-huit ans et maire de Gennevilliers de 1987 à 2001.
Jacques Brunhes (au centre) a été député PCF pendant dix-huit ans et maire de Gennevilliers de 1987 à 2001.  LP/Guy Gios

Par Olivier BureauLe 30 septembre 2020 à 21h31 – Le Parisien 92

Une vague d’émotion s’est abattue sur Gennevilliers. La nouvelle est tombée en fin de matinée : Jacques Brunhes, maire de la ville de 1987 à 2001, est décédé des suites d’un accident vasculaire cérébral ce mercredi matin.

Jacques Brunhes a été député pendant 18 ans, de 1978 à 1986 puis de 1988 à 1993 et enfin de 2002 à 2007, date à laquelle il avait annoncé sa retraite politique. Il a aussi été conseiller régional de 1978 à 1985 avant de s’installer au conseil général de 1985 à 1988 comme conseiller général du canton de Gennevilliers nord. Il a également connu les honneurs du gouvernement en occupant pendant six mois et treize jours le poste de secrétaire d’Etat au tourisme en 2001 et 2002, pendant les derniers mois de la cohabitation Chirac-Jospin.

L’histoire de Jacques Brunhes avec la boucle nord remonte à 1962 quand celui qui était jeune professeur de lettres et d’histoire fut nommé dans un collège de Villeneuve-la-Garenne. Il ne quittera plus le secteur jusqu’à sa mort.

Il a façonné Gennevilliers

C’est Patrice Leclerc, le maire PCF de Gennevilliers, qui a annoncé son décès en milieu de journée. « C’est avec une profonde tristesse que j’ai appris le décès, ce matin, de mon ami et camarade Jacques Brunhes. Député, Maire de Gennevilliers, il fut un acteur majeur du développement de notre ville. Mes pensées vont à Malika, son épouse, à sa famille et ses ami-es », commente-il sur les réseaux sociaux.https://platform.twitter.com/embed/index.html?creatorScreenName=le_parisien&dnt=false&embedId=twitter-widget-0&frame=false&hideCard=false&hideThread=false&id=1311267190130257920&lang=fr&origin=https%3A%2F%2Fwww.leparisien.fr%2Fhauts-de-seine-92%2Fgennevilliers-pleure-son-ancien-maire-jacques-brunhes-mort-a-86-ans-30-09-2020-8394708.php&siteScreenName=le_parisien&theme=light&widgetsVersion=219d021%3A1598982042171&width=550px

Patrice Leclerc avait un lien particulier avec Jacques Brunhes. « J’habitais Rueil et c’est lui qui m’a fait venir à Gennevilliers pour être son attaché parlementaire. Il m’a appris à écrire des discours, m’a appris l’exigence, la rigueur des mots et de l’esprit », se souvient l’actuel maire.

Et c’est en partie à son mentor que les Gennevillois doivent la ville telle qu’elle est aujourd’hui. Jacques Brunhes a façonné Gennevilliers. « Il s’est battu pour le droit au beau pour les habitants des villes populaires », ajoute Patrice Leclerc. La rénovation du Luth a été lancée dans les années 1990 lors du premier mandat de l’élu disparu. Il a également initié la zone économique des Barbanniers et lutté, dixit Patrice Leclerc, « contre la spéculation sur l’ancien site Chausson », transformé depuis en écoquartier.

La rénovation du quartier du Luth a été lancée sous l’ère Brunhes. LP/O.B.
La rénovation du quartier du Luth a été lancée sous l’ère Brunhes. LP/O.B.  

Particulièrement ému, Patrice Leclerc parvient péniblement à mettre des mots sur sa relation avec son aîné : « Oui, au fil des années, il était devenu un ami ». A Gennevilliers, des habitués de la politique municipale voient même dans le maire actuel « le fils spirituel » de Jacques Brunhes. Pour Marie-Hélène Amiable, la maire communiste de Bagneux, Jacques Brunhes était « une grande personnalité des Hauts-de-Seine, quelqu’un qui comptait beaucoup dans le département et dans sa ville ».

«Nous n’étions pas du même côté de l’échiquier mais il y avait beaucoup de respect entre nous»

L’émotion n’a pas épargné ses adversaires locaux. A Gennevilliers, le PCF trouve sur son chemin depuis une quarantaine d’années les représentants de la droite, Jacqueline Marichez-Cléro et son époux. « J’ai très très bien connu Jacques Brunhes soupire la conseillère municipale d’opposition, encore sous le choc. Nous n’étions pas du même côté de l’échiquier mais il y avait beaucoup de respect et de sympathie entre nous. Aujourd’hui, nous venons de perdre un homme bien. C’est brutal… »Newsletter Hauts-de-SeineChaque matin, l’actualité de votre département vue par Le ParisienJE M’INSCRISVotre adresse mail est collectée par Le Parisien pour vous permettre de recevoir nos actualités et offres commerciales. En savoir plus

Même s’il n’était plus maire depuis près de vingt ans, Jacques Brunhes n’avait pas disparu de la circulation. Systématiquement présent aux cérémonies de vœux, il continuait à participer, tout comme Jacques Bourgoin, son successeur de 2001 à 2014, à la vie locale. En février 2019, les trois maires et ex-maires s’étaient retrouvés sur la scène du théâtre de Gennevilliers pour un débat public.

