Intervention sur le budget des affaires économiques, développement international et formation professionnelle - Intervention de Patrice Leclerc

Séances des 24 et 25 mars 2005

 

Voilà un domaine, Monsieur le Président, qui échappe, semble-t-il à votre volonté de changement. Ce qui nous est proposé ressemble comme deux gouttes d’eau au budget précédent. C’est une belle continuité.

 

Il m’avait semblé vous entendre dire qu’il fallait éviter de se disperser, essayer de concentrer nos efforts pour être efficace ? C’est ce que vous souhaitiez vivement lors d’une de nos séances publiques.

L’effort financier est certe là, pour ce qui est de la concentration rien ne change sur le développement international. On s’en aperçoit avec le détail des délibérations qui suivent :bureau économique dans la province du Jiangsu en Chine, nouveau bureau à Yokohama au Japon, aides aux missions de prospection en Russie, dans les pays d’Europe Centrale et Oriental, en Chine, en Corée, au Japon, aux Etats-Unis, en Amérique du sud, au Maroc, aux Emirats Arabes Unis, et dans les pays du proche Orient. Salons en Lybie, en Afrique du Sud et à Hong kong. J’arrête là l’énumération, mais on voit bien pour ce qui est de la concentration de l’aide, celle-ci est concentrée… sur la planète.

Il est symptomatique que ce soit dans le domaine du développement économique, de l’international que l’on peut le plus reprendre le terme de poursuite des politiques précédentes. Symptomatique, parce qu’il semblerait que ce soit un des domaines où votre maxime « qui paye commande, qui veut décider doit payer » ne s’applique pas. A chaque fois, rien, pratiquement rien, n’est demandé en retour aux aides apportées aux entreprises.

Pour ce qui est des actions de développement économique local, il est difficile pour le Président Bary de faire la démonstration de l’éfficacité de votre politique. Il n’a même pas un gouvernement de gauche à accuser. Les résultats ne sont pas bons. Il n’y a pas de divergence entre les catastrophiques résultats nationaux en matière de chomage et ceux au niveau du département. Votre volonté, Monsieur le Président, est comme celle du gouvernement de faire travailler plus longtemps les gens, plutôt que de garantir le droit à la retraite et à de bons salaires. C’est cette volonté qui conduit la politique nationale et départementale. C’est elle qui fait que de nombreux salariés sont mécontents de leurs salaires, que le nombre de rmistes augmente et que pour nombre de nos citoyens la question n’est pas d’augmenter la durée de leur temps de travail et au travail mais d’avoir un travail !

Le cumul de responsabilités nationales quand vous étiez ministre de l’économie et départemental, avec votre majorité, cette cohérence, ne produit pas ici des résultats positifs, meilleurs qu’ailleurs.

Alors pourquoi continuer si ce n’est par dogmatisme politique !

Ici, nous ne résistons pas, nous ne cherchons pas à modifier la situation, nous l’accompagnons. C’est cela que nous contestons dans votre politique comme dans celle du gouvernement, c’est votre soumission aux intérêts financiers.

Face à la désindustrialisation, on nous a souvent rétorqué que la mondialisation amenait forcément un départ des entreprises de production et qu’il nous fallait nous concentrer sur du travail demandant beaucoup de qualification, de savoirs faire, de technicité. Cette fuite en avant produit les résultats d’aujourd’hui. Le département, la région se désindustrialisent et le savoir faire, la technicité s’exportent aussi. Comme le soulignait un article des Echos l’an passé, il n’y a aucune raison, pour que les actionnaires qui recherchent des taux de 15% de rentabilité, gardent une seule entreprise en France. Il faudra bien un jour regarder cette réalité en face, pour qu’à tous les niveaux de la société, et donc aussi au niveau du département, des mesures, des initiatives soient prises contre cette financiarisation croissante des entreprises.

Avec 16,1 millions d’euros consacrés aux affaires économiques, au développement international et à la formation professionnelle, notre département met donc beaucoup d’argent. C’est beaucoup d’argent public qui pour l’essentiel soutient l’initiative privée. La moindre des choses, nous semble-t-il, c’est qu’en échange de ces aides publiques notre assemblée demande aux entreprises qui en bénéficient l’engagement de ne procéder à aucune délocalisation, ni suppression d’emploi.

Mais peut être ne voulez vous pas appliquer votre formule « qui paye commande » au Medef ? Pour vous la liberté de l’entrepreneur est sûrement plus importante que la liberté de création dans la culture. Si je mets en rapports vos propos liminaires et le budget présenté, vous êtes, Monsieur le Président, beaucoup plus exigeant, en recherche de contrôle sur les Rmistes, que sur les entrepreneurs qui licencient et suppriment des emplois.


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