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Contrairement à ce que pensait la police israélienne, je n'allais pas à la conférence du 18 avril de Pascal Boniface à Jerusalem, mais à une réunion à Ramallah à la demande de Fadwa Baghouthi. Ci dessous le texte de mon intervention si j'avais pu passer, ainsi le web passe les frontières.

 

Meeting Prisonniers politiques palestiniens à Ramallah annulé suite à mon interdiction de passage de la frontière par le colon israélien - Discours prévu de Patrice Leclerc

17 avril 2018

Mesdames et Messieurs,

Chers amis palestiniens,

Avec mon ami et collègue, maire nous avons répondu à l’invitation de notre camarade Fadwa Barghouthi pour participer à ce meeting populaire en solidarité avec les prisonniers politiques palestiniens. Permettez-moi d’abord de saluer le courage et la qualité du combat mené par Fadwa pour faire connaitre le sort des prisonniers politiques palestiniens.

 

 

C’est un honneur pour nous que d’être avec vous, d’être avec elle.

 

Nous sommes des citoyennes et citoyens du monde, vous êtes nos camarades de combat pour un monde plus juste, pour un monde de paix, pour un monde plus humain. Vous êtes un exemple de courage dans la lutte pour que les droits des peuples soient respectés partout dans le monde. Vous êtes un peuple courageux.

Oui, le peuple de Palestine a raison de vouloir une terre, un Etat indépendant, souverain et libre. Vous avez raison et c’est votre droit !

C’est la raison de notre présence avec vous, aujourd’hui, journée de solidarité avec les prisonniers palestiniens. Les prisonniers palestiniens ne sont pas des voleurs, pas des brigands, pas des assassins, ils et elles sont des prisonniers politiques.  Ils et elles sont souvent l’objet d’un arbitraire absolu qui réduit à rien leurs droits humains et ceux de leur défense puisqu’il n’est pas l’objet d’un procès mais d’une décision politique et administrative.

 

Nous sommes plusieurs villes de France à avoir fait Marwan Barghouthi citoyens d’honneur, nous avons ensemble créé un réseau Marwan Barghouthi qui regroupe ces villes.

 

Nous ne l’avons pas fait seulement pour Marwan, mais comme symbole de tous les prisonniers politiques Palestiniens. Pas seulement pour les prisonniers politiques, mais pour la liberté de la Palestine, car il ne peut y avoir de liberté des prisonniers sans liberté de la Palestine. Dans tous les conflits, c’est une des conditions de la solution de paix.

 

Cette bataille pour la paix et la libération des prisonniers passe par une sensibilisation de l’opinion publique, de nos concitoyens français et de toute la classe politique française. Aujourd’hui notre réseau est essentiellement composé de maires communistes, à part un membre des républicains. Notre volonté est d’élargir, de rassembler plus de formations politiques différentes dans l’action pour la libération des prisonniers politiques et pour la souveraineté de la Palestine.

 

C’est pourquoi qu’après que le gouvernement Israélien nous ait interdit d’entrer en Palestine et en Israël pour visité Marwan Barghouthi, en prison, cet automne,  nous avons invité Fadwa Barghouthi à l’Assemblée nationale pour rencontrer des députés de toutes les formations politiques de France. Ce fut un succès. Nous travaillons aussi à avoir d’autres villes, d’autres pays qui fassent Marwan Barghouthi citoyen d’honneur et rejoignent notre réseau.

 

Nous avons ainsi érigé Marwan Barghouthi comme un symbole de la lutte pour les prisonniers. Marwan est un homme de paix et de courage. Comme Nelson Mandela, il est considéré comme un danger par le gouvernement d’extrême droite israélien. Comme Mandela, il est traité de terroriste par les médias et la propagande israélienne, Comme Nelson Mandela, nous le considérons comme l’homme qui peut contribuer à une paix juste.

 

Nous n’étions pas nombreux dans les années 80 à nous battre pour la libération de Nelson Mandela.

