Comme de nombreux maires de France, Jacques Bourgoin est inquiet face aux menaces qui pèsent sur les finances communales, alors que la Ville conduit des projets essentiels, sur le long terme, avec la population. Un avenir également rythmé par les prochaines échéances électorales…

GenMag. Le conseil municipal, réuni le 21 novembre dernier, vient d’adopter un voeu contre la réduction des moyens financiers des collectivités. Précisément, quelles sont donc les craintes de la municipalité ?
Jacques Bourgoin Ce ne sont pas des craintes uniquement gennevilloises. L’Association des maires de France vient d’alerter le gouvernement sur les conséquences catastrophiques de ces décisions pour les communes.
D’abord, la réforme de la taxe professionnelle mise en place par Nicolas Sarkozy n’est pas remise en cause, soit une perte nette pour notre ville industrielle de 3 millions d’euros par an ; mais en plus, notre ville populaire est touchée par des systèmes de péréquation injustes et, disons le, scandaleux.
Par ailleurs, au nom d’un « pacte de compétitivité», l’État va réduire de 20 milliards d’euros les impôts des entreprises et deleurs actionnaires, et appliquer une politique de rigueur pour les collectivités, les salariés, les retraités et les chômeurs.
Tous les Gennevillois sont touchés par les bas salaires, le chômage, la précarité, la hausse de la TVA, y compris dans les secteurs sociaux comme le logement, le chauffage, la santé et une nouvelle taxe sur les retraites !
Ces décisions s’inscrivent dans la loi de Finances 2013 avec un seul objectif, le respect du nouveau traité
européen voté par le Parlement, celui-là même que les Français avaient rejeté, et qui a pour conséquence l’augmentation des prélèvements fiscaux et la réduction de la dépense publique, donc des services publics, de 10 milliards d’euros, rien qu’en 2013. Ces décisions sont inadmissibles !

Qu’en est-il de ce système de péréquation ?
J. B. Gennevilliers paiera en 2013 au fonds de péréquation d’Ile-de-France le même montant de 4,5 millions d’euros que Neuilly, en fonction du seul critère des ressources de la commune. En 2014, nous paierons le double, si rien n’est changé. Qui peut trouver que cela est juste ?
La population de Neuilly est la plus riche d’Ile-de-France, avec un revenu mensuel moyen de 8 608 euros pour seulement 2 339 euros pour les familles gennevilloises: quatre fois moins !
Chacun comprendra que ces deux villes n’ont pas les mêmes charges. Que les populations n’ont pas les mêmes besoins !
L’Assemblée nationale refuse pourtant d’intégrer en 2013 les critères sociaux et les charges des communes
pour une politique plus solidaire, comme, par exemple, le quotient familial.
Mais c’est pourtant possible, car en 2012, Roland Muzeau avait obtenu qu’il en soit tenu compte par un amendement parlementaire. Pourquoi ne pas le refaire en 2013?

Concrètement, cela se traduira-t-il par des reculs dans le budget 2013 de la commune ?
J. B.
Nous ne le voulons pas ! En 2012, nous avons travaillé tous ensemble pour améliorer et promouvoir le Service public communal. L’enjeu est bien l’accès du plus grand nombre aux droits au logement, à la santé, à la culture… et nous le défendrons !
Cette volonté nous impose de continuer à faire le siège des ministères, du conseil régional et du conseil général pour gagner un à un les financements pour chaque projet. La bataille conduite avec les Gennevillois pour obtenir le subventionnement du Centre municipal de santé est en cela exemplaire.
Il en est de même pour l’Espace Aimé-Césaire qui sera inauguré en 2013.
Pour 2013 et 2014, les projets sont nombreux.
La première tranche de l’écoquartier pour tous est lancée, avec 50 % de logements sociaux et 50 % de logements en accession. Elle comporte aussi la réalisation d’équipements publics : écoles, gymnase, crèche, maison de quartier, centres de loisirs. Nous avons obtenu de la Région le label « Nouveau quartier
urbain » et 3 millions d’euros de subventions qui viennent compléter la participation des promoteurs privés.
Pour la rénovation des Agnettes, les dossiers sont envoyés et nous venons d’être reçus, avec Roland Muzeau, par le ministère de la Ville. Nous attendons sa réponse d’ici l’été 2013. Nous restons vigilants et mobilisés pour le mieux vivre des Gennevillois.

Et le centre-ville ?
J. B.
Une première bonne nouvelle, les habitants nous le disent : les travaux en cours de la grande surface confirment sa pérennisation sur le site.
Le conseil municipal vient de décider la rénovation et le doublement des surfaces du conservatoire de musique et de danse. Il faut convenir que le travail de sensibilisation en direction des enfants et des familles a accru les besoins.
Nous ne pouvons que nous en féliciter.
Enfin, l’ensemble des études techniques nécessaires pour requalifier le coeur de ville arrive à son terme. Ce travail était indispensable pour poursuivre la concertation avec les Gennevillois, au printemps prochain.

Chaque Gennevillois mesure l’importance des transformations de la ville et naturellement s’interroge : serezvous encore candidat aux élections municipales de 2014 ?
J. B.
Vous avez raison de me poser cette question car des Gennevillois m’ont aussi interrogé.
Aussi, même si les élections ne sont que dans 16 mois et qu’aujourd’hui pour Gennevilliers la première préoccupation est avant  tout la situation sociale, je me dois par respect de nos concitoyens de faire part de ma décision.
Maire depuis 2001, je ne solliciterai pas le renouvellement de ce mandat que j’assume avec passion, mais je
continuerai de travailler au sein du futur conseil municipal.
L’engagement de tous les instants, depuis 12 ans auprès des Gennevillois, nécessite un dynamisme renouvelé, dans une équipe rajeunie, dans l’union la plus large comme nous avons toujours su le faire, pour poursuivre avec les mêmes valeurs le développement d’une ville moderne, populaire, innovante.
C’est pourquoi, à la suite de la consultation de mes amis, de personnalités, de ma formation politique, je suis très heureux de pouvoir proposer en mars 2014 la candidature de Patrice Leclerc pour être le nouveau
maire. Je le fais avec une grande confiance, confortée par l’expérience de notre action commune.

Elu local depuis 1989, Patrice Leclerc est de tous les combats pour Gennevilliers.
Elu expérimenté et de terrain, il anime au sein de notre équipe les « Assises de la Réussite pour nos enfants et nos jeunes » avec son exigence forte d’un travail collectif avec nos concitoyens et les élus.
Conseiller général depuis 2001, réélu au premier tour en 2008 avec 58 % des suffrages des Gennevillois, il
porte et défend avec pugnacité nos dossiers locaux face à la majorité départementale, qui organise l’exclusion
sociale dans les Hauts-de-Seine. C’est aussi un militant actif de la vie associative.

Et vous, que ferez-vous ?
J. B.
Comme je vous l’ai dit, je continuerai bien sûr, au côté de Patrice Leclerc, mon engagement pour Gennevilliers au sein de la future équipe municipale et au Conseil général.
Les enjeux sont forts. Notre ville est observée, enviée.
Maintenir le cap nécessite à chaque étape, dynamisme renouvelé et expérience dans le rassemblement de tous autour de valeurs partagées qui font notre Gennevilliers.

Voir le magazine: http://www.ville-gennevilliers.fr/democratie-locale/presse-locale/gennevilliers-magazine/evenement/genmag-de-decembre/

 


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