Gennevilliers

Gennevilliers repart en guerre contre le Covid-19

La municipalité remobilise les acteurs de terrain et réclame des données chiffrées aux autorités pour éviter une deuxième vague aussi meurtrière que la première dans cette ville des Hauts-de-Seine.

Un article du Parisien. Par Olivier BureauLe 16 septembre 2020 à 18h03

Ne rien lâcher. A Gennevilliers (Hauts-de-Seine), la municipalité ne compte pas attendre d’être submergée pour anticiper une deuxième vague dans la pandémie de Covid-19. La commune, qui avait payé un lourd tribut en termes de surmortalité au printemps dernier, a connu un été relativement serein, mais la ville a décidé de réactiver tous les dispositifs à portée.

Depuis début septembre, Patrice Leclerc, le maire PCF, multiplie les réunions avec les acteurs de terrain pour remobiliser les troupes. Tous les professionnels de santé (médecins, infirmiers, pharmaciens, responsables de maisons de retraite ou de foyers pour handicapés) ont été contactés. Idem avec d’autres métiers au contact de la population, comme les gardiens d’immeubles et les bailleurs.

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Parmi ces acteurs de terrain, figure Laïla Hemouch, la gérante de la pharmacie du Village. Elle a participé à une visioconférence organisée par la municipalité. « C’était normal, je trouve important de savoir ce que font les autres dans ce domaine et ce que la ville propose », commente la jeune femme. Son officine est parsemée d’affichettes invitant les clients à respecter les distances de sécurité.

Gennevilliers (Hauts-de-Seine), le 11 septembre 2020. Une dizaine d’affichettes de ce type sont disposées dans la pharmacie du Village. LP/Olivier Bureau
Gennevilliers (Hauts-de-Seine), le 11 septembre 2020. Une dizaine d’affichettes de ce type sont disposées dans la pharmacie du Village. LP/Olivier Bureau  

Elle se souvient d’avoir dû gérer le stress, la colère et la peur des clients au printemps quand il n’y avait ni masques, ni gel de disponible. « Maintenant, on en a mais le problème, ce sont désormais les dépistages. Nous avons tellement de demandes, tout le monde veut se faire tester », soupire-t-elle.

L’information, le nerf de la guerre

Laïla Hemouch a ajouté une corde à son arc : la pédagogie. « On passe beaucoup de temps à expliquer ce que c’est, à qui c’est destiné… On a aussi un gros travail pour rappeler les symptômes. En période de gastro, un mal de ventre n’est pas forcément synonyme de coronavirus. Tout cela complique notre tâche. »

Patrice Leclerc considère également que l’information est le nerf de la guerre. « Nous devons absolument améliorer la coordination dans les secteurs médicaux et paramédicaux. Dans cette optique, on va se servir du DAC 92, le dispositif d’appui à la coordination pour faire circuler l’information », indique le maire.

L’édile estime en outre que les élus locaux ont besoin d’être mieux renseignés, notamment sur les personnes testées positives et les cas contacts. C’est pourquoi il s’est fendu d’une lettre à l’agence régionale de santé (ARS), à Martin Hirsch, le patron de l’AP-HP, à la CPAM et au préfet des Hauts-de-Seine, pour réclamer davantage de « transparence sur la situation, avec la population et les élu-es locaux ».

Il se défend de réclamer un quelconque fichage ou flicage. « Nous voulons avoir chaque semaine le nombre de cas (anonymes) Covid-19 détectés positifs par quartier afin de nous permettre de prendre des mesures localisées pour prévenir la population, aider les personnes en difficulté en cas d’isolement, organiser la solidarité et les actions de prévention », argue l’élu.

Il milite enfin pour relancer et muscler le dispositif Covisan mis en place par l’ARS et l’AP-HP. A Gennevilliers, ce dernier s’appuie notamment sur le centre municipal de santé (CMS) dirigé par le Dr Guirec Loyer. C’est lui qui avait ouvert la première unité de consultation Covid du département, au printemps.

45 passages quotidiens dans l’unité Covid, comme en avril

« Nous avons en ce moment quelque 45 passages quotidiens dans l’unité Covid, comme en avril. Alors, oui, cela remonte », rapporte le médecin. Seule différence notable, l’absence, actuellement, de transfert par le Samu vers des unités spécialisées.

Gennevilliers (Hauts-de-Seine), en mai. Le Dr Guirec Loyer, directeur du centre municipal de santé, milite pour la vaccination contre la grippe. LP/Olivier Bureau
Gennevilliers (Hauts-de-Seine), en mai. Le Dr Guirec Loyer, directeur du centre municipal de santé, milite pour la vaccination contre la grippe. LP/Olivier Bureau  

« On a besoin de chiffres et de lieux pour agir, appuie Guirec Loyer. Exemple : on apprend que plusieurs cas sont détectés dans un quartier. Immédiatement, on envoie une équipe et notre service de prévention faire de la pédagogie dans le secteur en question. C’est le seul moyen d’éviter la multiplication des cas contacts. »

Les professionnels de la santé appréhendent particulièrement l’hiver. « Avec le Covid, la grippe, la gastro et les symptômes communs, ce sera panique à bord », s’inquiète Laïla Hemouch.

« Avec la cohabitation de plusieurs pathologies, l’hiver sera très compliqué, confirme Guirec Loyer. Il n’y a pas cinquante solutions pour éviter la pagaille : respecter les gestes barrières et se faire vacciner contre la grippe. Cela facilitera les prises en charge. »

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