 

La télévision française et presque tous les partis politiques reprenaient cette idée du gouvernement d’apartheid que Mandela était un terroriste. Il en a fallu, en lien avec la lutte en Afrique du Sud, des actions, des campagnes de mobilisation, des boycotts pour gagner.

 

 

Aujourd’hui, à part les fascistes, plus personne ne soutient officiellement l’idée que l’apartheid était nécessaire et utile, pour assurer la sécurité des oppresseurs. Plus personne ne soutient l’idée que l’action de l’ANC de Mandela était terroriste, que Mandela était un terroriste. Aujourd’hui on donne le nom de Mandela à des rues et des places en France et dans le monde.

 

Cher-es camarades, permettez moi de lancer un appel, d’ici, en Palestine au peuple Israélien.

 

 

N’écoutez pas votre gouvernement d’extrême droite qui veut vous détourner des enjeux sociaux posés en Israël, vous détourner des accusations de malversation du Premier Ministre, en vous entrainant à la guerre contre les palestiniens. N’acceptez pas cette politique coloniale qui spolie des terres, fait monter les haines. Faites tomber ce gouvernement, exigez l’ouverture de véritables négociations de paix, exigez la libération des prisonniers politiques palestiniens.

 

Le peuple palestinien ne se bat pas contre le peuple israélien mais pour la Palestine. Il n’agit pas pour la disparition d’Israël, mais pour le droit à la Palestine d’exister.

Le peuple palestinien sait qu’il devra faire la paix avec ceux qui les considèrent comme des ennemis. Mais il sait aussi que la paix n’est pas possible, si on lui impose la guerre en tuant ses enfants, en emprisonnant les résistants, en l’humiliant chaque jour.

 

Cher-es ami-es, cher-es camarades,

Soyez assuré, que nous continuerons ensemble, avec mes collègues maires de France, les habitants solidaires, les associations, à nous battre pour obtenir la libération de tous les prisonniers politiques palestiniens.

 

 

C’est le cas de notre ami et compatriote franco-palestinien Salah Hamouri détenu depuis août 2017 sans jugement, d’Ahed Tamimi, jeune adolescente connue pour sa résistance aux colonisateurs ou encore de Khalida Jarrar, députée palestinienne dont la détention a été prolongée, et des milliers de prisonniers politiques.

 

 

Depuis plusieurs années, en tant que maires du réseau Barghouthi, nous demandons au gouvernement français de reconnaître la Palestine. La France, par la voie de son parlement, a fait un petit pas en 2014 en demandant au gouvernement français de reconnaître l’Etat de Palestine.

 



Malheureusement, cette décision n’a pas été suivie. Nous continuons à demander que le Président Macron cesse de se coucher devant Netanyahu et qu’il exige la libération de Salah Hamouri, la libération de tous les prisonniers politiques, le retrait des colonies, et qu’il reconnaisse officiellement l’Etat de Palestine.

 

Cher-es ami-es et camarades,

Nous sommes venus vous dire, que si l’Etat d’Israel accentue son oppression, vous n’êtes pas seuls. Si des chefs d’Etat sont laches, les peuples eux reconnaissent votre courage et ne vous laissent pas seul.

Dans notre pays, la solidarité avec le peuple palestinien est réelle et concrète. Partout en France et dans le monde, il y a des citoyens responsables qui vous soutiennent et s’engagent dans des actions pour que vos droits soient respectés.

 

 

Cet été, nous accueillerons en France, pour la 2eme fois , avec une vingtaine de villes, des dizaines d'enfants de prisonniers palestiniens et nous organiserons avec eux une grande initiative de solidarité le 12 juillet à Paris .

Nous croyons fermement en la paix entre Israéliens et Palestiniens, mais une paix juste.

Avec vous, nous nous battrons jusqu’au bout pour gagner une Palestine libre et indépendante.

Vive l’amitié entre les peuples et la solidarité internationale ! Vive la Palestine libre et indépendante.

   

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