Pour changer, ne soyons pas primaires…

L’hebdommadaire des communistes unitaires m’a demandé de faire l’édito de son numéro de cette semaine. Je vous le livre en avant première/

Pour changer, ne soyons pas primaires…
Il serait stupide de bouder son plaisir de voir la droite battue aux sénatoriales. Le symbole est beau. Il est fort. Nicolas Sarkozy, son mépris de nantis et sa violence politique sont sanctionnés. Le succès des « dissidents » de droit marque les limites de l’autoritarisme comme méthode de gouvernement. Mais un dissident de droite ne fait pas un opposant de gauche! Il marque simplement un changement de sens du vent ou de coté du manche…

Il serait donc tout aussi stupide d’y voir la révolution en marche. Plus la société va mal, plus progressent le développement de la haine de l’autre, la résignation, l’abandon de l’intervention politique, le repli, l’idée du tous pourri,…

Dans ce contexte, la campagne « Front de Gauche » dans la pluralité de ses composantes, avec notre expression d’acteurs et d’actrices de la transformation sociale, peut redonner de l’air, peut redonner confiance et fierté aux couches populaires, aux luttes du bas contre le haut ! Nous avons la responsabilité de faire vivre une politique qui s’affiche délibérément contre ces systèmes : système capitaliste, système de notables, système patriarcal, système productiviste, système individualiste, système présidentialiste…

Parce que nous sommes contre ces systèmes, j’invite à ne pas participer à la primaire socialiste. Et ce pour trois raisons:

Premièrement : pourquoi choisir un candidat pour lequel nous ne voterons pas au premier tour ? La primaire socialiste ne s’inscrit pas dans ce que nous voulons affirmer avec un bulletin Front de gauche : une politique de transformation sociale et une autre manière de faire de la politique, citoyenne, sociale et fièrement populaire.

Deuxièmement : nous combattons la 5e république. Nous sommes contre l’élection du président au suffrage universel, ce système qui privilégie le combat entre les personnes et non la confrontation d’intérêts. La primaire socialiste épouse ce système.

Troisièmement, plutôt que de participer « à instaurer au sommet du PS une forme d’individualisme concurrentiel qui est bien dans l’air du temps libéral »*, participons à développer le débat public sur les politiques alternatives aux systèmes que nous combattons.

Les forces populaires n’ont pas un problème de personne, mais de contenu de politique, d’espoir, d’aventure humaine à proposer.

Patrice Leclerc

 

*Rémi Lefebvre, professeur de sciences politiques, « Les primaires socialistes, la fin du parti militant ».

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