RAPPORT 10.46

Programme d'action de développement territorial et immobilier d'entreprise

Intervention de Patrice LECLERC

Monsieur le Président, Cher(e)s Collègues,

Ce rapport présenté comme le programme d’action de développement territorial et immobilier d’entreprise illustre une caractéristique symptomatique de votre politique.

En 12 pages, pas une fois n’apparait le mot « industrie » et une fois seulement le mot « industrielle » est adossé au mot tradition.

Ce n’est pas étonnant, depuis plus de 10 ans que je suis élu dans cette assemblée, avec mes collègues du groupe communiste, à chaque fois que nous intervenions pour demander à la majorité UMP d’agir pour défendre l’emploi industriel, contre les délocalisations d’industries, pour conserver le caractère industriel de notre département, vous, Patrick Devedjian, le président précédent, Nicolas Sarkozy, celui d’avant, Charles Pasqua, et tous vos amis politiques nous traitaient de ringards. L’industrie n’avait plus sa place en région parisienne. Place à la finance. 

Permettez-moi de me citer lors de la séance du 24 octobre 2003 : « le Parisien d’hier nous annonce des licenciements ou délocalisations partout dans le département : 260 à Alstom Levallois, 169 à Aventis Antony, 100 à Canon Courbevoie, 180 à Kodak Bagneux, 130 à Débitel Chaville, 250 à Dolphin Meudon,167 à Locatel plus des délocalisations de production à la Snecma Gennevilliers. (…)

A plusieurs reprises, les élus communistes de cette assemblée sont intervenus pour que nous cherchions collectivement à jouer un rôle contre la désindustrialisation du département. Nous avons prêché dans le désert.

Certains ici, comme une théorie en vogue, pensant que la mondialisation amenait forcément un départ des entreprises de production et qu’il nous fallait nous concentrer sur du travail demandant beaucoup de qualification, de savoirs-faire, de technicité. Mais cela c’est de la fuite en avant. Demain, très rapidement, le savoir faire, la technicité va aussi s’exporter. Comme le soulignait un article des Echos, il n’y a aucune raison, pour que les actionnaires qui recherchent des taux de 15% de rentabilité, gardent une seule entreprise en France. Il faudra bien un jour regarder cette réalité en face, pour qu’à tous les niveaux de la société, et donc aussi au niveau du département, des mesures, des initiatives soient prises contre cette financiarisation croissante des entreprises. »

Je me rappelle également avoir ici interrogé Monsieur le Préfet des Hauts-de-Seine, le 27 juin 2008, pour qu’il intervienne contre la cession par le groupe Safran du brevet du procédé « aube de soufflante » (aube fan composite RTM) alors que « cette cession mettait en péril l'activité industrielle sur le site de la Snecma à Gennevilliers / Colombes. Je dénonçais un acte qui allait accroître le processus de désindustrialisation de notre département ». 

L’Etat n’a pas bougé sur ce dossier, pire il l’a encouragé. Pas un élu de la majorité de ce département n’a bougé le petit doigt sur ce dossier.

J’aimerai avoir eu tord. Mais on voit le résultat de votre politique, de cette politique d’abandon industriel !

Le groupe communiste et citoyen, quelque soit le gouvernement, n’a pas changé ses propos, Nicolas Sarkozy si, très récemment.

Tirant les conclusions des états généraux de l'industrie, le chef de l'Etat a présenté la semaine dernière les grandes lignes d'une politique visant à enrayer l'érosion de ce secteur qui, en valeur ajoutée, ne représente plus que 16% du PIB français contre 30% en Allemagne et 22% dans l'ensemble de la zone euro.

Les 23 orientations retenues doivent permettre à la France d'augmenter sa production industrielle de plus d'un quart d'ici 2015 et d'arrêter l'érosion de l'emploi industriel, passé de 25% de la population active des secteurs marchands en 2000 à 21% en 2009.

Cet objectif n’est pas terrible. Henri Guaino, le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, a reconnu qu'une augmentation de 25% ramènerait la production industrielle au niveau de 2008.

"Rattraper tout ou partie de ce retard est déjà un objectif très volontariste", a-t-il assuré sur i>Télé.

Mais visiblement, la majorité du département, ne compte pas accompagner cette promesse du Président de la République d’augmenter  la production industrielle. La production est absente de votre rapport.

Vous allez, à juste titre me rétorquer que les sièges sociaux,  la recherche peuvent contribuer au développement industriel, c’est vrai, si et seulement si, vous contribuez à empêcher les départs, si, plutôt que de favoriser la spéculation immobilière sur les terrains industriels vous prévoyez d’aider à la réindustrialisation de notre département, si vous vous mettiez résolument aux cotés des salariés, de l’emploi plutôt qu’au coté du MEDEF et des boursicoteurs.

Votre programme s’inscrit toujours dans une logique économique libérale de concurrence entre les territoires, concurrence au niveau du monde, de l’Europe et de la région. Nous sommes loin d’une conception d’un développement durable car solidaire.

Il aurait été nécessaire que ce rapport comporte :

-  des commandes d’études pour la réindustrialisation du département

- des propositions d’initiatives avec les salariés pour observer et prévenir les délocalisations et contrôler l’utilisation des fonds publics

- des propositions sur l’aide de notre département au développement du secteur de l’économie sociale et solidaire, notamment aux SCOP (Société Coopérative de Production)

-  des études pour un développement économique mutuellement avantageux en Europe et dans le monde.

-  L’utilisation de l’agence foncière pour aider et favoriser l’implantation d’entreprises industrielles

Nous voterons contre la délibération n° 1 sur DEFACTO car il est pour nous injuste que tous les Altoséquannais paient 7/13ème des frais de fonctionnement de la Défense, soit 5 M€ cette année, alors que La Défense est assise sur deux des villes les plus riches de France, Puteaux et Courbevoie.

Pour la délibération sur la conférence territoriale de la Vallée de scientifique de la Bièvre.

Contre le soutien à l’ancrage territorial des pôles de compétitivité pour le développement d’une offre immobilière adaptée au territoire.

Pour les autres délibérations (n°4, 5, 6, 7,8 et 9)


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