Conseil municipal de Gennevilliers, mercredi 23 Mai 2018

L’Etat, par l’intermédiaire de la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi (DIRECCTE), a unilatéralement baissé ses subventions à la mission locale de Gennevilliers (moins 32000 €).

La Ville de Gennevilliers s’élève contre cette mesure, alors même que la mission locale remplit un rôle essentiel dans l’insertion des jeunes en difficultés sortis du système scolaire.

Cette décision, concomitante à l’espoir suscité par la remise du rapport Borloo qui entendait réinvestir les quartiers politique de la ville, confirme le choix du gouvernement et du Président de la République de leur tourner le dos.

Ainsi, loin de faire de l’emploi des jeunes de ces quartiers une priorité, elle montre que le gouvernement réserve en priorité les crédits consacrés à l’emploi et à l’insertion aux territoires les moins en difficulté, au détriment des villes les plus populaires, et ce aux seules fins d’améliorer les résultats affichés de sa politique.

Car cette baisse est la conséquence d’une modification des modalités de financement des missions locales, une modification qui profite aux villes les plus favorisées, avec la réduction de la part du contexte socio-économique local dans ce financement au profit de la performance des missions locales.

Ainsi, cette année dans les Hauts-de-Seine, seule la mission locale du territoire Rives Seine (Courbevoie, Puteaux, Neuilly, Levallois, Bois-Colombes, la Garenne-Colombes) bénéficiera d’un bonus lié à ses performances en 2017 et d’une augmentation de près de 9% de ses crédits, alors même qu’elle ne couvre aucun quartier classé prioritaire au titre de la politique de la ville. A l’opposé, les missions locales de Gennevilliers verront leurs financements baisser (35% du territoire en QPV), Nanterre (33% du territoire en QPV) et Colombes (19% du territoire en QPV).

Une telle « carabistouille », pour reprendre les termes du Président de la République, ne saurait constituer une politique de l’emploi responsable et cohérente en direction des quartiers populaires.

La Ville de Gennevilliers demande donc à l’Etat de revenir sur cette annonce inique.


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