A l’intention des Parents et des directions d'écoles

Madame, Monsieur,

Les agents des directions de l’enfance et des affaires scolaires sont en grève reconductible chaque jour depuis lundi dernier à l’appel des syndicats CGT et CFDT.

Je suis sincèrement désolé des perturbations que cela engendre pour les directions d’école comme pour les parents. Si les agents ont un droit de grève que je ne saurai remettre en cause, je n’en partage pas les motifs et souhaite donc vous informer plus amplement sur cette situation dégradée que j’espère la plus courte possible.

Je rappelle que l’Etat nous contraint à ne pas augmenter notre budget de fonctionnement de plus de 1,5% alors que notre masse salariale augmente mécaniquement, comme dans toutes les villes, de 2,5%.

En plus d’agir contre ces décisions gouvernementales, nous avons donc des choix à faire pour continuer à maintenir un service public et des prestations de qualité. Nous procédons à des réorganisations du travail quand d’autres privatisent les services à la population. Ces réorganisations sont concertées depuis près de deux ans avec les organisations syndicales.

 

Une des raisons de la grève vise à s’opposer aux regroupements d’enfants pendant les périodes de vacances scolaires. Ces regroupements ne sont pas nouveaux, ils passent de 14 équipements ouverts habituellement à 10 et ne sont pas spécifiques à Gennevilliers puisque la plupart des villes les pratiquent. Par ailleurs, ils ne concernent que le temps des vacances. Dans les villes du Nord des Hauts-de-Seine, il y a des regroupements à 200, 250 enfants sans que cela ne pose visiblement de problèmes aux agents, aux enfants et aux parents.

La loi autorise les regroupements dans les accueils de loisirs en limitant les effectifs à 300. A Gennevilliers, nous procédons à des regroupements au maximum de 150/170 enfants. Dans 8 centres sur 10, deux responsables sont en direction. Nous assurons donc de meilleures conditions de travail aux agents et taux d’encadrement pour les enfants.

Ces regroupements permettent de redéployer des moyens toute l’année pour obtenir des taux d’encadrement meilleurs que la réglementation en vigueur, réaliser des ateliers le mercredi et libérer du temps de travail dans d’autres services comme l’entretien et la restauration. Ainsi, en accueil de loisirs, vos enfants disposent d’un taux d’encadrement de 1 pour 10 en maternelle alors que la moyenne sur le département est de 1 pour 15 et en élémentaire, nous sommes à 1 pour 18 quand la moyenne des autres villes est à 1 pour 30. Pendant la pause méridienne, notre taux est de 1 pour 18 contre 1 pour 24 l’année précédente.

Les moyens dégagés permettent également d’investir sur les temps socio-éducatifs comme les NAP et d’élargir l’assistance éducative notamment avec les ATSEM, en particulier pour les Toutes Petites Sections et les Petites Sections, à partir de la rentrée des vacances d’automne.

Contrairement à ce qui est faussement dit, nous n’avons réalisé aucune économie sur les budgets des directions de l’enfance et de l’enseignement, ils ont même déjà dépassé les dépenses prévisionnelles annuelles de plus de
380 000€.

Les syndicats et les agents grévistes ont été reçus ce lundi et ce mardi midi.

Nous leur avons proposé de prendre en compte deux de leurs revendications sur quatre : réétudier l’annualisation des contrats de travail des vacataires et supprimer les roulement le mercredi après-midi des personnels des écoles en élémentaire. Nous avons maintenu notre décision de regroupement des centres de loisirs en indiquant que nous les planifierons mieux sur l’année, comme nous avons proposé un groupe de travail sur les conditions de mises en œuvre de la mobilité inter-école pendant les vacances pour le ménage.

Je regrette que malgré nos propositions, les agents grévistes et leurs organisations syndicales maintiennent leur grève. Cette politique du tout ou rien ne peut que conduire leur mouvement dans l’impasse et continuer de créer de graves difficultés aux parents, directions d’école et au final à l’image de notre service public.

J’ai aussi le sentiment que cette période pré-électorale (élections professionnelles le 6 décembre) pousse les organisations syndicales à une concurrence multipliant les actions revendicatives malgré ces deux années de négociations.

Je souhaite donc que chacune et chacun soit en capacité d’apprécier ce qui est fait à Gennevilliers et de savoir raison garder. Je rappelle que nous sommes certainement la seule ville des Hauts-de-Seine à avoir augmenté de 700 000 euros le budget 2019 pour améliorer les salaires des agents de notre collectivité.

Je vous prie de croire, Madame, Monsieur, en l’assurance de mes salutations distinguées.

Patrice LECLERC

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