Conseil municipal du 29 mars 2017

Les évolutions de la politique sanitaire et sociales du Conseil départemental des Hauts-de-Seine sont inquiétantes depuis plusieurs années.

En effet, les politiques de réorganisation des territoires, la reprise en gestion directe des missions qui relèvent des compétences légales des départements s’accompagnent d’une diminution des moyens financiers et humains alloués aux PMI. Ainsi à Gennevilliers, nous subissons déjà le passage de 9 puéricultrices à 4,5 en un an, une baisse de 10 à 5 postes d’auxiliaires de puériculture, moins d’heures de psychologues et moins de vacations médicales par semaine. Et la perspective de fusion annoncée des Départements des Hauts-de-Seine et des Yvelines laisse présager de nouvelles réoganisations et baisses de moyens.

En 2016, le Département des Hauts-de-Seine compte 64 centres de PMI dont 51 départementaux et 30 Centres de Planification et d’Education Familiale. Les Centres de PMI sont essentiels pour la santé des bébés et des mamans. Ils offrent un accès de proximité à un système de soins préventifs qui contribue au recul de la mortalité infantile.

Le risque, dénoncé par les professionnels de santé est de voir les PMI et CPEF fermés comme dans les Yvelines où 30 PMI sur 55 ont été supprimées. Ils craignent une baisse des moyens humains là où il y en a le plus besoin.

Tout un secteur professionnel se retrouve impacté par des décisions administratives inadaptées et incohérentes : médecins généralistes et pédiatres, psychologues, sages-femmes, puéricultrices, auxiliaires de puériculture. Ils dénoncent fortement des conséquences néfastes pour les familles.

Ces choix ont d’ailleurs un impact sur le fonctionnement des services hospitaliers :
- des enfants moins bien suivis en PMI seront des enfants potentiellement moins bien vaccinés et plus malades ;
- des familles moins accompagnées dans l’apprentissage de la parentalité, moins informées sur les comportements à adopter lors de maladies bénignes de la petite enfance seront autant de familles susceptibles de consulter aux urgences pédiatriques, déjà saturées ;
- les sorties de maternité se font aujourd’hui rapidement après l’accouchement parce qu’il existe un réseau de PMI efficace et que les nouveaux nés peuvent y être pris en charge rapidement.

De plus, ces choix entraîneront une limitation du suivi par la PMI aux enfants de moins de 2 ans, alors même que la loi fixe l’accueil des enfants de 0 à 6 ans par les PMI et que le développement psychomoteur est loin d’être terminé à 2 ans.

La réalisation des bilans en école maternelle par les binômes médecins-auxiliaires de puériculture, en présence des parents sera réduite et la partie échange avec les parents sur les habitudes de vie favorisant la bonne santé des enfants disparaîtra alors qu‘elle constitue le socle de ce bilan.

Les familles bénéficiant d’une couverture sociale seront réorientées vers les médecins de ville déjà saturés pour assurer les missions de prévention, incombant légalement à la PMI.

Par ce tri des usagers, les PMI deviendront des centres de soins pour les pauvres, alors que les autres pourront voir leur médecin de ville. Cette tendance à recentrer les missions des PMI uniquement sur des familles défavorisées risque de les exclure encore un peu plus du système de soins qu’elles osent fréquenter parce que justement il est ouvert à tous.

Enfin, comment ne pas se préoccuper de l’avenir des centres de planification et d’éducation familiale (CPEF) dont les missions incombent aux PMI ? Leurs fermetures et notamment celui de Gennevilliers seraient très dommageables pour la population en terme de prévention et de dépistage.

Les évolutions, qui se profilent, et qui sont de créer un endroit unique qui accueillerait les usagers des PMI, CPEF, EDAS altèreront sans aucun doute la proximité entre les usagers et les centres de PMI, pourtant importante pour l’utilisation de ces services par les familles.

Ces choix politiques remettent en cause directement l’accès à un système de soins préventif équitable et de qualité pour tous et participent irrémédiablement à creuser les inégalités sociales de santé, pourtant déjà majeures dans le département des Hauts-de-Seine.

Le Conseil municipal demande :
- Le maintien des conventionnements des PMI municipales par le département,
- Le maintien des taux de couverture de 250%,
- Le maintien du nombre de postes de puéricultrices, et d’auxiliaires de puériculture,
- Le développement des vacations de psychologues et des vacations médicales,
- Tenir l’objectif de 100% d’une classe d’âge en maternelle qui bénéficie d’une visite médicale,
- Le maintien des moyens et du nombre de structures de centre de Planification et d’éducation familiale(CPEF) dans le département, avec gratuité et confidentialité pour les majeurs qui le désirent.


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