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Pour une métropole du Grand Paris utile aux gens

Intervention de Patrice Leclerc, Président du groupe Front de gauche et citoyennes, lors du conseil Métropolitain du 20 juillet 2020

Monsieur le Président, cher-es collègues,

Évidemment, la répartition des vices-présidences, dans une situation de gestion partagée, est source de tension. Surtout après, la première séance avec la recherche par tous nos groupes politiques de la présidence la plus consensuelle possible.

Ainsi, une candidature LR nous avait proposé 8 vices-présidences, la candidature UDI était d’accord pour 3, la nouvelle candidature LR était OK sur 3 aussi, et le groupe Front de Gauche et citoyens en aura 2. C’est le résultat de la règle à calcul et de quelques négociations pour l’UDI car notre groupe est le troisième groupe en nombre dans cette assemblée. Et si par malice je retirai Paris, que nous serions le 2e groupe.

Une partie de notre groupe votera contre la proposition d’exécutif pour marquer son désaccord avec la diminution du nombre de vice-président communiste.

Je souhaiterai d’ailleurs, que pour cette règle à calcul fonctionne bien, que l’administration métropolitaine demande bien à chaque conseiller-e métropolitain-e à quel groupe il ou elle souhaite être rattachée. Et le publie pour notre prochain conseil.

Vous l’aurez compris à la position de notre groupe à la première séance, le groupe Front de gauche et citoyens ne court pas après les positions, même si avoir plus de position c’est mieux.  Nous avons aussi acté que la majorité de cette assemblée était LR. Cela ne nous arrange pas, mais nous respectons ce résultat des élections, c’est pourquoi nous avons soutenu la candidature du LR Patrick Ollier, dans le cadre d’une gestion partagée. Nous le faisons sans illusion sur la politique qui dominera ici : le libéralisme.

Mais nous le faisons aussi, à partir de l’expérience du mandat précédent, à partir des engagements pris :

  • Nous sommes une métropole des maires, des communes, gouvernée comme une coopérative de ville et nous y tenons.
  • Rien ne se fait dans une ville sans l’accord de son conseil municipal
  • Pour cela nous gérons au maximum au consensus et non dans le cadre d’une majorité qui impose à une opposition. Ici, il n’y a donc pas des oppositions, mais des débats vifs.

Nous le faisons surtout avec la volonté de faire bouger la métropole avec vous toutes et tous pour qu’elle soit socialement et écologiquement utile aux habitantes et habitants de nos villes.

Nous connaissons nos différences politiques, tout ce qui nous oppose. Nous pensons aussi possible de décider ensemble quelques avancées utiles aux gens. Nous l’avons vu en fin de mandat avec la prise en compte des difficultés des populations pour l’attribution de subvention de la métropole, prise en compte trop timide, mais c’est un bon pas. Nous l’avons vu aussi dans le travail sur le PMHH, chacune et chacun d’entre nous prenant conscience que si nous sommes fondamentalement en désaccord sur le logement social, il faut que chaque ville fasse un effort en termes de logement d’urgence. Cela a des limites, cela est limité, mais sous la grêle des difficultés rencontrées par les gens, fou serait celui qui ferait le délicat ! Désolé, je deviens réformiste.

Il peut y avoir une intelligence collective dans cette assemblée qui nous conduise à faire que la métropole soit en phase avec la réalité, en phase avec la France normale, en phase avec les enjeux de notre temps. Au moins timidement !

C’est vrai sur l’exigence de mesures respectueuses de la nature. Ce ne sont pas les gens des quartiers populaires de banlieue ou de Paris qui polluent le plus, qui ont le plus grand impact carbone. Ce sont ceux qui ont le plus de ressources, avec parmi eux celles et ceux qui ont fui Paris et la Métropole pendant le confinement. Qu’allons-nous faire, qu’allons-nous inventer ensemble pour que celles et ceux qui subissent le plus la pollution, car souvent habitant près des autoroutes qui amènent les touristes à Paris, celles et ceux qui ont le moins de transport en commun, le moins de moyens financier pour avoir un véhicule moins polluant, qui ont les logements les plus énergétivores, qu’allons-nous faire pour avoir enfin une écologie populaire indispensable pour la planète, indispensable pour le bien vivre ?

C’est vrai sur l’exigence de mesures respectueuses des êtres humains. 60% des cadres de la métropole veulent partir après avoir obtenu leur promotion sociale, parce qu’ici la vie est trop stressante, trop anonyme, trop individualiste, trop rapide, trop violente. Essayons ensemble d’accompagner cette invitation à ralentir la vie, ralentir la ville. Aidons les slows food, slow city, à se développer, retrouvons le rythme des saisons avec l’agriculture urbaine populaire. Nous souhaitons participer à inventer un « nouvel art de vivre populaire en ville ».

La crise du COVID, qui n’est malheureusement pas finie, devrait amener notre assemblée à réfléchir et travailler pour donner le plus à ceux qui ont le moins, à avoir une métropole solidaire.

Où habitent celles et ceux qui ont mis en danger leur vie pour défendre la nôtre, en ramassant nos ordures, en soignant nos parents, en soignant nos amis malades, en continuant à livrer notre nourriture, à tenir les caisses des magasins, à assurer notre sécurité comme pompier ou policiers, en assurant la désinfection des lieux toujours fréquenté, en conduisant les métros et les bus,… ? Ces « héros du quotidien », habitent les quartiers populaires de Paris et de la banlieue. Ils n’ont pas eu un égoïsme de classe en partant de la métropole ou en se protégeant eux pendant le confinement. Ils ont rempli la ligne 13, les RER, les bus, ils ont pris leur voiture polluante pour faire front tout en étant mal payé. Ils avaient et ont toujours le sentiment que leur quartier, leur ville sont maltraitées, qu’on leur refuse leur dignité avec des humiliations quotidienne de toutes natures.

Oui les déséquilibres sociaux se lisent aussi par le nombre de mort du COVID. Si la Seine St Denis a connu plus de mort que Paris, ce n’est pas par manque de discipline, par manque de conscience mais parce ce que les métiers de relations humaines, le ramassage des ordures, les réparations des fuites d’eau, ne se font pas en télétravail !

Cher-es collègues, le groupe front de gauche et citoyens pensent, peut-être avec une naïveté assumée, que notre assemblée, dans sa diversité, peut tirer les leçons de cette crise épidémique, peut regarder la réalité en face, et décider de mesures audacieuses pour donner le plus là où il y a le moins, peut accepter de ne pas laisser les gens dans des logements trop petits ou insalubre, peut agir pour que les femmes maltraitées, torturées trouvent un logement très rapidement pour sauver leur vie car nous agirions ensemble contre la crise du logement social.

Voilà à quoi notre groupe souhaite être utile avec la conscience que ce ne sera pas tout ou rien, le vote des habitants ne va pas forcément dans notre sens, mais l’humanisme, le sens de l’équité, peut faire avancer les choses avec vous toutes et tous.

Nos disputes, nos controverses sur ces enjeux peuvent faire de la belle politique.

Nous prendrons acte du rapport de force politique à l’échelle métropolitaine en votant pour la proposition d’exécutif et une partie d’entre nous votera contre pour signifier leur refus de la perte d’une vice-présidence communiste.

Merci de votre attention.

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