Rapport 09.226

CONVENTION ENTRE LE DEPARTEMENT ET L’UNIVERSITE PARIS-DAUPHINE


Intervention de Catherine MARGATE

Monsieur le Président et cher(e)s collègues,

Avec cet accord entre l’université Paris Dauphine et le Pôle Léonard de Vinci, toute la presse s’est fait l’écho de l’ouverture de la « fac Pasqua » aux étudiants du public.

Notre groupe, qui depuis plus de 15 ans, n’a cessé d’exiger un débat sur l’avenir de ce pôle, une réflexion avec les élus, les pouvoirs publics, les responsables universitaires, les entreprises pour que ce pôle soit utile à l’université publique, est donc particulièrement sensible à cette ouverture.

Depuis le lancement du projet d’université privée départementale, la « Fac Pasqua » qui devait combler l’écart entre l’université et le système des grandes écoles a fait couler beaucoup d’encre, l’échec répété du Pôle Léonard de Vinci et sa gestion, dont nous n’avons cessé de dénoncer le manque de transparence, marquant très fortement et durablement la politique départementale d’enseignement supérieur.


 

Depuis 15 ans, à chaque budget, nous avons dénoncé l’immense gâchis de fonds publics que représente ce pôle privé qui n’a jamais eu d’universitaire que le nom.

Un puits sans fond de 431,6 M€ publics : 216,6 M€ pour l’acquisition, les études, la construction et la mise à niveau des installations et 215 millions de subvention de fonctionnement sur 10 ans comme vous l’avez rappelé, vous-même Monsieur le Président, à l’occasion de la remise des clés de l’IUT de Gennevilliers et ce, pour bien peu d’étudiants, 3000 alors qu’ils devaient être 5000 en 2000.

Nous continuerons donc à être attentifs. Il n’est pas question d’amplifier encore la dilapidation de fonds publics que représente ce pôle privé. Pas question que les 600 000 €, versés pour Paris Dauphine pour l’utilisation de locaux au Pôle Léonard de Vinci – 200 000 € de l’Etat, 400 000 € du Département – soient versés deux fois par le truchement de la subvention départementale votée, par la majorité départementale, chaque année depuis 15 ans.

Toujours très interrogatifs sur le fait que ce soient les moyens fiscaux des alto séquanais qui viennent au secours de l’Etat pour lui permettre d’assurer sa responsabilité en matière universitaire et toujours opposés au vote d’une subvention départementale au Pôle Léonard de Vinci, nous trouvons tout simplement scandaleux que l’université publique paie un loyer de 480 525 € hors taxe au PULV, à qui le Département met à disposition gratuitement ses 50 000 m² de locaux d’une valeur locative de 13 M€. Il est vraiment grand temps d’y mettre fin.

Attentifs, nous le resterons également sur les choix qui ont guidé la venue de l’Université Paris-Dauphine sur le site de la Défense.

En mars dernier, lors du vote d’une nouvelle subvention de fonctionnement de 10 M€ pour le Pôle, toujours sans aucun budget prévisionnel, ni aucun bilan, nous avions apporté notre soutien aux enseignants, chercheurs, personnels BIATOS et aux étudiants mobilisés pour défendre le service public universitaire et la recherche dans notre pays.

Nous resterons donc aussi attentifs au contenu des formations dispensés et aux droits d’inscription, le gouvernement entendant, au travers de la LRU, instiller la concurrence entre les établissements, la concurrence entre les agents du service public, des logiques de rentabilité qui jamais n’auraient permis à notre pays d’atteindre le niveau actuel de développement.

Dans un contexte où les critères d’attribution des bourses sont largement désuets et où plus de 50% des étudiants sont contraints à travailler pour financer leurs études, les frais qui ont doublés pour l’ensemble des diplômes dispensés par Paris Dauphine, doivent être revus.

Tenant compte de toutes ces remarques, nous nous abstiendrons sur la délibération proposée.

 

 


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