Séance du 23 juin 2006 - Intervention de Patrice Leclerc sur le rapport n° 06.238 - Subvention exceptionnelle pour l’organisation de la manifestation " les tentes de la Paix " à Jérusalem

Monsieur le Président Sarkozy,Cher-e-s Collègues,

Ce rapport traite d’un sujet délicat. Cette manifestation culturelle, inscrite dans le cadre de la Saison française en Israël, " Les tentes de la Paix " a une forte résonance politique.

Le groupe communiste est pour soutenir, tout acte, toute action qui pourrait faire progresser la paix au Proche Orient. Nous soutenons toutes les forces en Palestine et en Israël qui agissent en ce sens.

Avec ce rapport, nous sommes mis devant le fait accomplis alors qu’il aurait été intéressant qu’un débat puisse se tenir dans notre assemblée sur l’opportunité de l’initiative. C’est après la tenue de l’initiative que l’on demande aux élus du département de décider et voter une subvention. Il aurait pu en être autrement puisque Madame Halter a déclaré au monde en mai que c’est " sur une idée de Nicolas Sarkozy que les quatorze " tentes de la paix " sont financées en grande partie par des collectivités locales française à raison de 15 000 euros par tente. Si vous l’aviez souhaité, Monsieur le Président, vous auriez donc pu associer tous les élus dans les temps.

Le correspondant à Jérusalem du journal le monde du 19 mai 2006 note que "  Cette démarche louable s'inscrit cependant dans un contexte local dégradé. La dernière rencontre en date entre les plus hauts responsables israéliens et palestiniens remonte à une année. Ce blocage politique relativise la portée symbolique de cette initiative qui s'ajoute à des dizaines d'autres d'inspiration tout aussi pacifiste, concerts ou rencontres sportives, toujours très médiatisées, surtout en Occident, mais qui tournent à vide en marge du conflit.

Les " tentes de la paix " se heurtent de plus à l'absence de l'un des deux protagonistes du conflit, puisque, à l'exception d'une partie des habitants de Jérusalem-Est, la majorité des Palestiniens n'ont plus librement accès à la ville depuis la construction du mur qui la coupe presque hermétiquement de la Cisjordanie. Le consulat général de France a tenté de combler cette lacune embarrassante en invitant des membres de la société civile palestinienne, mais aucun représentant officiel palestinien, en revanche, ne devrait assister à l'inauguration de l'installation. Le mur de séparation est destiné officiellement à prévenir les infiltrations de porteurs de bombes palestiniens, mais il permet également d'annexer à Israël une partie des quartiers conquis en 1967.

Clara Halter rend d'ailleurs curieusement hommage à cette politique, qui ne fait plus d'une paix négociée une priorité, sur le site Internet dédié à l'installation, puisque son oeuvre, va, selon elle, " à la rencontre du nouveau courant de la politique israélienne initié par Ariel Sharon et soutenu par Shimon Pérès ". Fin de citation

En complément avec ce rapport, et dans l’objectif de contribuer à faire avance une paix négociée au Proche Orient, le groupe communiste demande que notre assemblée fasse des vœux, prenne aussi des actes pour que soit rétablie l’aide financière de l’union européenne à la Palestine, le reversement des taxes douanières dus par Israël à la Palestine, ainsi que pour l’application de la décision de la Cour internationale de justice ordonnant le démantèlement du Mur en territoire palestinien.

Les Présidents de groupe pourraient étudier toutes les formes d’initiatives utiles en ce sens et faire des propositions à notre assemblée pour une prochaine séance.