SEANCE DU CONSEIL GENERAL DU 12 MARS 2010

La politique educative département - Intervention de Catherine Margaté

Monsieur le Président et cher(e)s collègues,

Vous nous proposez, avec ce rapport, de reconduire les actions à destination des collégiens affirmant que le Département mène une politique éducative efficace pour la réussite de tous les élèves.

Vous connaissez notre opinion sur ces dispositifs. S’ils sont appréciés dans les établissements, personne ne peut contester leurs limites. La journée de mobilisation des enseignants du second degré le rappelle, aujourd’hui, avec force.

De quelle efficacité parle-t-on face l’ampleur des problèmes auxquels sont confrontés les collèges : suppressions massives de postes, inégalités à l’école et au collège avec le socle minimum pour les uns, le maximum pour les autres, réformes inacceptables du lycée, de la formation des enseignants, de la gouvernance des établissements, remise en cause de l’éducation prioritaire, du service public d’orientation…

L’annonce de 16 000 nouveaux postes supprimés à la rentrée prochaine, cumulés à des réformes néfastes, annoncent une rentrée catastrophique dans un contexte où l’école devrait avoir les moyens de répondre aux enjeux éducatifs alors que la crise économique et sociale aggrave et conditionne l’avenir de la jeunesse. Les mobilisations se développent, nous les soutenons !

Avant toutes ces attaques, l’éducation nationale avait des qualités mais n’était pas parfaite, les inégalités de réussite scolaire en témoignent. Mais plutôt que de franchir une nouvelle étape décisive de démocratisation scolaire, le gouvernement multiplie les réformes régressives et veut transformer radicalement le second degré par un tri et une sélection précoce des élèves, et une mise en concurrence à tous les niveaux des élèves, des personnels et des établissements.

Alors oui, dans ce contexte, les actions pédagogiques qui ont « pour ambition de mobiliser des élèves en difficulté » sont bien sûr appréciées des collèges mais ne règlent rien sur le fond face aux moyens financiers et humains tellement insuffisants pour remplir leur mission.

Je voudrais à ce propos dire combien, il est incohérent et injuste de vouloir supprimer, sans aucune forme de discussion préalable avec les acteurs concernés, la subvention de 500 000 € au programme d’aide à la lecture. Un programme destiné à des enfants du primaire en difficulté qui vise à favoriser l’apprentissage et la maîtrise de la lecture et concerne 2 700 enfants répartis sur 31 communes.

Il n’y a rien d’anormal à s’interroger sur l’organisation, le bilan du PAL mais dire que ce dispositif a été repris par la mise en œuvre, par l’Etat, de l’accompagnement éducatif est une contre-vérité.

L’accompagnement éducatif actuellement est un dispositif poudre aux yeux car, s’il s’adresse « en principe » à tous les élèves, dans toutes les écoles, sur la base de projets de l’équipe enseignante, les moyens sont loin d’être mis là où il y a des difficultés.

D’autre part, depuis longtemps la majorité des communes du département ont mis sur pied des dispositifs plus ou moins élaborés d’activités périscolaires culturelles, sportives, ou de loisirs en complément des études dirigées. Les équipes éducatives préfèrent, en général, travailler avec leur commune qui a le mérite de payer régulièrement les acteurs des dispositifs partenariaux plutôt que de monter des projets en direction de l’Etat.

Avec ce dispositif d’accompagnement éducatif, on est loin d’un travail systématique sur la lecture même si certaines des activités proposées confortent l’approche et la pratique de la lecture et de l’écrit. Pourtant, la maîtrise de la lecture est toujours pointée comme une nécessité pour entrer dans le monde des apprentissages qu’est l’Ecole et en franchir avec succès les différentes étapes.

Nous vous demandons de revenir sur votre décision et de rétablir la subvention de 500 000 € au PAL².

Concernant la médiation éducative qui bénéficie à un peu plus d’un collège sur deux, nous portons la même appréciation que pour les actions éducatives. C’est apprécié mais les moyens mis à la disposition des collèges ne répondent pas aux suppressions de postes d’enseignants, de personnels administratifs et de vie scolaire, l’actualité récente l’a une nouvelle démontrée.

Mener une politique ambitieuse envers les collégiens, cela passe d’abord par une volonté politique de renforcer les dispositifs de l’Education nationale pour qu’elle remplisse mieux son rôle.

De par ses compétences qui sont nombreuses, le Département peut intervenir pour améliorer les conditions d’études et lutter contre les inégalités :

En favorisant les activités qui poursuivent des objectifs autres que scolaires et en créant les conditions d’un environnement riche culturellement, sportivement. Je rappelle quelques-unes de nos propositions :

· Abondement des crédits de fonctionnement pour mieux prendre en compte les outils de scolarité

· Dotations plus importantes pour les sorties pédagogiques culturelles ou d’activités physiques de pleine nature, les voyages scolaires et permettre la participation de toutes les familles

· Donner les moyens matériels suffisants et en installations sportives pour l’EPS

· Favoriser l’accès aux technologies de l’information et de la communication pour tous les collégiens.

En prenant mieux en compte les besoins et les attentes des familles notamment celles qui en ont le plus besoin.

· Instaurer une bourse de rentrée de 150 € pour les collégiens boursiers

· Prendre en charge à 50% la carte Imagine R pour tous les collégiens,

· Etendre le nombre de familles bénéficiant de l’aide départementale à la demi-pension.

Avec ces remarques, nous voterons ce rapport qui propose de poursuivre l’ensemble des actions éducatives.

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