Un hommage public la semaine prochaine

Sur les réseaux sociaux, des dizaines de messages et de commentaires ont également salué sa mémoire. « Merde! Un Grand qui disparaît! qu’est-ce qu’il s’est battu pour la Ville et bien avant qu’il soit devenu maire. Beau guerrier! », écrit ainsi Bernard Cavanna, l’ancien directeur du conservatoire sur Facebook. En fin d’après-midi, plus de 130 hommages et messages de condoléances d’habitants de la commune répondaient, sur Facebook et Twitter, à l’annonce de Patrice Leclerc.

Le conseil municipal devait observer une minute de silence en mémoire de Jacques Brunhes ce mercredi soir. Un hommage public lui sera rendu la semaine prochaine lors de ses obsèques.

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Disparition. Jacques Brunhes, une vie au service du bien public

Jeudi 1 Octobre 2020Pierre Chaillan pour l’Humanité

Secrétaire d’État au Tourisme sous le gouvernement Jospin, l’ancien député et maire PCF de Gennevilliers, conseiller général des Hauts-de-Seine, est décédé à l’âge de 85 ans.

Jacques Brunhes est le fils d’un chauffeur de taxi et d’une mère sans profession, originaires du Cantal. Après une formation à l’École normale d’instituteurs d’Auteuil, il obtient un poste d’instituteur dans une école du 18e arrondissement de Paris. Adhérent au Parti communiste depuis 1953, il participe au collectif de travail sur les questions de l’école et devient secrétaire de rédaction de l’École et la nation. Au début des années 1960, il est nommé professeur de lettres-histoire-géographie dans un collège de Villeneuve-la-Garenne et rejoint le département des Hauts-de-Seine. Membre du comité de la section PCF de Gennevilliers, il entre au comité fédéral Seine-Ouest, puis au bureau fédéral. Il y devient le responsable de l’activité sur les questions laïques et en direction des enseignants.

Une détermination sans faille

Très investi dans la vie politique locale, il conduit les listes d’union aux élections municipales de Villeneuve-la-Garenne à trois reprises. Le militant communiste acquiert aussi une stature nationale puisqu’il est élu député des Hauts-de-Seine en 1978, avant d’être élu maire dans la ville voisine. En effet, élu conseiller municipal de Gennevilliers, il en deviendra maire en 1987, tout en étant conseiller général des Hauts-de-Seine depuis 1985. Réélu maire en 1989 et en 1995, il renonce à ce mandat effectif lors des élections de 2001, tout en restant conseiller municipal et maire honoraire. Comme le signale, dans sa notice du Maitron, l’historien Jacques Girault, le dirigeant départemental du PCF jusqu’à la fin des années 1990 participera au mouvement de contestation dans le PCF et signera notamment le manifeste « Refondations » (le Monde, 24 mai 1991). Ces divergences avec son organisation n’émoussent pas sa détermination à conduire ses responsabilités électives et son action politique. Le député siégera jusqu’en 2007 dans le groupe communiste, dont il assure durant une grande partie de ses mandatures la vice-présidence. Ses travaux législatifs sont aussi très importants. Il sera secrétaire de l’Assemblée, vice-président, questeur (premier communiste à l’être depuis 1947) et participera activement aux travaux de la commission des Affaires culturelles, familiales et sociales, de celle des Lois, puis de la celle de la Défense nationale. En outre, il préside le Groupe d’amitié avec le Vietnam, puis le Groupe d’amitié France-Cambodge. Ensuite, il est membre du groupe d’études sur la question du Tibet. En 2001, Jacques Brunhes est nommé secrétaire d’État au Tourisme auprès du ministre de l’Équipement, des Transports et du Logement sous le gouvernement Jospin jusqu’en 2002.

« Son regard lucide et bienveillant »

Dans un département où le bien public passe parfois après l’intérêt particulier et la probité, l’élu est resté fidèle à son engagement en faveur de la justice sociale, de la dignité humaine et de l’intérêt général. Fait chevalier de la Légion d’honneur en 2008, l’ancien ministre de la Fonction publique Anicet Le Pors est son parrain. De nombreuses réactions ont été rendues publiques à l’annonce de sa disparition. Le secrétaire national du PCF Fabien Roussel lui a rendu hommage en insistant sur son action « pour un grand service public de l’éducation nationale ». Le maire de Gennevilliers Patrice Leclerc a salué la mémoire de « l’acteur majeur du développement de notre ville ». La députée PCF des Hauts-de-Seine Elsa Faucillon a rappelé qu’il était « dans le cœur de beaucoup », tout en évoquant « son regard lucide et bienveillant (qui) va terriblement manquer ». L’Humanité présente ses condoléances à sa famille et à tous ses proches.

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