Gennevilliers

L’article du Parisien 92 sur les Municipales à Gennevilliers

Municipales à Gennevilliers : cinq candidats à l’assaut du bastion rouge

Le maire sortant (PCF) Patrice Leclerc fait face à cinq autres listes. Mais celui qui a été élu au premier tour en 2014 peut aussi compter sur le soutien d’EELV et du PS.

Par Olivier BureauLe 28 février 2020 à 14h28, modifié le 28 février 2020 à 16h03

Sur le papier, Patrice Leclerc peut dormir sur ses deux oreilles. Le maire sortant communiste de Gennevilliers, élu au premier tour en 2014 (61,43 %), a réussi l’union de presque toute la gauche pour les prochaines municipales. A l’issue d’un premier mandat, le successeur de Jacques Bourgoin compte bien rempiler à la tête de cette ville gérée par les communistes depuis plus de quatre-vingt-cinq ans. Et pourra pour cela compter sur le soutien d’EELV et du PS.

Côté adversaires, on joue entre connaissances. Il y a même un petit air de déjà-vu. Comme en 2014, Nasser Lajili en sera, sous les couleurs de la France Insoumise. Comme en 2014, Brice Nkonda, encarté à l’UDI, mènera une liste sans étiquette. Et comme en 2008 et en 2014, Jacqueline Marichez-Cléro (LR) incarne une candidature qui se revendique du gaullisme social.

Gennevilloise depuis toujours, Samya Homm fait, elle, figure de novice. Investie par LREM, la candidate de 43 ans revendique une liste « citoyenne ». Enfin Zina Bounab mènera la liste Lutte Ouvrière (une tradition gennevilloise) avec l’ambition d’« associer la population à toutes les décisions de la prochaine municipalité ».

«On a réalisé 80 % de notre programme»

Face à la concurrence, Patrice Leclerc met en avant son bilan. A la forte coloration verte dans ce bastion rouge. Ce qu’incarnent par exemple la lutte contre le glyphosate ou le projet de terres agricoles avec Argenteuil.

Il dit aussi avoir tourné le dos à certains dogmes et entend faire rimer communisme avec pragmatisme. « L’une de mes grandes fiertés ce sont les Défis de Gennevilliers, une vaste concertation avec les habitants. Il y avait une demande massive de caméras et même si je n’étais pas très chaud j’ai accepté. Je ne le regrette pas. » A terme, la ville devrait en compter plus de 150. Autre résultat de la consultation, la mise en place du stationnement réglementé avec plusieurs zones. Alors que le scrutin approche, Patrice Leclerc se montre catégorique : « Je ne fais pas des promesses, je prends des engagements et je les tiens! Je suis aussi satisfait d’avoir sauvé l’office HLM par exemple. On a réalisé 80 % de notre programme de 2014 et le reste est en cours. »

Des programmes qui se ressemblent ?

Aujourd’hui, les programmes des candidats ont tendance à se croiser. Brice Nkonda et Jacqueline Marichez-Cléro promettent tous deux la création d’établissements scolaires privés ou la mise en place d’une police municipale – son armement dépendant, pour la candidate LR, d’un vote auprès de la population.

Autant de mesures rejetées en bloc par Nasser Lajili favorable à des médiateurs plus qu’à des caméras jugées inefficaces et portant atteinte à la vie privée. Un point de vue partagé par Samya Homm. Celle-ci promet, en outre, de faire de la jeunesse une priorité en relançant la fête de la musique et en aménageant un nouveau studio d’enregistrement.

Par Olivier BureauLe 28 février 2020 à 14h28, modifié le 28 février 2020 à 16h03

Sur le papier, Patrice Leclerc peut dormir sur ses deux oreilles. Le maire sortant communiste de Gennevilliers, élu au premier tour en 2014 (61,43 %), a réussi l’union de presque toute la gauche pour les prochaines municipales. A l’issue d’un premier mandat, le successeur de Jacques Bourgoin compte bien rempiler à la tête de cette ville gérée par les communistes depuis plus de quatre-vingt-cinq ans. Et pourra pour cela compter sur le soutien d’EELV et du PS.

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Côté adversaires, on joue entre connaissances. Il y a même un petit air de déjà-vu. Comme en 2014, Nasser Lajili en sera, sous les couleurs de la France Insoumise. Comme en 2014, Brice Nkonda, encarté à l’UDI, mènera une liste sans étiquette. Et comme en 2008 et en 2014, Jacqueline Marichez-Cléro (LR) incarne une candidature qui se revendique du gaullisme social.

