LETTRE OUVERTE A MONSIEUR DEVEDJIAN, PRESIDENT DU CONSEIL GENERAL DES HAUTS DE SEINE

Monsieur le Président,

Dans votre discours du 30 mars 2011, lors de votre élection à la présidence du Conseil général, vous déclariez :

«La maitrise de la dépense publique, pourtant difficile en ces temps de crise, nous a permis de dégager des marges de manœuvre afin de renforcer la solidarité, dont le budget a pu ainsi augmenter de 20%. Un effort rendu d’autant plus nécessaire que la crise économique a eu des conséquences sociales lourdes. Or nous sommes bien là dans le cœur de métier du Conseil général. Que ce soit pour l’insertion et le retour à l’emploi,.., nous devons être créatifs et exemplaires »

Mais force est de constater qu’il y a loin du discours à la réalité.

En effet, que penser de l’attitude du Conseil général des Hauts-de-Seine, qui lors de l’examen des dossiers déposés au titre de la politique de la ville, exclut tous les projets préparés de longue date relevant du domaine de l’emploi et de l’insertion, en modifiant récemment les règles d’attribution?

Sont particulièrement affectées sur notre ville des associations comme L’Etrier et Intervalle, et les structures telles que la Mission locale, le PLIE, la Boutique Club emploi de Gennevilliers, dont les publics sont majoritairement issus des quartiers en CUCS.

Malgré votre promesse de maintenir l’enveloppe consacrée aux actions conduites au titre de la politique de la ville, ce sont près de 83 000 € en moins, rien que pour les axes développés au titre de l’insertion et de l’emploi, soit moins 85% par rapport à 2010 !

 

En temps de crise, sur un territoire où 16% de la population active est au chômage avec 22% des moins de 26 ans, où le revenu par foyer fiscal est le plus bas du département, ne pas financer les principaux acteurs de l’insertion professionnelle relèverait effectivement, de la part du Conseil Général des Hauts-de-Seine, d’un choix politique fortement marqué au détriment de ces mêmes populations.

Vous relaieriez ainsi, sans vouloir l’avouer, le désengagement de l’Etat pour le financement des actions conduites au titre de la Politique de La Ville.

Des actions originales et innovantes indispensables à l’insertion et à l’accompagnement pour l’emploi, que seul le Contrat Urbain de Cohésion Sociale finançait jusqu’à présent, seraient renvoyées à des financements de droit commun, eux-mêmes en baisse.

Mais, Monsieur le Président vous oubliez notamment que le PLIE et la Boutique Club Emploi n’ont jamais été financés par le Conseil Général au titre dudit droit commun !

En supprimant ces financements vous mettriez en péril des actions spécifiques conduites en direction des publics en difficulté, des jeunes les plus touchés par la crise, notamment dans les secteurs sensibles.

56 600 € en moins pour Gennevilliers Insertion.

Seraient ainsi remises en cause des actions conduites par la Boutique Club Emploi et le PLIE en direction principalement des personnes issues des quartiers sensibles et des territoires relevant du CUCS, visant à l’aide personnalisée pour la recherche d’emploi, à l’accompagnement à la création d’activité, à l’insertion par la formation, la recherche de stages en entreprises et le montage de chantiers d’insertion, à la médiation entre publics des territoires prioritaires à la recherche d’emploi et les entreprises, à la facilitation de l’embauche des Gennevillois par l’organisation de rencontres régulières avec des recruteurs…

10 000 € en moins pour la Mission Locale.

Celle-ci touche 75% des jeunes demandeurs d’emploi majoritairement sortis du secteur scolaire sans diplômes ou au premier niveau de qualification, dont 62% résident dans un quartier politique de la Ville. Elle est confrontée à un nombre croissant de jeunes en recherche d’insertion professionnelle et, avec la crise, de jeunes qui étaient en emploi précaire.

Mais là aussi vous remettriez en cause des actions spécifiques d’accompagnement ne relevant pas du droit commun visant à faciliter l’intégration des jeunes en formation ou en entreprise par un travail préliminaire d’accompagnement, de sensibilisation, de mise en situation, à la découverte des entreprises et des secteurs d’activités, des métiers, pour préparer une formation en alternance et la possibilité de décrocher un emploi, ……

Vous mettriez également en cause les actions conduites par les Associations et entreprises d’Insertion de notre territoire, telles Intervalle et l’Etrier, dont le travail est reconnu de tous, en leur supprimant 20 000 € de subvention.

Un tel changement de « cap », au détriment des populations qui en ont le plus besoin, ne peut être admis.

C’est pourquoi nous vous demandons de respecter vos engagements « d’une politique de solidarité notamment dans le domaine de l’insertion et de l’emploi », de financer toutes ces actions indispensables relevant jusqu’à présent de la politique de la Ville, et de nous accorder un rendez-vous dans les plus brefs délais.

Nous vous prions de croire, Monsieur le Président, en l’assurance de nos sentiments distingués.

 

Roland MUZEAU

Député

1er Maire Adjoint

Jacques BOURGOIN

Conseiller Général

Maire

Patrice LECLERC

Conseiller Général

Conseiller municipal

 

Arielle VERMILLET

Adjointe au Maire

Insertion et Emploi

Zine BOUKRICHE

Président de la Mission Locale

Conseiller municipal délégué


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