Tribune parue dans l'Humanité du 5 février 2018PlanSGP

Acte 1 : le Premier ministre convoque les élus en urgence sur la mise en œuvre du projet du Grand Paris Express ". Mise en scène de l'adage si tu veux tuer ton chien tu dis qu'il a la rage. Des Hauts fonctionnaires, commis par l'État, nous expliquent combien le chantier sera à haut risque. L'ensemble des élu-es étaient étonné-es de cette séance car personne n'a pensé un instant que ce grand projet pouvait se dérouler sans aléas techniques.

C'est au moment du débat sur les finances que nous avons découvert la véritable raison de ce déploiement d'arguments pour démontrer que " ça allait prendre du retard ". L'Etat vient de découvrir un problème en plus des surcoûts annoncés par la Cour des comptes : l'emprunt comptera dans les critères de Maastricht. Donc pour ne pas dépasser les 3% de déficit préconisés par Maastricht, (chiffre qui ne correspond à rien hormis une décision de technocrates à Bruxelles), le Premier ministre prépare les esprits pour étaler dans le temps la réalisation des 200 km de métro dont l'Ile-de-France a pourtant besoin maintenant.


Acte 2 : La ministre chargée des transports écrit à tous les élu-es que le Premier ministre, a affirmé " que ce projet, indispensable au développement équilibré de l'Ile-de-France serait réalisé dans son intégralité, sans revenir sur le schéma d'ensemble du réseau de transport public du Grand Paris ". Elle annonce 3 points à approfondir d'ici la mi février :
- caler un planning réaliste en fonction des risques techniques
- identifier les solutions de renforcement et d'adaptations de dessertes nécessaires " en cas d'écart entre les projets initiaux et la date de mise en service techniquement possible.
- Faire des propositions d'augmentation des ressources affectées à la Société du Grand Paris

Acte 3 : Tout le monde est rassuré. Le gouvernement peut en interne avec ses techniciens travailler à une forte réduction des couts et augmenter dans les faits les délais de réalisations puisqu'on était prévenu des risques. C'est malin !

La baisse des coûts s'incarnera dans une baisse de la qualité des gares de banlieue, le non respect des engagements pris avec les collectivités locales, dans moins d'aides aux populations subissant les travaux, dans l'allongement de la durée des travaux et donc des mises en service des lignes. Il y a pourtant une urgence écologique et humaine en termes de mobilité de banlieue à banlieue.

Le gouvernement " du nouveau monde " ne rattrapera pas les 30 ans de retard en terme de transport à cause des critères de Maastricht. C'est un emprunt sur 100 ans, payée sur plusieurs générations car utile à plusieurs générations, qui a permis de faire le métro d'aujourd'hui. Ne serions-nous plus capables d'investir pour l'avenir ?

Faut-il respecter Maastricht sur le compte de l'amélioration de la vie de millions de femmes et d'hommes de notre région ? Tout retard du Grand Paris Express a un coût social pour les populations et les communes. Toute économie sur les transports est un gâchis humain et écologique. La ligne 15 Ouest doit etre réalisée avant 2030 et les échéances pour toutes les lignes tenues.

Patrice leclerc,

maire de Genneviliers


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