L'hebdo "Cerises" m'a demandé de faire l'édito de son édition du 2 avril 2016.

Les cités populaires sont stigmatisées en permanence, jamais magnifiées. Discours politiques, information télévisée, films, c’est toujours sous l’angle des problèmes ou d’un discours péjoratif que sont désignées les villes et cités populaires. Combien de quartiers comme Molenbeek ? s’interroge-t-on faussement pour mettre sur le même plan quartiers populaires et terrorisme alors que personne ne s’interroge sur le fait que bien des habitants du 16e arrondissement sont de la même classe sociale que ceux qui financent Daech !
C’est à une opération idéologique de même nature que procède la Région Île-de-France quand elle affiche un signe d’égalité entre logement social et ghetto social. Une double humiliation est appliquée méthodiquement à nos villes populaires : celle de catégories déclassées socialement, celle des discriminations en fonction de la couleur de peau,de l’origine des parents ou de la religion. Nous avons parfois porté cette humiliation à travers le concept de "mixité sociale", signifiant ainsi implicitement aux habitants des villes et cités populaires que cela irait mieux quand d’autres personnes "mieux classées" viendraient dans nos cités ! Belle attaque contre l’estime de soi !
Ces atteintes à la dignité empêchent les personnes visées de relever la tête, de se sentir porteuses d’avenir. Cela permet de faire peur à la mythique classe moyenne qui n’est en fait que la partie du peuple qui oscille entre la peur du déclassement et l’aspiration à l’élévation sociale. Cela ne permet pas au peuple de faire peuple en s’unifiant dans sa diversité, en agissant contre le développement extraordinaire des inégalités, en s’attaquant aux défis environnementaux et en concevant une autre vie en société par le développement de communs.
C’est donc un enjeu politique pour la gauche radicale que de choisir le "camp" du peuple, d’affirmer son exigence de respect des cités et villes populaires, d’affirmer leur dignité face aux difficultés sociales, d’afficher leur générosité contre l’égoïsme de classe. Il faut déclarer notre appartenance au peuple, donner conscience à celui-ci de sa force transformatrice. Demander le respect, c’est commencer la révolution !
* Patrice Leclerc
Maire de Gennevilliers


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