92.jpgSéance publique du 30 mars 2007
Intervention de Patrice Leclerc de politique général sur le "Développement économique des Hauts-de-Seine"

Monsieur le Président Sarkozy,

Chers collègues,

Le groupe communiste est attaché à la présence dans notre département de grands pôles industriels. Cela témoigne tout à la fois de l’histoire de notre département et du savoir faire des salariés de notre région qui font le succès de ces entreprises.

Les conséquences des politiques libérales menées ces dernières décennies, des dictats des marchés financiers, de la course effrénée aux profits n’ont pas épargné les salariés de notre département. Les délocalisations, les suppressions d’emplois, nous touchent ici comme ailleurs. Il n’y a pas d’effet Sarkozy dans le 92 sur l’emploi meilleur que celui du Ministre de l’économie qu’il fut, malgré l’importance des fonds publics que nous versons aux entreprises et initiatives privées, s’ajoutant souvent aux dégrèvements de l’Etat sur les charges patronales.

Si nous serons d’accord sur l’échec du modèle soviétique, le modèle économique qui consiste à donner toujours plus de fonds publics pour l’initiative et l’investissement privés, toujours plus de dégrèvements de charge patronale, de collectivisation des coûts des suppressions d’emplois, des délocalisations, et toujours plus de privatisation des profits, ne fait pas preuve d’une grande efficacité sociale. Il fait même des dégâts humains. Il faut donc travailler sur une autre alternative, développer la responsabilité sociale des entreprises, donner plus de pouvoirs de contrôle et d’intervention dans la gestion pour les salariés, les citoyens.

Pour la première fois, la nouvelle génération, celle qui construira le monde de demain est inquiète et craint d’être celle qui vivra plus mal que la précédente. Cette inquiétude, comment ne pas la comprendre quand à tous les échelons, à tous les niveaux règnent la précarité, les journées faites d’incertitudes sur ce que sera le demain, l’angoisse des fins de mois. Alors me répondrez-vous le chômage baisse, même un peu plus que la moyenne nationale.

Mais dans les faits cette baisse vous la devez non pas à votre politique d’emploi, mais à la radiation des chômeurs ou à l’exclusion de ceux-ci du système d’assurance chômage en raison du durcissement des conditions d’accès, à la composition sociologique de la population. Les chiffres sur le nombre des RMIstes à coté des chiffres sur le nombre de chômeurs ressemblent à des vases communiquant.

Fin 2005, notre Département comptait une baisse de 2,5% d’emplois industriels, alors qu’en 2004 la baisse était de 1,8%. Derrière les chiffres il y a des entreprises : Thalès, les licenciements à Shell, Alcatel, ou à UPS. Il y a des hommes et des femmes.

Ce dont à besoin notre Département, c’est bel et bien d’une politique qui vise à pérenniser l’emploi industriel, tout en développant les autres secteurs, comme les services à la personne. Il ne s’agit pas pour nous d’opposer les secteurs, mais de trouver les outils pour leur permettre d’être complémentaires. Notre Département en a besoin, les Alto Séquanais aussi.

D’ailleurs, la logique que le groupe communiste dénonce avec les pôles de compétitivité, à savoir la concurrence entre les territoires et la course aux profits est bien celle qui a motive les départs des groupes comme Thalès.

Vous séparez insertion sociale et retour à l’emploi alors que l’ensemble des acteurs sociaux sur le terrain s’évertuent à montrer la complémentarité de ces actions pour réussir une insertion professionnelle. Cette orientation visant à sous-estimer l’importance des efforts à conduire pour permettre à beaucoup d’allocataires de pouvoir retrouver le chemin de l’emploi, nous fait craindre de sérieuses diminutions concernant les actions du programme d’insertion sociale. Inquiétude par ailleurs partagées avec les association qui interviennent en vue de favoriser un retour durable à l’emploi pour les bénéficiaires du RMI et d l’API.

Ainsi le "Comité des Associations Intermédiaires des Hauts-de-seine " s’inquiète du montant des subventions proposées qui souligne-t-il, "ne correspondent pas, la plupart du temps aux montants sollicités " et qui "ne tiennent pas compte de l’évolution des situations locales, notamment de l’accroissement du nombre d’allocataire RMI ".

En matière d’insertion et de retour à l’emploi vous faite le choix idéologique et très coûteux de recourir à l’entreprise privée Ingeus. Ainsi, avec votre majorité UDF-UMP, ce sont 6 800 000 € supplémentaires que vous donnerez à Ingeus en lieu et place du Secteur Public. Et pour quels résultats? Pour 388 personnes ayant au moins retrouvés un emploi…mais pas forcément un emploi stable.

Ainsi, lors d’un dernier groupe de 20 jeunes qui ont été coachés moyennant 38 460 Euros, seulement 4 ont signés un CDI, 3 un CDD et 13 autres sont restés sans débouchés professionnels. Je ne comprends toujours pas pourquoi nous passons par le privé pour de tels résultats. Pourquoi ne contractualisons pas avec le service public ? Avec les mêmes moyens, il pourrait faire aussi bien, voire mieux.

Pour conclure, Monsieur le Président, nous réaffirmons notre opposition à la conception et aux orientations libérales autour des pôles de compétitivité qui en font des lieux de concurrence entre les territoires, plus que d’activités nouvelles et de créations d’emplois.


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