Patrice Leclerc, maire sortant (PCF) de Gennevilliers, est candidat à un nouveau mandat. LP/Olivier Arandel
Patrice Leclerc, maire sortant (PCF) de Gennevilliers, est candidat à un nouveau mandat. LP/Olivier Arandel  

Gennevilloise depuis toujours, Samya Homm fait, elle, figure de novice. Investie par LREM, la candidate de 43 ans revendique une liste « citoyenne ». Enfin Zina Bounab mènera la liste Lutte Ouvrière (une tradition gennevilloise) avec l’ambition d’« associer la population à toutes les décisions de la prochaine municipalité ».

«On a réalisé 80 % de notre programme»

Face à la concurrence, Patrice Leclerc met en avant son bilan. A la forte coloration verte dans ce bastion rouge. Ce qu’incarnent par exemple la lutte contre le glyphosate ou le projet de terres agricoles avec Argenteuil.

Jacqueline Marichez-Cléro est investie par LR. LP/O.B.
Jacqueline Marichez-Cléro est investie par LR. LP/O.B.  

Il dit aussi avoir tourné le dos à certains dogmes et entend faire rimer communisme avec pragmatisme. « L’une de mes grandes fiertés ce sont les Défis de Gennevilliers, une vaste concertation avec les habitants. Il y avait une demande massive de caméras et même si je n’étais pas très chaud j’ai accepté. Je ne le regrette pas. » A terme, la ville devrait en compter plus de 150. Autre résultat de la consultation, la mise en place du stationnement réglementé avec plusieurs zones. Alors que le scrutin approche, Patrice Leclerc se montre catégorique : « Je ne fais pas des promesses, je prends des engagements et je les tiens! Je suis aussi satisfait d’avoir sauvé l’office HLM par exemple. On a réalisé 80 % de notre programme de 2014 et le reste est en cours. »

Des programmes qui se ressemblent ?

Aujourd’hui, les programmes des candidats ont tendance à se croiser. Brice Nkonda et Jacqueline Marichez-Cléro promettent tous deux la création d’établissements scolaires privés ou la mise en place d’une police municipale – son armement dépendant, pour la candidate LR, d’un vote auprès de la population.

Nasser Lajili est investi par La France insoumise. LP/O.
Nasser Lajili est investi par La France insoumise. LP/O.  

Autant de mesures rejetées en bloc par Nasser Lajili favorable à des médiateurs plus qu’à des caméras jugées inefficaces et portant atteinte à la vie privée. Un point de vue partagé par Samya Homm. Celle-ci promet, en outre, de faire de la jeunesse une priorité en relançant la fête de la musique et en aménageant un nouveau studio d’enregistrement.

Investie par LREM, Samya Homm mène une liste citoyenne. LP/O.B.
Investie par LREM, Samya Homm mène une liste citoyenne. LP/O.B.  

Reste que la marge de manœuvre semble étroite pour les opposants. Jacqueline Marichez-Cléro, qui affiche quarante ans de militantisme à Gennevilliers, a conscience que ses chances de prendre la ville sont aussi minces que celles de voir Neuilly basculer à gauche. « L’objectif minimum est de provoquer un second tour et de finir première liste d’opposition, estime-t-elle. Cela donnerait un signal fort à la droite départementale et l’inciterait à nous aider financièrement! »

Brice Nkonda est investi par l’UDI. LP/O.B.

Brice Nkonda est investi par l’UDI. LP/O.B.  

Sûr de son fait, le maire sortant, lui, veut « inventer un nouvel art de vivre la ville » et « faire un saut quantitatif en matière d’environnementale ». En clair, encore plus de concertation avec les habitants, réduire l’empreinte carbone de la ville, moderniser dans ce sens les bâtiments communaux, mettre l’accent sur la petite enfance avec notamment l’apprentissage de la langue des signes aux tout-petits.

Quel que soit le maire, le mandat à venir sera notamment marqué par la naissance du nouveau centre-ville et la rénovation des Agnettes, tous deux engagés. « Mais avec la métropole qui veut tout centraliser et l’Etat qui va encore rogner sur le pouvoir des communes, ce mandat sera plus difficile », prédit Patrice Leclerc.

Zina Bounab est la candidate de Lutte ouvrière. DR.

Zina Bounab est la candidate de Lutte ouvrière. DR. 

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