Monsieur le Président, chers collègues,

Cela fait donc presqu'un an que notre département n'a plus de politique pour la construction de logements sociaux dans les Hauts-de-Seine.

Ici même, en juin 2013, Monsieur le Préfet rappelait votre désaccord de porter l'objectif de production à 3.600 logements en 2013 pour passer ensuite rapidement à 3.900 logements.

Il rappelait vos économies de 40 millions par rapport à vos engagements signés sur la période 2006-2012 avec l'Etat.

Je rajoute qu'en conséquence, des projets prêts en 2012 (environ 400 logement) n'ont pas été financés alors qu'ils auraient dû l'être.

Et si le groupe Communiste et Citoyens vous a demandé de présenter cette délibération en assemblée départementale (et pas en CP) c'est bien sûr au regard de toute l'importance du droite au logement décent et à un loyer abordable pour tous nos concitoyens.

Que nous proposez-vous ?

Alors que 22 villes du département sur 36 sont hors-la-loi SRU (moins de 25% de logements sociaux ou PLS), pire encore, alors que 11 villes sont encore sous le seuil de 20%, malgré la loi SRU votée il y a 15 ans, vous nous proposez aujourd'hui, avec votre majorité de droite, de ne maintenir l'aide au niveau antérieur qu'aux très mauvais élèves ; qu'aux villes qui organisent et renforcent depuis des années, systématiquement la ségrégation urbaine et sociale.

Par contre, par des propositions particulièrement discriminatoires, vous proposez de ne plus financer dans les villes populaires ayant atteint plus de 35% de logements sociaux, les programmes PLA-I et PLUS.

Il faut que dans cette assemblée chacun mesure en responsabilité qu'en 2012 dans les 22 villes du département sur 36 ayant moins de 25% de logement sociaux ou PLS, n'ont été  réalisés que 132 PLA-I et 439 PLUS soit seulement 571 logements sociaux.

Or les chiffres de la Fondation Abbé-Pierre démontrent que 6 habitants de notre pays sur 10 sont éligibles au logement social (PLA-I, PLUS).

Vos propositions contribueront donc à pérenniser la baisse de construction de logements sociaux et à accentuer la ségrégation sociale dans les Hauts-de-Seine.

Encore une fois, les salariés, les jeunes et les familles modestes des villes populaires vont être pénalisés.

Prenons l'exemple de Gennevilliers : vous nous accusez d'avoir trop de logements sociaux :

- ils nous ont permis de reloger ses 50 dernières années des milliers de familles de travailleurs que le patronat local a fait venir pour le développement industriel de notre région, sans se préoccuper de leur condition de logement décent.

- encore ces dix dernières années, nous avons démoli 800 logements insalubres et avons pu, avant, reloger les familles concernés  pour la construction de 800 logements sociaux de bonne qualité et souvent pour un loyer bien moins cher.

Nous sommes fiers de ce bilan et ne regrettons pas, au contraire, qu'ainsi le pourcentage de logements sociaux ait augmenté.

 

Et demain si, par discrimination financière, vous nous empêchez de construire des logements sociaux, qui répondra à la demande des 3.000 demandeurs Gennevillois ?

Certainement pas les villes qui construisent à minima du logement social, loin d'apporter les réponses à leur population locale.

Par ailleurs, les familles Gennevilloises qui bénéficient toutes d'un fort service public communal n'ont absolument pas envie d'être déportées à Neuilly ou même à Levallois, ville dont les couches populaires ont été chassées purement et simplement.

Alors sommes-nous contre la mixité sociale ? Vous savez bien que non.

Quand nous construisons aujourd'hui à Gennevilliers un écoquartier pour tous avec 1.700 logements, il y a 50% de logements en accession (dont 10% en accession sociale) pour permettre à ceux, trop rare, qui le peuvent, des parcours résidentiels, pour permettre aux techniciens et cadres qui travaillent à Gennevilliers de s'y loger s'ils le souhaitent (et ils sont nombreux).

Il y a aussi 50% de logements sociaux, pour que ce quartier soit pour tous, sans exclusion des populations locales, y compris en construisant deux résidences sociales pour démolir un foyer ADOMA et permettre aux retraités immigrés qui y habitent de vivre plus décemment leur retraite.

Alors Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Conseillers généraux de droite, avec quel objectif et de quel droit, pouvez-vous décider d'une telle politique de discrimination. ?

D'un côté, vous vous insurgez, Monsieur le Président contre la Métropole du Grand Paris et sa gouvernance centralisée, les conséquences de sa création sur les libertés et les compétences essentielles des villes et des départements de la petite couronne en matière d'urbanisme et d'habitat.

De l'autre vous prétendez décider à la place des élus municipaux et interdire aux villes populaires de construire sur leur territoire, du logement social pour répondre aux besoins des populations.

Alors, Monsieur le Président, comme les élus Communistes et Républicains ayez un peu plus de cohérence dans vos positions sur les libertés locales, quelque soient les dirigeants des institutions supra communales.

La vérité, c'est que vous voulez continuez à faire baisser le pourcentage de logements sociaux dans les Hauts-de-Seine, accentuant la ségrégation urbaine et sociale en Ile-de-France, renvoyant en 2e couronne les salariés, les jeunes et les familles populaires.

La vérité, c'est qu'en limitant à un niveau bas les PLUS et PLA-I, en poussant à la réalisation de PLS, dont rappelons-le, le loyer est deux fois plus élevé que le PLA-I, vous contribuez à augmenter le prix moyen des loyers et le taux d'effort de nos concitoyens.

La vérité, c'est qu'en raréfiant le logement locatif social, vous créer les conditions de loyers privés très cher, qui fait du logement d'abord un objet de placement financier et de spéculation immobilière.

Par ailleurs, comme le montant maximum de l'aide au logement accordé aux villes hors-la-loi SRU est similaire à l'aide moyenne accordée par le département en 2012 quelque soit la commune, au total, vous vous désengagerez encore un peu plus financièrement dans le domaine de l'habitat.

Les élus communistes et citoyens du Conseil général refusent donc une telle politique et proposent à l'opposé, au travers de son amendement, que l'ensemble des projets soit financé dans chaque ville, sans discrimination avec pour objectif, la construction de 5.500 logements sociaux par an dans les Hauts-de-Seine.

 


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