globe2.gifSEANCE DU CONSEIL GENERAL 30 Mars 2007 - Intervention de PATRICE LECLERC - Rapport N°7.112 - Actions 2007 pour le développement économique international

Monsieur le Président Sarkozy,

Mes chers collègues,

Votre politique internationale pragmatique s’inscrit et participe du développement de la concurrence entre les territoires et entre les peuples. Votre pragmatisme consiste à faire comme ailleurs, un peu plus qu’ailleurs en terme de financement parce que notre département est le plus riche de France. Au final, il y a pas d’originalité, c’est la continuité des exercices précédents et ceux de votre prédécesseur.

 

Depuis des années nous demandons l’instauration d’un contrôle et d’un conditionnement des fonds publics à destinations des entreprises privées. Après avoir argumenté contre cette proposition, votre majorité a repris cette proposition. C’est une bonne chose.

 

Vous proposez donc de conditionner les subventions aux entreprises privées à l’obligation de conserver l’entreprise au moins un an sur le Département. C’est un premier pas, nous vous proposons d’ajouter comme condition : le maintien du nombre de salariés dans l’entreprise.

En matière de coopération : pas une seule fois vous ne citez la Sem Coopération 92.

S’agit-il d’un oubli ? D’une façon de ne pas parler des sujets qui fâchent ?

Dans le rapport 07.146 j’ai noté page 4 que vous parlez de COOPERATION 92 comme étant pilote sur la coopération : je vous cite : " dont 4.06 M€ de participation au titre de la coopération aux actions menées par la SEM coopération 92 ".

Qui mène les actions de coopération : la SEM ou le Conseil Général ?

Dans le présent rapport de présentation celle-ci n’apparaît plus, n’apparaît pas, ni comme pilote, ni comme étant l’organe d’exécution de la politique départementale en matière de coopération.

Je vous demande donc de préciser ce qu’il en est réellement. L’absence de la Sem Coopération 92 dans ce rapport témoigne-t-elle d’une volonté politique et si, au final vous avez décidé de ne plus recourir, vous engage-t-elle à prendre les mesures nécessaires à sa dissolution ?

Le groupe communiste note une inflexion, certes partielle, mais une inflexion dans les intentions que vous affichez en matière de politique internationale. Enfin, serais-je tenté de dire, la question du développement global des populations et celle du partenariat avec des ONG, avec les alto-séquanais sont évoquées, avancées comme objectif.

Cela répond en partie aux critiques faites par le groupe communiste lors de notre séance du 8 octobre 2004.

Le Conseil général fait trop souvent office de guichet, sans que l’on comprenne bien les critères de choix des aides. Sans que l’on appréhende bien l’impact sur place : Si la SEM coopération assure la maîtrise d’ouvrage des opérations, qui fait les travaux ? Qui désigne les entreprises ? Dans quelle mesure nos actions permettent que la coopération ne soit pas " une rente ", une fin en soi, mais un moyen pour que les habitants du pays concerné deviennent les acteurs de leur propre développement comme vous semblez en affirmer la volonté dans le rapport ?

Dans quelle mesure les entreprises locales sont-elles associées ?

Mais aussi dans quelle mesure les populations alto séquanaises sont-elles associées, de façon bien plus importante que les deux ou trois exemples contenus dans le rapport ?

La faiblesse de votre action en ce domaine constitue un handicap pour une bonne appréhension et appropriation de la politique de leur département par les habitants des Hauts-de-Seine.

On peut estimer à environ 300 millions de francs les sommes consacrées au développement et à la coopération durant toutes ces années ?

La portée de ces opérations dans la population des Hauts-de-Seine est pourtant proche de zéro !

Pourtant, tous les acteurs de la coopération décentralisée sont unanimes sur ce point : c’est un véritable échange qui doit être initié, et non pas une quelconque aide unidirectionnelle, depuis le riche nord vers le sud déshérité.

Les populations de notre département ont aussi beaucoup à apprendre, les enrichissements doivent être mutuels.

Des demandes nouvelles se font jour chez nos concitoyens, notamment en faveur d’échanges solidaires, de commerce équitable, de tourisme solidaire, de parrainage, sans parler de projets pédagogiques pouvant provenir des collèges et lycées. Il y a là de nouveaux domaines d’actions à explorer, à développer. "

Vous faites un pas en ce sens, nous nous en félicitons.

Parler de coopération c’est bien évidement, comme vous le proposez, baser notre activité sur les relais locaux dans chaque pays. Des lors deux questions se posent : celle du cheminement des dossiers de coopération qui nous sont proposés. De qui émanent-ils ? Quelles sont nos critères pour répondre aux demandes.

Pour notre part, nous considérons que notre politique de coopération doit s’inscrire dans une certaine forme de continuité, dans l’objectif de développer des dynamiques locales dans les Hauts-de-Seine.

Aussi nous vous proposons de prendre comme critère prioritaire aux choix des activités de coopérations internationales de notre département le fait que les projet se construisent ou sont en relation avec les communes et les associations de notre département.

En plaçant les communes et les associations du département au cœur de notre politique de coopération nous faciliterions l’idée d’échange avec la population tout en garantissant une cohérence dans notre intervention, cohérence qu’il nous manque parfois.

Pour conclure, Monsieur le Président, je souhaiterais renouveler une nouvelle fois notre regret de ne pas voir figurer de projets de coopération avec la Palestine. J’ai déjà eu l’occasion de le souligner ici, depuis Juin 2003, ce sont 6 délibérations qui ont été votés en faveur d’association qui interviennent en soutien à Israël, pas une seule en soutien ou en direction de la Palestine et du peuple palestinien. De fait, notre département mène une politique unilatérale de coopération dans cette région du monde. Ce n’est pas notre choix. Nous souhaiterions que nous participions, que nous organisions des initiatives qui favorisent la paix. Nous demandons des actions en solidarité avec les personnes qui souffrent en Palestine comme en Israël. Il y a à faire à partir des objectifs affichés de développement global des populations les plus défavorisées dans cette région du monde.


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