action sociale

Réinsertion des érémistes : l’échec du privé

Un article du Parisien édition 92 du 16 mars 2010

Trop cher et pas assez efficace. Le conseil général a décidé de ne pas renouveler le contrat qui le liait à une entreprise privée pour la réinsertion des érémistes de plus de deux ans.

FLORENCE HUBIN | 16.03.2010, 07h00

, alors du conseil général, en avait fait l’une de ses priorités. Il s’agissait de remettre les érémistes de longue durée sur les rails de la réinsertion et de l’emploi. Pour cela, le futur président de la République n’avait pas hésité à faire appel au privé.

En 2006, un contrat a été passé entre le département des Hauts-de-Seine et la société privée canadienne Ingeus pour prendre en charge le suivi et la réinsertion professionnelle des érémistes de plus de deux ans.

Quatre ans plus tard, le contrat n’a pas été renouvelé et le conseil général a décidé de reprendre avec la Caisse d’allocations familiales l’accompagnement de ce public en difficulté.

« La non-atteinte de l’objectif d’accompagnement de 6500 bénéficiaires du RMI (sur une liste initiale de 14000 bénéficiaires recensés) est clairement un motif d’insatisfaction », analyse le rapport remis aux élus des Hauts-de-Seine lors de la séance de vendredi dernier, « d’autant que les moyens de communication déployés et facturés par le prestataire ont été très importants (990890 €) ».

Si le bilan de l’expérience n’est pas totalement négatif, il n’a pas répondu aux espoirs qui avaient présidé à sa mise en place. En quatre ans, entre le 26 janvier 2006 et le 29 janvier 2009, Ingeus a signé plus de 5000 chartes d’adhésion avec des chômeurs des Hauts-de-Seine, soit 77% de l’objectif initial de 6500 adhésions escomptées. Sur ces 5000 personnes, 2100 ont retrouvé un grâce à cette agence privée, mais parmi ces derniers, seuls 39% ont signé un contrat à durée indéterminée (CDI). Les autres ont dû se contenter de contrats à durée déterminée (CDD) dont une majorité de moins de six mois, voire même de moins de trois mois pour 17%. Deuxième élément d’insatisfaction pour le commanditaire, le conseil général des Hauts-de-Seine : les résultats relatifs au maintien dans l’emploi durable, « qui constituait l’objectif prioritaire » du marché passé avec Ingeus, sont qualifiés de « très insuffisants ». Après douze mois, seules 492 bénéficiaires du dispositif avaient encore un emploi contre un objectif de 900 personnes minimum. « Cette évaluation confirme ce sur quoi notre groupe avait alerté le conseil général dès l’origine du projet », déplore Patrice Leclerc (PC), « Déjà à l’époque, ce cabinet canadien était connu pour proposer des prestations très onéreuses et avec des résultats peu satisfaisants. Le conseil général (…) a, au final, dépensé plus de 18 millions d’euros, prétextant que le secteur privé serait plus opérationnel que le service public. La conclusion de l’évaluation nous donne malheureusement raison. »

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