Conseil municipal du mercredi 22 mai 2019 

Plan social chez Alliance Healthcare Répartition.
Le site de Gennevilliers ferme et 70 emplois seront supprimés !
Une situation dénoncée par le Conseil municipal de Gennevilliers

Le grossiste en médicaments Alliance Healthcare Répartition a présenté un plan social qui va se traduire par la fermeture du site de Gennevilliers et la perte probable de 70 postes. En France, 250 emplois sont menacés et 800 contrats de travail impactés.

Outre ces « licenciements secs » dénoncés par les organisations syndicales, la direction prévoit notamment la fermeture et le regroupement des sites de Gennevilliers et de Pantin à Drancy tandis que le siège social serait relocalisé à proximité du site actuel à Asnières ou dans la zone économique de Gennevilliers.

 

Ces fermetures entraineront des mobilités géographiques et professionnelles imposées qui vont déstabiliser la vie des salariés du site de Gennevilliers qui pour beaucoup travaillent et vivent avec leur famille dans la ville ou à proximité. Ce projet de délocalisation va fortement les pénaliser car ils sont les plus éloignés du nouveau site et leur imposer des temps de transport ou des frais d’essence exorbitants. Cette décision qui doit se concrétiser au premier semestre 2021 place tous les salariés dans l’inquiétude par rapport à leur avenir.

Ces suppressions vont entraîner en outre pour les salariés délocalisés une dégradation de leur condition de travail en raison de l’intensification des tâches pour préparer les commandes et les livrer. Il est à craindre par ailleurs que les économies réalisées sur le transport de médicaments conduisent à dégrader les missions de service rendues aux officines de pharmacie en raison de la possible suppression d’une tournée de livraison sur deux compte tenu de l’éloignement du nouveau site.

Le groupe de livraison de médicaments aux pharmacies compte actuellement 2 500 salariés dans 49 établissements et deux sites administratifs.

Pour justifier cette décision, le Groupe invoque des contraintes réglementaires liées à la réorganisation voulue par le gouvernement du secteur d’activité des grossistes-répartiteurs de médicaments et à une concurrence accrue entre acteurs du secteur.

Le Groupe cherche à minimiser ses propres responsabilités, notamment comme l’indique un rapport rédigé par un cabinet d’expert-comptable indépendant : en raison « des mauvais choix en matière de remises » qui ont eu un impact négatif sur les résultats commerciaux de l’entreprise.

Il pense les résoudre en multipliant les annonces que le même cabinet estime « peu objectivée et chiffrée ». La solution de facilitée consiste à licencier les salariés qui se sont impliqués depuis des années dans leur emploi. En outre, ils délocalisent leur poste à Drancy, sur un site excentré et mal desservi, tandis que les sites administratifs sont relocalisés à proximité du site actuel, bien desservi en transport en commun.

En conclusion, le cabinet d’audit estime que ce projet constitue la réponse à court terme aux exigences d’économies, mais « prive le groupe d’une importante force de travail pour soutenir son offre globale et risque donc de mettre en péril la stratégie établie ».

Pour justifier cette décision, la Direction a indiqué aux salariés, lors du Comité Social Economique du 23 avril et de la grève survenue sur le site le 1er avril, que la ville de Gennevilliers souhaitait la fermeture et la reconversion du site en raison de projets, notamment liés à l’arrivée de la Gare du Grand Paris. C’est faux ! Le maintien de cette activité, présente depuis 1987 à Gennevilliers, est important pour la municipalité. Il est implanté sur un secteur à vocation économique, confirmé notamment en 2005 lors de l’approbation du Plan Local d’Urbanisme la ville. La ville bloquera toute opération spéculative d’Alliance Healthcare qui est propriétaire du terrain.

Pour sa part, le rachat par la Société Grand Paris, du seul pavillon occupé par les organisations syndicales, et situé à proximité de la gare RER C au profit de la réalisation de la future gare GPE, n’interdit pas la poursuite d’activités du Groupe sur le site. D’ailleurs, si des besoins complémentaires de surface existaient, nous serions disposés à les examiner favorablement.

C’est pourquoi le Conseil municipal demande, si l’entreprise maintient son projet de délocalisation, le remboursement de l’avantage fiscal de 17 millions (chiffre 2017) dont elle a bénéficié de l’Etat grâce à l’effet d’aubaine que constitue le CICE ou crédit d’impôt pour les entreprises.

 


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