Gennevilliers

A Gennevilliers, un centre de dépistage «drive» renforce l’arsenal contre le Covid-19

Un centre de dépistage a été installé en face du centre municipal de santé, déjà doté d’une aile dédiée au coronavirus depuis un mois. Ne sont testés que les patients envoyés par leur médecin traitant.

 Gennevilliers, le 10 avril. Nanoucha (à gauche) et Latifa, respectivement infirmière et laborantine au CMS, s’occupent du dépistage du Covid-19 sur le drive, aménagé en face de leur centre de santé.
Gennevilliers, le 10 avril. Nanoucha (à gauche) et Latifa, respectivement infirmière et laborantine au CMS, s’occupent du dépistage du Covid-19 sur le drive, aménagé en face de leur centre de santé. LP/Olivier Bureau

Par Olivier BureauLe 13 avril 2020 à 13h35, modifié le 13 avril 2020 à 17h23

http://www.leparisien.fr/hauts-de-seine-92/a-gennevilliers-un-centre-de-depistage-drive-renforce-l-arsenal-contre-le-covid-19-13-04-2020-8298756.php?fbclid=IwAR2zIOawOKM1sbfnluhI__Or86a0_wYM3sq25oJP95vkTN_eINIOOwDaROs#xtor=AD-1481423553

« Ça a été mais je ne recommencerai pas tous les jours… » Un mouchoir pressé sur le nez, Malika a retrouvé le sourire. Cette septuagénaire vient de subir un dépistage du coronavirus effectué au « drive » aménagé sur le parking en face du centre municipal de santé (CMS) de Gennevilliers. Ce centre de dépistage « à la portière » est entré en service le 2 avril.

C’est le laboratoire BioClinic, établi dans la commune voisine de Villeneuve-la-Garenne, qui a proposé à Guirec Loyer, le patron du CMS, d’installer ce dispositif en face de ses locaux. Le feu vert de ce médecin et du maire de Gennevilliers allait de soi.

« C’est un drive mais la plupart viennent à pied », plaisante Patrice Leclerc, le maire (PCF) de Gennevilliers. Un agent de sécurité masqué oriente les patients. Le cheminement bordé de barrières de police mène à un barnum.

C’est ici qu’officient Nanoucha et Latifa, respectivement infirmière et laborantine au CMS. Sur la petite table, des récipients, des étiquettes et les écouvillons qui servent au prélèvement proprement dit. Une fois blouses, surblouses, gants, masque et lunettes de protection revêtus, les deux jeunes femmes sont prêtes à passer à l’action. Chaque jour, ce sont trois à dix patients ou soignants du secteur qui se présentent, dix étant le maximum pour des raisons de moyens.

« Honnêtement, j’appréhende un peu le résultat »

On ne dépiste pas n’importe qui : tous ceux qui se présentent ont été envoyés par leur médecin traitant. « Les critères d’éligibilité sont la suspicion de coronavirus et la comorbidité. Il faut quand même présenter des symptômes du virus, précise le Dr Guirec Loyer. Quelqu’un qui a du diabète ou de l’hypertension, qui tousse, a de la fièvre et du mal à respirer sera dépisté. »

A Gennevilliers, un centre de dépistage «drive» renforce l’arsenal contre le Covid-19

Gennevilliers, le 10 avril. Désagréable mais bref : le dépistage se fait avec un écouvillon enfoncé profondément dans le nez. LP/Olivier Bureau

Ce vendredi, six personnes se sont ainsi fait introduire un écouvillon dans le nez. Un masque en tissu confectionné par sa voisine sur le nez, Malika, 72 ans, attend son tour. « J’ai un peu de fièvre et une toux qui ne veut pas s’en aller. Quand mon médecin généraliste m’a proposé le test, je n’ai pas hésité une seconde, se souvient-elle. Honnêtement, j’appréhende un peu le résultat. » « C’est bien que le CMS s’occupe de tout mais tout cela est quand même perturbant », abonde Daniel, son mari.

« Moi, je n’ai pas de fièvre ni de toux mais comme je suis asthmatique, mon médecin m’a envoyée ici. Que ce soit en plein air me rassure : on n’est pas dans un espace clos. On a l’impression d’être plus en sécurité », estime Yasmine, 24 ans.

« Le coronavirus a soudé les équipes »

Quelques minutes plus tard, elle passe entre les mains de Nanoucha. Avec sa collègue du CMS, elle s’occupe des patients Covid depuis le 16 mars et la mise en place d’une consultation spécifique au sein du centre. « Après trois semaines, on commence à être habituées, dit-elle. Et puis, on travaille dans de bonnes conditions avec des barrières d’hygiène bien respectées. »

« Il y a énormément de bienveillance et de solidarité. Le coronavirus a soudé les équipes, analyse Latifa. On échange davantage sur les pratiques. »

LIRE AUSSI Le « drive corona » parisien passe à la vitesse supérieure

A deux pas de là, Patrice Leclerc considère l’équipe avec satisfaction. « Nous avions la consultation Covid et maintenant le dépistage : on a donc maintenant une offre globale sur ce problème. Je regrette seulement que le gouvernement n’ait pas fait les choses à temps pour que tout le monde dispose de suffisamment de moyens. On reste dans la gestion de crise. »

Soudain un voisin le hèle depuis sa fenêtre, manifestement intrigué par ce qu’il a sous les yeux. « Un dépistage ? On est derrière avec les enfants, il y a du vent, c’est pas risqué ? », interroge-t-il avant d’être rassuré par les experts.

810 consultations Covid en un mois au CMS

En moyenne, ces dépistages font apparaître un taux de contamination d’environ 30 % chez les personnes testées. « Un tiers de positif, c’est très bas, constate Philippe Dabi, médecin et patron du laboratoire BioClinic. Les symptômes retenus correspondent au Covid-19 mais aussi à d’autres virus ou d’autres pathologies. On ne connaît pas non plus tout du Covid-19… »

« C’est très difficile de se faire une idée précise de la situation », confirme Guirec Loyer. Dès le 16 mars, ce médecin aménageait un service Covid dans son centre municipal de santé : des consultations réservées aux patients potentiellement infectés par le coronavirus.

A Gennevilliers, un centre de dépistage «drive» renforce l’arsenal contre le Covid-19

Gennevilliers, le 17 mars. Dès le début du confinement, le Dr Guirec Loyer a aménagé une aile Covid dans son centre municipal de santé. LP/O.B.

En un mois, son équipe a réalisé pas moins de 810 consultations Covid. « Environ la moitié l’ont bien contracté, estime-t-il. En période de rhume et d’allergies, on a effectivement des manifestations qui correspondent au Covid mais pas uniquement. »

La semaine dernière, les membres de son unité Covid ont reçu en moyenne 20 patients par jour, deux fois moins que la semaine précédente. Pas de quoi pavoiser toutefois. Le Dr Loyer prévient : « là, on parle de symptômes et de diagnostic, pas de dépistage… »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *