RESTAURATION SCOLAIRE DES COLLEGES PUBLICS DES HAUTS DE SEINE – ANNEE 2009

Intervention de Catherine Margaté

 

 

 

Monsieur le Président et Cher(e)s Collègues,

 

Parce qu’il est important qu’un jeune ait une nourriture saine et équilibrée, qu’il ait tout simplement le droit à un repas le midi au collège, le taux de fréquentation de la restauration scolaire reste l’une de nos préoccupations majeures.

 

 

Avec le principe d’un tarif unique à tous les collèges, il est question, aujourd’hui, du souci « d’équité » de notre département envers les usagers du service de restauration. Alors oui, le sujet nous intéresse tant la fracture sociale s’invite à table.

 

Les personnes les plus pauvres consacre 22,3% de leur budget à l’alimentation, il n’y a rien d’étonnant à ce que ce poste, longtemps considéré dans les études sur le budget des ménages comme un poste parmi d’autres, soit aujourd’hui réévalué comme critère intrinsèque de la pauvreté.

 

Rien d’étonnant non plus à ce que le développement d’une alimentation à bas coût et moins diversifiée favorisant la surreprésentation du surpoids et les maladies chroniques dans les milieux populaires soit considéré comme une véritable atteinte à la santé publique.

 

C’est bien de cette iniquité, là, dont nous voulons parler dans cette assemblée.

 

Le bilan de la demi-pension a révélé, une nouvelle fois, les difficultés préoccupantes de l’application du barème départemental, les collèges en ZEP restant ceux où le pourcentage de demi-pensionnaires est le plus faible jusqu’à 14% seulement.

 

Pourquoi ce bilan ne permet-il pas d’étudier les mesures qui permettraient qu’un plus grand nombre de famille bénéficie de l’aide départementale et favoriseraient ainsi l’augmentation du nombre de demi-pensionnaires dans les collèges où les besoins sont les plus pressants.

 

A l’occasion du budget supplémentaire, nous avions donné trois exemples qui montrent, qu’au-delà de la question d’un tarif unique, le problème est bien d’abord le coût du repas pour les familles notamment pour celles dont les revenus sont modestes.

 

Je les rappelle :

  • Au collège  Pompidou à Villeneuve où le prix du repas est l’un des plus élevé - 2,76€ -, le pourcentage de demi-pensionnaires passe de 38 à 24,5% soit -13,5%.
  • Au collège Verhaeren à St Cloud, il continue de progresser passant de 95,6 à 96,8 % soit + 1,2%. Ce n’est pas parce que l’on y mange pour moins cher  (2,4 €).
  • L’exemple du collège Fournier à Clamart le montre bien. Avec un prix de repas identique à Villeneuve, son pourcentage se situe parmi les plus hauts avec 91,47% et + 9%.

 

Nous avions également démontré, à cette séance, comment une famille de 2 enfants dont les 2 parents touchent le SMIC paie son repas 2,43€ malgré l’aide départementale soit le même tarif qu’une famille non aidée de St Cloud.

 

Comment, la même famille paierait pour les repas de ses enfants dans une école de Malakoff 1,94€ soit 0,49€ de moins (-25,25%) et comment si nous appliquions le barème départemental, seulement 34,8% des enfants bénéficieraient d’une aide alors que le quotient familial permet d’aider toutes les familles selon la composition de la famille et ses revenus.

 

Pourquoi n’est-il pas répondu à nos demandes, celle d’avoir, collège par collège, le nombre de collégiens bénéficiant d’une aide départementale pour la demi-pension, ou celle de poursuivre la réflexion sur un quotient familial avec davantage de tranches, prenant mieux en compte la diversité des revenus et dont le plafond serait relevé ?

 

Au lieu de cela, il n’est question que de tarif unique et des difficultés pour y parvenir. Sans vouloir nier les difficultés rencontrées, nous savons aussi que lorsque le Département a décidé d’y mettre les moyens, il le peut.

 

Vous proposez, en ce sens, une large concertation afin que, sur la base de simulations effectuées par les services départementaux, nous puissions être parfaitement informés de la situation dans les collèges où nous siégeons. Puisqu’il est question d’information, nous renouvelons notre demande d’être destinataires de ces simulations mais aussi du coût, collège par collège de ce service de restauration. Nous souhaiterions également que soient associés à la concertation, les différents partenaires des collèges.

 

Car, il faut bien le dire, la concertation fait cruellement défaut sur cette question de la restauration. Après avoir été particulièrement attaché à l’autonomie des collèges lorsqu’il s’agissait d’appliquer le barème départemental à tous les collèges, cet attachement a progressivement disparu lorsqu’il a été question d’imposer la liaison froide comme mode de restauration, la convention cadre liée à l’aide département à  la demi-pension (cela fait deux ans que cette aide n’est pas versée aux familles du collège E. Manet. On comprend pourquoi le pourcentage de demi-pensionnaires n’est que de 19%), l’avenant à la convention cadre au choix d’un prestataire privé, seul moyen d’après vous d’arriver au tarif unique en réalisant des économies d’échelle.

 

En confiant la fabrication et la livraison des repas à une société privée comme vous l’avez fait avec la Sodexho pour les nouveaux collèges, vous affirmez vouloir réduire les coûts. Un souci de gestion qui ne peut justifier que l’on substitue le privé aux agents de service pour le service des repas, un personnel infiniment plus performant en terme de qualité relationnelle, connaissant les élèves et les autres personnels avec lesquels ils doivent coopérer.

 

Nous ne partageons pas cette vision de la gestion. La consultation des partenaires du collège et l’autonomie des établissements doivent être respectées. Et quand bien même le choix serait fait de poursuivre la transformation des cuisines en liaison froide, il n’y a rien qui impose de confier leur gestion au secteur privé.

 

Nous considérons que le Département peut et doit, au contraire, décider d’un véritable service public de la restauration ouvert à tous, quelle que soit  la situation sociale des familles.

 

Sur la délibération, nous voterons pour.

 

 

 


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