Monsieur le Préfet de Région,

Vous le savez, je conteste fortement, l’opération idéologique consistant à dresser un signe d'égalité entre logement social et problèmes sociaux. Je le conteste d'autant plus que 70% des habitants de la métropole sont éligibles au logement social et il ne viendrait à l'idée de personne de dire que 70% des habitants de la Métropole sont des cas sociaux, que les employés de préfecture, de mairie, les salariés, comme les personnes touchées par le chômage sont des cas sociaux. Je ne crois pas qu’on améliore la vie des gens en les rendant invisibles. On améliore la vie des gens en augmentant leur pouvoir d’achat, en améliorant leur cadre de vie, en donnant le plus où il y a le plus de besoins, en supprimant la loi Boutin et en augmentant ou réévaluant le plafond pour l’attribution de logements sociaux pour mettre fin à un cercle vicieux de paupérisation des bâtiments.

 

Constatant que l'Etat produit des politiques contradictoires avec les objectifs affichés par les lois, je souhaite qu'il en soit tenu compte lorsque je demande la possibilité de continuer à construire du logement social sur le territoire de Gennevilliers et à avoir des subventions, pour répondre aux besoins des Gennevillois (50% de logements sociaux, 50% de logements en accession), ou pour que les personnes qui le souhaitent et habitent déjà la commune, puissent être relogées à Gennevilliers et non pas ailleurs dans le Territoire dans le cadre de la Conférence Intercommunale du Logement (CIL).

En effet, j’ai reçu un courrier de Madame Alice Montchambert, Directrice Adjointe de la Croix rouge française, qui m’informe que :

« la Préfecture de région d’Ile-de-France nous a missionné pour assurer cet accompagnement auprès de 600 hommes isolés en HUDA hôtelier au niveau de la région, en partenariat avec le SamuSocial de Paris (via son Pôle Hôtelier et de Réservations Hôtelières) qui assure le volet hébergement. Ce dispositif reposera donc, à moyen terme, sur 6 à 7 hôtels dédiés répartis dans différents départements franciliens.

Comme vous le savez, un premier HUDA hôtelier a été ouvert en janvier 2019 au sein de votre commune de Gennevilliers au sein de l’hôtel Gallieni, situé 18 bis boulevard de Gallieni. L’hôtel accueille aujourd’hui 91 demandeurs d’asile. »

Je n’insisterai pas sur le fait que je ne savais pas qu’un premier HUDA hôtelier avait été ouvert sur ma commune, ni sur le fait que j’avais refusé à l’association AURORE son projet de transformation de cet hôtel en structure d’accueil. Je vois que l’Etat n’a que faire de notre opinion. 

Je souhaite donc, en premier lieu, savoir si la formule « un premier » annonce d’autres ouvertures sur Gennevilliers ? Je rappelle que notre ville accueille 150 migrants dans le foyer Brenu, pour prendre sa légitime part à la solidarité nationale et que nous demandons que le devoir d'accueil, que nous pratiquons, soit pratiqué aussi par toutes les communes du département. C'est loin d'être le cas même si je reconnais des efforts de la Préfecture des Hauts-de-Seine pour essayer d'avancer en ce sens.

Ensuite, je m’interroge fortement sur les cohérences de l’Etat et de ses représentants sur la politique d’hébergement et de logement. Je constate, à nouveau que l’Etat mène des politiques contradictoires en fonction de ce qui l’arrange.

D’un côté, des lois tendent à retirer à la commune le pouvoir d’attribution de logement, la maitrise de son OPH, au prétexte de faire plus et mieux en matière de « mixité sociale » dans les attributions de logement et pour mieux répartir la pauvreté. Dans le cadre de l’ANRU, on nous demande de ne pas reloger les Gennevilloises et Gennevillois à Gennevilliers et d’avoir un plan de relogement en dehors de la commune sous prétexte de faire baisser le nombre de personne avec des faibles revenus sur la ville. On nous demande de détruire des logements sociaux pour en diminuer le pourcentage.

Ces injonctions sont accompagnées par les politiques régionales et départementales qui refusent de financer le logement social à Gennevilliers au prétexte de la mixité sociale. Mais les amis de celles et ceux qui nous refusent des subventions ne construisent toujours pas suffisamment de logements sociaux !

De l’autre côté, l’Etat utilise les hôtels de Gennevilliers pour reloger toutes les personnes en difficulté de Paris et de la Région !

Où est la cohérence, quand l’Etat veut réduire le pourcentage de logements sociaux à Gennevilliers et que, dans le même temps, il choisit les hôtels de Gennevilliers pour le relogement de familles précaires par le 115 et aujourd’hui avec la création d’un ou plusieurs HUDA hôtelier ?

Je suis persuadé, Monsieur le Préfet, que le représentant de l’Etat que vous êtes saura étudier avec bienveillance les demandes de subventions de la ville de Gennevilliers pour construire des logements sociaux, pour que les logements détruits dans le cadre de l’ANRU puissent être intégralement reconstruit sur Gennevilliers.

Soyez assuré, Monsieur le Préfet, de l’expression de mes sentiments les meilleurs.

 

 

Patrice Leclerc

 

Copie : Monsieur P. Soubelet, Préfet des Hauts-de-Seine et Madame Alice Montchambert, Directrice Adjointe de la Croix rouge française


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