Le 17 décembre, le maire de Villeneuve-la-Garenne a annoncé « le retrait de la ville du dispositif ANRU2 » parce que l’ANRU fait « prendre trop de retard au projet de Centre-ville au détriment des habitants qui l’attendent de longue date ».

A Gennevilliers, nous connaissons la même situation de rapports dégradés avec l’ANRU. Pourtant, comme Villeneuve-la-Garenne nous avons une longue et positive expérience de la mise en œuvre des projets ANRU. Les quartiers des Grésillons et du Luth sont souvent pris comme exemple de projets réussis et aboutis par l’ANRU elle-même.

Depuis 2011, en concertation étroite avec les habitants nous avons élaboré un projet pour le quartier des Agnettes. Rien n’a avancé sous la présidence de Hollande et c’est bien partie pour que rien n’avance sous la présidence de Macron ! Cela a pour effet des budgets qui ne sont pas dépensés pour améliorer la vie des gens dans les quartiers pourtant validés NPRU, les habitant.e.s et les élu.e.s ont le sentiment que l’idée de quartier prioritaire a disparu.

Il y a trois sortes de responsables de cette situation :
- L’Etat qui n’impulse rien et consacre très peu de budget sur le NPRU2, beaucoup moins que sur le NPRU1. Les cadeaux au patronat seraient-ils payés par les quartiers populaires ?
- Action Logement qui transforme ses « aides financières » en investissement patrimonial exorbitant pour les communes. Une forme de spéculation immobilière avec l’argent des salariés au profit des gestionnaires patronaux.
- La technocratie de l’ANRU qui ne tient pas compte de l’avis des élu.e.s et des habitant.e.s et demande études sur études, impose des choses impossibles ou inacceptables comme le relogement des locataires d’une ville dans d’autres villes, la destruction de logements sociaux pour qu’Action Logement ait plus de droits à construire ou de logements en réservation, n’annonce jamais l’enveloppe budgétaire dans laquelle le projet doit s’inscrire,…

Combien de maires vont être contraints comme le maire de Villeneuve-la-Garenne d’abandonner le partenariat avec l’ANRU ? Combien de projets d’amélioration de la vie des résidents des quartiers populaires vont être retardés alors qu’il y a urgence ?

Je propose à tous les maires, confrontés à cette situation, que nous nous coordonnions pour dénoncer ensemble cette situation et ne pas rester seuls face aux difficultés. Nous pourrions ensemble demander un rendez-vous au Ministre de la Cohésion des Territoires pour faire entendre nos difficultés et étudier toutes les actions pour faire avancer nos projets indispensables à l’amélioration de la vie des habitantes et habitants des quartiers poplulaires.

Patrice Leclerc
Maire de Gennevilliers


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