Déclaration de Patrice Leclerc, Maire de Gennevilliers - Grand Paris Express: Maastricht contre le métro!

J’ai participé, avec une soixantaine d’élu.e.s, vendredi dernier, à une « réunion d'échanges avec Edouard PHILIPPE, Premier ministre, sur la mise en œuvre du projet du Grand Paris Express ». Convoqués en urgence, nous nous sommes retrouvés à écouter le Premier ministre, nous dire qu’il s’agissait d’un point d’information sur la situation du Grand Paris Express, avant que des décisions ne soient prises dans les prochains mois.
La parole fut ensuite donnée à des experts pour évoquer les difficultés techniques et financières du projet.

Nous avons pu ainsi écouter des hauts fonctionnaires commis par l’Etat, nous expliquer l’inverse de ce que d’autres hauts fonctionnaires nous avaient exposés pour nous faire accepter le projet. C’est la première fois que j’assiste à une réunion où des grands ingénieurs passent leur temps à exposer tous les problèmes qu’ils ont rencontrés sur telle ou telle ligne SNCF, telle ligne de métro, tel tunnel, pour mettre en valeur les risques technologiques du projet de Grand Paris Express. Bref, l’ensemble des élu-es étaient assez étonné-es de cette séance, menées par des collaborateurs zélés, car personne n’a pensé un instant que ce grand projet pouvait se dérouler sans aléas techniques.

En fait le premier Ministre a mis en scène le célèbre adage: quand on veut tuer son chien on dit qu’il a la rage!

C’est au moment du débat sur les finances que nous avons découvert la véritable raison de ce déploiement d’arguments pour nous démontrer que « ça allait prendre du retard ». Alors que tous les franciliens payent des taxes pour assurer le financement du projet, l’Etat vient de découvrir un problème en plus des surcouts annoncés par la Cour des comptes: l’emprunt comptera dans les critères de Maastricht. Donc pour ne pas dépasser les 3% de déficit préconisés par Maastricht, (chiffre qui ne correspond à rien hormis une décision de technocraties à Bruxelles), le Premier ministre prépare les esprits pour étaler dans le temps la réalisation des 200 km de métro dont l’Ile-de-France a pourtant besoin.

En fait, le gouvernement « du nouveau monde » ne veut pas rattraper les 30 ans de retard en terme de transport de l‘« ancien monde » à cause des critères de Maastricht. Si on avait raisonné comme cela au siècle dernier nous n’aurions pas le métro aujourd’hui. C’est un emprunt sur 100 ans qui a permis de faire cette belle infrastructure métropolitaine payée sur plusieurs générations car utile à plusieurs générations.

Si le gouvernement ne prend pas ses responsabilités, c’est la poursuite de la pollution de l’Ile-de-France qui s’annonce, ce sont les embouteillages, les difficultés de vie de millions d’habitantes et d’habitants d’Ile-de-France, des heures gâchées dans les transports, des mobilités de banlieue à banlieue inexistantes.

Avec d'autres maires d’Ile-de-France je demande le respect des engagements pris par l’Etat sur la réalisation du Grand Paris Express. S’il y a des aléas techniques, nous les affronterons, mais n’utilisons pas ses risques pour faire des économies sur le dos de l’amélioration de la vie de millions de femmes et d’hommes de notre région. Tout retard du Grand Paris Express a un coût social pour les populations et les communes. Toute économie sur les transports est un gâchis humain et écologique.

Patrice Leclerc
Maire de Gennevilliers


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