Question orale de Marie-Claude GAREL  sur les emplois de vie scolaire à Monsieur le Préfet des Hauts-de-Seine

Monsieur le Préfet,

Embauchés voici trois ans pour permettre l’intégration des élèves  handicapés ou aider les directeurs d’école dans leurs nombreuses tâches administratives, plusieurs dizaines de milliers d’emplois de vie scolaire (EVS) verront leur contrat s’arrêter le 30 juin prochain, dont quelques dizaines dans notre département.

Créés en 2005 par la loi Borloo, dite de « cohésion sociale », ces contrats aidés devaient, à l’origine, permettre aux personnes en difficulté d’intégration (chômeurs de longue durée, érémistes…) de retrouver le marché du travail, via cet emploi à temps partiel, bien sûr, mais aussi grâce à l’accès à une formation professionnelle, ce qui n’ait pas toujours le cas puisqu’aujourd’hui ils vont se retrouver à la porte du pôle emploi.

Dans les écoles, l’annonce du départ des EVS en poste a choqué beaucoup de parents et professeurs car ils correspondent à un vrai besoin en terme d’emplois et admettre, comme le déclare, Monsieur le Préfet, votre collègue du Pas-de-Calais qu’il faut un turn-over dans les contrats aidés et que les EVS actuels doivent céder leur place à d’autres, est faire fi de toute l’expérience engrangée, de l’apprentissage d’un vrai métier qu’est l’accompagnement à la scolarité des enfants en situation de handicap ou le secrétariat d’une direction d’école.

Monsieur le Préfet, plusieurs milliers de pétitions ont été signées par les parents, les équipes pédagogiques dans toute la France et, bien sûr, dans notre département, pour demander que ces emplois soient maintenus, que les personnes qui les occupent et qui ont fait preuve de leur capacité reçoivent des garanties immédiates pour leur réemploi.

Permettre à un enfant de maternelle d’être scolarisé au-delà de son handicap, aider un enfant à sortir de son fauteuil roulant ou à monter les escaliers, lui permettre de faire sa place dans un groupe classe, lui répéter les consignes de la maîtresse et l’aider dans les manipulations qui vont lui permettre de rentrer dans les apprentissages, tout comme épauler le directeur dans ses tâches administratives, pour mémoire, le directeur ou la directrice d’une école de 14 classes qui comptent entre 350 et 400 élèves ne bénéficiait avant l’arrivée des EVS d’aucune aide administrative, quant aux directions de moins de 13 classes, elles ne bénéficient même pas d’une décharge complète, telles sont les tâches des EVS. Ce sont de vrais métiers. Ils sont devenus indispensables aux équipes enseignantes.

Pendant ces trois années, ils ont fait progresser les élèves, acquis un savoir-faire, noué des relations professionnelles, acquis des compétences professionnelles qu’il ne faut pas perdre.

A l’exemple de ce que disait une EVS sur un enfant dont elle s’occupait :

« Lorsqu’il est arrivé à l’école, en 2006, il ne pouvait rester que deux matinées par semaine, maintenant, il est là 80 % du temps… Je suis très fier de ça et en même temps amer de voir mon contrat s’arrêter au 30 juin. Je m’étais investie dans ce métier, j’y croyais et tout ça n’aboutit à rien. »

 

Qu’en sera-t-il  pour la prochaine rentrée scolaire ?


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