Séance du CG du 24 OCTOBRE 2003 - INTERVENTION DE PATRICE LECLERC SUR L'EMPLOI
Monsieur le Président,

Le groupe communiste votera ce rapport en faveur des jeunes entreprises.
Mais j’insiste sur le fait que ce type de rapport, comme d’autres que nous votons ne forme pas une réelle politique pour l’emploi dans notre département.

J’observe que notre collègue Bary a changé de discours depuis plusieurs mois. Un discours qui ne s’est pas adapté à la réalité mais à la politique. En effet, jusqu’ici il glorifiait l’action du département sur l’emploi pour mieux vilipendier celle du gouvernement quand il était de gauche ! Ce qui était de la responsabilité du gouvernement devient étrangement celui d’une conjoncture internationale !

Dans le Parisien du 24 juin dernier, vous avez fait passer un encart à l’occasion des 40 ans des Hauts-de-Seine. Sous le titre Bonne santé de l’emploi : vous écriviez :

« Les Hauts de Seine restent un territoire convoité par les entreprises à tel
point que le département, avec 759.000 salariés est le 2ème vivier d'emplois
après Paris(…) Cette politique offensive menée par le Conseil général visant à favoriserleur implantation a un effet immédiat sur l'emploi.
Le taux de chômage au troisième trimestre 2002 était de 8 % contre 8,6 %
pour l'Ile de France et 9 % pour l'ensemble de l'hexagone. Jamais, le taux
de chômage n'a dépassé les 10 % sur le département. Et pour cause, les
créations d'emplois y sont les plus importantes de la région parisienne..."

Comme le dirait notre collègue Bary : la conjoncture change.mais notre département ne fait pas la preuve d’une meilleur efficacité de résistance en terme de remonté du chômage !

Pour aller vite, nous payons ici comme ailleurs la politique libéral du gouvernement et les choix patronaux exclusif en matière de rentabilité financière.

Ainsi le Parisien d’hier nous annonce des licenciements ou délocalisations partout dans le département : 260 à Alstom Levallois, 169 à aventis Antony, 100 à Canon Courbevoie, 180 à Kodak Bagneux, 130 à Débitel Chaville, 250 à Dolphin Meudon,167 à Locatel plus des délocalisations de production à la Snecma Gennevilliers.

Mais ici, nous ne résistons pas, nous ne cherchons pas à modifier la situation, nous l’accompagnons. C’est cela que nous contestons dans votre politique comme dans celle du gouvernement, c’est justement la démission du politique devant les intérêts financiers. C’est même la soumission à ceux-ci.

A plusieurs reprises, les élus communistes de cette assemblée sont intervenus pour que nous cherchions collectivement à jouer un rôle contre la désindustrialisation du département. Nous avons prêché dans le désert.

Certains ici, comme une théorie en vogue, pensant que la mondialisation amenait forcément un départ des entreprises de production et qu’il nous fallait nous concentrer sur du travail demandant beaucoup de qualification, de savoirs faire, de technicité. Mais cela c’est de la fuite en avant. Demain, très rapidement, le savoir faire, la technicité va aussi s’exporter. Comme le soulignait un article des Echos, il n’y a aucune raison, pour que les actionnaires qui recherchent des taux de 15% de rentabilité, gardent une seule entreprise en France. Il faudra bien un jour regarder cette réalité en face, pour qu’à tous les niveaux de la société, et donc aussi au niveau du département, des mesures, des initiatives soient prises contre cette financiarisation croissante des entreprises.


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