SEANCE DU CONSEIL GENERAL DU 27mars 2009

Rapport n°09.91

Intervention de Marie-Claude GAREL

Monsieur le Président, mesdames, messieurs,

A la lecture de ce schéma départemental de la PMI, nopus mesurons pleinement combien ce secteur est important pour l’ensemble de la population des Hauts de Seine et le constat que le taux de couverture des habitants dépassent tous les standards nationaux est quelque chose dont nous pouvons être fiers et avoir à cœur de préserver, voire d’ augmenter.

Malheureusement, à la simple lecture du document, on constate un net déséquilibre entre les orientations et les moyens. La liste des orientations est ambitieuse mais, au vu de la gestion des moyens préconisés, nous risquons de sélectionner les personnes et familles les plus fragiles à qui on réserverait les PMI alors que les autres seraient suivis par les médecins de ville au détriment du travail pluridisciplinaire de l’équipe de PMI.

Quelques points ont attirés plus spécialement mon attention :

-      le premier concerne la réorganiosation de la répartition des tâches et des activités,

Mûri par l’expérience, le vocabulaire utilisé ne peut qu’être inquiétant .

Car quand on parle de regroupement, il faut aussi entendre fermeture, comme, par exemple, les centres anti-tuberculeux regroupés dans un premier temps puis maintenant tous fermés.

-      la précision que chacun connaît, quand mutualisation veut dire pas d’embauche, augmentation des tâches à moyens constants et, néanmoins, diminution des prestations proposées. Mutualiser c’est ainsi diminuer le nombre de consultations par secteur.

-      la lecture de revoir les profils et qualification ne peut que se lire : revoir vers le bas. Il y a, quelques années, médecin et puéricultrice étaient chargés, ensemble, de l’attribution de l’agrément assistante maternelle, le médecin est remplacé aujourd’hui par une éducatrice de jeunes enfants et l’on préconise maintenant que ce travail ne soit plus assuré par les puéricultrices mais par des travailleurs sociaux dont je ne suis pas certaine que la formation et la qualification correspondent à ce genre de mission.

Tout comme on peut lire, à la suite, l’intervention ciblée entre la puéricultrice et le médecin , celui-ci intervenant si une anomalie est détectée par la puéricultrice dans le cadre du bilan en maternelle.  Envisage-t-on de supprimer la rencontre médecin/ parents des élèves de petite section ? Pourra-t-on, après, toujours parler d’un bilan médical ? Quid des anomalies qui échapperaient à la puéricultrice dont la formation de grande qualité ne fait pas pour autant d’elle un médecin ?Quid du travail avec les enseignants pour prévenir les troubles des apprentissages ?

Quant aux surdotations de certains secteurs, parlons-en ST1 Gennevilliers/Villeneuve-la-Garenne, ST 4 Nanterre/Rueil-Malmaison, tellement surdoté que, vraiment, mon école n’a pas de chance, mais cette année il n’y aura pas de bilan santé car il n’y a pas de médecin.  ST7, Chatenay-Malabry/le Plessis-Robinson/Clamart/Malakoff  Les besoins des populations s’expriment aussi par les réalités sociales. et ST8 qui a de nombreux départs à la retraite prévus.

-      Pour aborder un autre aspect, on peut aussi s’interroger sur le regroupement des activités du Conseil général dans un même lieu. Si les économies sont sûrement indéniables, c’est aussi renoncer à un service de proximité qui fait la force et l’efficacité des centres PMI,  c’est rendre le maillage des territoires par les services publics plus lâche. C’est moins de services publics dans les quartiers.

-      Quant au dernier point que je voudrai relever, c’est à la page 29, dans le cadre de la coopération avec la MDPH, je cite dans le texte : « la PMI a un rôle fondamental  concernant les missions de pré-diagnostic et d’orientation des jeunes enfants vers la MDPH », je vous rappelle que vous avez , comment dire regroupés, mutualisés les ERH et que sur 20 agents des équipes ERH, il n’en reste plus que deux. Alors que ce premier travail d’explication auprès des familles était primordial, envoyer quelqu’un directement à la MDPH alors qu’il vient d’apprendre le handicap de son enfant est source d’échec de la démarche pour tout le monde, les soignants, les parents et, fondamentalement, l’enfant qui est pourtant au cœur de la démarche. C’est souvent reporter de plusieurs années la prise de conscience par la famille et l’ acceptation de la situation.

 

Pourtant, j’ai lu que, selon l’étude de l’IGAS, page 6, je cite : «  les dépenses de PMI qui sont essentiellement des dépenses de personnel représentent une dépense publique modeste au regard de la population concernée et des enjeux de santé publique qui s’y attachent. »

Bien sûr ce sont des données nationales mais, même avec la crise, notre département peut se permettre d’avoir les moyens de ses ambitions et surtout, ne visons pas à rentrer dans les standards nationaux des taux de couverture, le nivellement par le bas n’est jamais une bonne chose.

 


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