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Paris, FRANCE | AFP | 26/01/2017 17:49 UTC+1


La région Ile-de-France a conforté jeudi dans une nouvelle délibération son choix de ne plus subventionner de logements très sociaux dans les communes déjà très pourvues, tandis qu'au même moment Le Front de Gauche lançait "un cri d'alerte" sur la politique logement de Valérie Pécresse (LR).

"Il n'y aura plus un euro pour le logement social à Paris et en petite Couronne", a dénoncé Céline Malaisé, présidente du groupe Front de Gauche au conseil régional, lors d'une conférence de presse rassemblant plusieurs élus franciliens.

La majorité LR-MoDem-UDI du conseil régional a adopté mercredi son budget 2017, qui réduit le financement alloué à la construction de logements sociaux de 70 M en 2016 à 40 M pour 2017, estimant que ce domaine était désormais de la compétence de la nouvelle Métropole du Grand Paris (MGP, qui couvre Paris et la Petite couronne).

Mais la compétence logement de la MGP ne sera réellement mise en œuvre qu'au 1er janvier 2018, a expliqué Patrice Leclerc, maire de Gennevilliers et président du groupe FDG à la MGP. "Il y a un trou, c'est irresponsable", a-t-il insisté, alors que "rien n'empêche une collectivité d'aider sur des champs qui ne sont pas les siens".

C'est d'ailleurs ce que Mme Pécresse a fait dans le domaine de la sécurité, une compétence de l’État, en décidant de financer de la vidéo-surveillance, des équipements et des nouveaux locaux pour les policiers et gendarmes, a souligné le conseiller régional Éric Coquerel.

Les élus FDG ont également vivement dénoncé le choix de la majorité d'arrêter de financer des logements sociaux pour les ménages les plus modestes (PLAI, dit logements "très sociaux") dans les communes franciliennes qui ont déjà 30% de logements PLAI et PLUS (logements sociaux pour les classes moyennes modestes).

Ce dispositif baptisé "anti-ghetto", voté en 2016, a été conforté par une nouvelle délibération jeudi, visant à "centrer l'effort de la région vers ceux qui en ont le plus besoin", selon le vice-président en charge du logement, Geoffroy Didier (LR). "Nous sommes décidés à ne plus ajouter de la pauvreté à la pauvreté", a-t-il dit, assumant ce "marqueur politique" de la nouvelle majorité.

Pour Patrick Braouezec, président de Plaine commune, une agglomération regroupant neuf villes de Seine-St-Denis, "avec cette décision on stigmatise une nouvelle fois le logement social", dans des villes où une partie de la population ne peut pas se loger dans du logement social intermédiaire (plus cher).

caz/mat/sd


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