Journée de la déportation - Samedi 29 avril 2017, 10h - Patrice LECLERC, Maire

Chers Amis Anciens Combattants,

Madame la conseillère départementale

Mesdames, Messieurs,

Nous sommes réunis aujourd’hui pour exprimer notre profond respect et pour évoquer la mémoire de toutes ces femmes et de tous ces hommes qui sont morts dans les camps de concentration et d’internement.

Pour rendre hommage à tous ceux rescapés ou non, qui, malgré leurs souffrances, ont su faire preuve de fraternité, de solidarité et de dignité face à l’horreur, à tous ceux qui au sacrifice de leur jeunesse ont relevé la tête pour combattre le fascisme.

Nous leur disons toute notre reconnaissance et notre immense gratitude.

Nous leur sommes redevables d’avoir permis de maintenir vivantes les valeurs indispensables de la République, celles de justice et de respect des autres, de liberté et de fraternité.

Parmi eux, de nombreuses Gennevilloises et nombreux Gennevillois :

Jean Grandel, Maire de Gennevilliers et Conseiller Général communiste en 1934.

Jean-Pierre Timbaud, responsable syndicaliste des Métallurgistes parisiens.

Georges Thoretton, mort à 27 ans pour avoir refusé de travailler pour la machine de guerre nazie.

Arrêtés par la police de Vichy, ils furent fusillés par les nazis à Châteaubriant le 22 octobre 1941, comme le furent plusieurs de leurs camarades au Mont Valérien.

Camille Cartier déportée en 1944 à Ravensbrück, elle est assassinée, gazée le 28 février 1945.

Ces 13 Gennevillois emprisonnés à Compiègne partent pour Auschwitz le 6 juillet 1942, et n’en sont jamais revenus.

Nous rendons hommage aux 302 Gennevilloises et Gennevillois recensés, victimes de la barbarie nazie. 61 d’entre eux sont morts en déportation.

Hommage, aussi, à celles et ceux dont les noms resteront à jamais inconnus, travailleurs immigrés, Espagnols républicains fuyant Franco, ouvriers des colonies, d’Asie et d’Afrique.
Gennevilliers n’oublie pas pourquoi ces femmes et ces hommes qui se sont battus, ont été exécutés, déportés.

Il y a 67 ans, les camps de concentration et d’internement étaient libérés. Et les premières images lançaient l’horreur de ces années de barbarie à la face du monde.

Cette journée est un devoir de mémoire.

D’abord pour se souvenir, par-delà nos différences idéologiques, philosophiques ou confessionnelles, que l’innommable a eu lieu.

Mais aussi pour perpétuer la mémoire, les témoignages et le sens profond de l’action de ces femmes et de ces hommes qui ont été l’honneur de la France. Mémoire que nous devons transmettre en relais à nos enfants, nos petits-enfants.

Ce travail de mémoire, nous le portons tout au long de l’année avec les associations de Gennevilliers.

Nous le menons aussi au plan municipal dans le cadre des actions menées pour mieux appréhender ces années de barbarie.

Oui chers amis,

Sachons dans l’actualité présente tirer toutes les leçons de l’histoire.

En cette journée nationale de la Déportation et à propos des camps nazis, vous me permettrez de rappeler que la nomination d’Hitler comme chancelier du Reich le 30 janvier 1933 est l’aboutissement des pressions multiples engagées au lendemain du 2ème tour des élections présidentielles le 10 avril 1932 où Hitler avait obtenu démocratiquement 37%.

Que dès 1933, la mise en œuvre de la dictature nazie fondée sur la supériorité raciale a conduit à la mise en place de camps d’internement comme à Berkamen notre ville jumelle où furent regroupés opposants politiques socialistes et communistes, étrangers et juifs, puis camps de déportation et d’extermination.

Rappelons enfin qu’à partir de 1942, la milice française collabore étroitement au regroupement des juifs et à l’arrestation des résistants pour leur déportation en Allemagne nazie.

Rescapé de l’enfer du camp de Mathausen et dirigeant de la FNDIRP, Georges Séguy, mort cette année, comme de très nombreux déportés nous invite à réfléchir et à agir : « Il promettait d’éradiquer le chômage, de favoriser le travail, la famille, la patrie et de rétablir l’ordre, cet homme s’appelait Hitler. Dix ans plus tard, des centaines de milliers d’hommes, de femmes, de vieillards, d’enfants étaient exterminés dans les chambres à gaz des camps de la mort. » Il poursuit : « Si à la veille de la seconde guerre mondiale les allemands qui votèrent pour Hitler ne pouvaient pas imaginer l’horreur qui allait suivre, aujourd’hui cette terrible leçon de l’histoire est là, pour nous permettre de savoir comment ça finit. »

Chers amis, c’est sans aucune réserve ou hésitation que je vais quitter ma neutralité politique en termes partisan lors des cérémonies municipales. Je le fais par fidélité aux maires qui m’ont précédé, qui ont eu le courage de s’opposer au fascisme jusqu’à la mort comme Jean Grandel, dans la Résistance comme Waldeck L’Huilliers et Lucien Lanternier. Je veux être digne d’eux et comme eux ne pas hésiter devant le devant fasciste pour m’y opposer clairement, sans ambiguïté, sans hésitation. Le Pen c’est l’encouragement permanent au rejet de l’autre, l’hymne sans cesse entonné à la peur de l’autre, au rejet de la différence.

A l’heure où dans notre pays, ces thèses fascistes recueillent un grand nombre de voix, il faut nous mobiliser y compris dimanche prochain en faisant barrage à l’extrême-droite.

Chers amis, dimanche, ne vous abstenez pas, ne votez ni blanc, ni nul, votez pour vous opposer à Le Pen !


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